L’île aux Lièvres

Saint-petersbourg : la forteresse pierre et paul

L’île aux Lièvres

Nous sommes donc face à la forteresse, à l’entrée du pont Saint-Jean qui y mène. Avant de le traverser, éloignons-nous en un peu afin de mieux l’observer. Cela vaut le coup, car ce pont a été entièrement refait en bois comme il l’était à l’origine. Cette restauration d’envergure qui a duré longtemps, a été entreprise, comme beaucoup d’autres, à l’occasion des 300 ans de la fondation de la forteresse et de la ville, et a été achevée juste à temps, en 2003.

Éloignez-vous un peu du pont pour voir ses jambages en bois ainsi que des troncs d’arbres qui apparaissent à la surface de l’eau de part et d’autre du pont et qui doivent servir à renforcer la base de ces jambages. On peut accéder à la forteresse par 2 ponts, soit par le pont saint Jean, celui sur lequel nous nous trouvons, soit par un autre pont qui se trouve un peu plus loin sur notre droite, invisible de là où nous sommes.
Revenons maintenant au pont Saint-Jean et engageons-nous dessus. Admirez les gardes-fous et les lampadaires, dont la forme lancéolée (donc en forme de lance) rappelle la fonction militaire de la citadelle. Arrêtez au niveau du 3ème lampadaire et regardez par-dessus le garde-fou de gauche vers les contreforts du pont.
Il y a un lièvre en bronze qui vous regarde du haut de l’un des contreforts. Il s’agit d’un petit clin d’œil au nom de l’île sur laquelle a été construite la forteresse : l’île aux Lièvres.
Sans doute qu’un tel gibier devait pulluler dans ce lieu marécageux à l’époque de la fondation de la forteresse et depuis bien longtemps, car ce nom d’Île aux Lièvres est une appellation finnoise et remonte donc avant l’arrivée des Russes ici. En effet, la région a d’abord été occupée par des peuples de langue finnoise avant que les Russes ne la leur disputent et finalement se l’approprient. Ces populations finnoises auraient ’’atteint l’isthme de Carélie au 8ème siècle de notre ère. Ainsi, quand les Russes sont arrivés, la région de la future Saint-Pétersbourg n’était pas aussi déserte que la tradition le prétend. Des hommes y habitaient malgré l’insalubrité du territoire alors très marécageux, et l’austérité du climat, froid et humide. Ces hommes qui vivaient essentiellement de la chasse, de la pêche et de la culture sur brûlis, étaient en contact avec des commerçants-voyageurs de culture similaire, les fameux « Varègues » des Byzantins, appelés « Vikings » ou « Normands » par les Occidentaux. Ces Varègues donc suivaient la route marchande qui reliait la Baltique à la Mer Noire qui, elle, ouvrait sur d’autres routes marchandes. Et bien sûr, comme toute route commerciale, celle-ci attirait des populations qui venaient se fixer à proximité et entretenaient des échanges commerciaux et culturels avec les marchands. Ici, dans cette région marécageuse austère de l’embouchure de la Néva, la population n’était pas très importante, mais tout de même, elle existait.


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