Historique de la forteresse Pierre et Paul

Saint-petersbourg : la forteresse pierre et paul

Historique de la forteresse Pierre et Paul

Revenons à notre île. La forteresse est donc sur une île enserrée entre la Néva et l’un de ses bras: c’est ce bras que nous sommes en train d’enjamber. Il part de la Néva à notre gauche pour former un arc de cercle autour de l’île et rejoindre la Néva à notre droite un peu plus loin. Et du coup, on ne peut accéder à la forteresse que par les 2 ponts déjà mentionnés, ou par bateau, grâce au ponton qui donne directement sur la Néva, et qui se trouve de l’autre côté de la forteresse par rapport à nous.

Revenons maintenant à l’histoire de la forteresse. La 1ère pierre de la forteresse aurait été, selon la tradition, posée en 1703, le 16 mai selon le calendrier Julien, le 29 mai selon notre calendrier grégorien. La 1ère « pierre », dit-on, pourtant cela saute aux yeux : l’enceinte est en brique et non en pierre ! Eh oui, en effet, dans ce pays où la tradition est de construire en bois et en terre et où la pierre de construction est pratiquement absente, on a pris l’habitude d’utiliser le mot « pierre » comme terme générique pour désigner les matériaux de construction en dur. C’est pourquoi la brique est dite ici « pierre ».
Petit mémento sur l’évolution de l’architecture fortifiée en Russie: D’abord on construisait des enceintes en terre et en bois. Puis, vers le 13e siècle, et sous l’influence de l’occident, on commence à ériger des enceintes en « pierre blanche » comme on dit ici, du calcaire en fait, ou en brique notamment pour mieux lutter contre le feu. Mais peu à peu l’usage de la brique s’impose aux dépens de la pierre blanche, sans doute parce que la pierre est rare et l’argile abondante. Et ici l'enceinte est donc en brique. Dans l'urgence, elle avait d'abord été construite en terre et en bois et cela avait pris 4 mois. Mais Pierre Le Grand entendait bien la refaire en pierre dès que possible. C’est ainsi qu’en 1706, il demande à l’architecte Suisse italien Domenico Trezzini de revoir le plan de ces fortifications. Celles-ci sont construites en briques, ce qui leur donne cette couleur rouge qui rappelle celle du Kremlin de Moscou. Ce qui n’est pas si banal quand on sait que l’enceinte en brique du kremlin des vieilles villes de Russie est pratiquement partout ailleurs masquée par de l’enduit peint en blanc. Notons que le terme russe de « kremlin », normalement utilisé pour qualifier les anciennes cités fortifiées russes, ’n’est jamais utilisé pour qualifier la forteresse de Saint-Pétersbourg. Sans doute est-ce dû au contexte de la fondation de cette ville. En effet, elle naît à une époque où l’occidentalisation, synonyme de modernité, est de mise et où toute référence aux traditions russes doit être bannie.


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