Les origines de la porte

Saint-petersbourg : la forteresse pierre et paul

Les origines de la porte

Passons maintenant par la porte Saint-Jean et avançons jusqu’à l’enceinte proprement dite. Arrêtons-nous devant la 2nde porte pour observer les décorations qui l’entourent.

Nous nous trouvons devant l’une des portes d’origine de la forteresse Pierre et Paul, la porte Saint-Pierre. Elle est encadrée de 2 statues et surmontée d’un bas-relief. Avant de commenter ce que nous avons sous les yeux, faisons un petit détour par l’histoire pour mieux comprendre les motivations et les choix de Pierre. Pierre vient de prendre le pouvoir et il a, rappelons-le, une obsession : prendre aux Suédois le contrôle du Golfe de Finlande . Pourquoi ? Eh bien tout simplement pour faire de son pays une grande puissance maritime et avoir le contrôle d’une route commerciale qui relie la mer Noire à la Baltique et à la mer du Nord . Pierre se lance dans l’aventure et la guerre dite du Nord commence. Nous sommes en 1700 et elle durera plus de 20 ans. Le 6 mai 1703, 3 ans après le début de la guerre, Pierre emporte sa 1ère et modeste victoire navale sur les Suédois en capturant 2 vaisseaux dans l’estuaire de la Néva. Il en est si étonné lui-même qu’il fait graver sur une médaille « L’impossible peut arriver »! Aussitôt il fait fortifier l’espace nouvellement conquis. Il faut bien se préparer à de nouvelles attaques suédoises par mer !
D’après un texte écrit peu après la mort de Pierre et qui constitue une sorte de Récit de Fondation de Saint-Pétersbourg, Pierre pose la 1ère pierre de la citadelle le jour de la Pentecôte, soit le 16 mai 1703 selon le calendrier Julien. Toujours d’après cet écrit, la forteresse est baptisée le 29 juin, en même temps que Pierre. Elle prend alors le nom de Sankt Piter bourkh, adaptation russe d’une expression néerlandaise devenue sous influence allemande Sankt-Peterbourg et qu’on peut traduire par « La ville de Saint-Pierre » mais aussi par « La Sainte Ville de Pierre ». Cela montre qu’au début, la cité et la forteresse ne font qu’un et que la forteresse peut tout aussi bien être appelée « ville ». Ce n’est que plus tard que la citadelle prend le nom des Saints-Pierre-et-Paul, par référence aux saints fêtés justement le 29 juin.
Par le choix du nom de Sankt-Peterbourg, on devine que Pierre s’est identifié à l’empereur romain Constantin, le fondateur de « Constantinople » ou « Ville de Constantin », cette capitale de l’empire byzantin qui eut le fabuleux destin qu’on lui connaît. Il s’est aussi identifié à Saint-Pierre, le 1er patriarche de l’Eglise chrétienne, qui détenait les clés… du Paradis.
Mais bon, pour aller au Paradis, il faut travailler un peu. Et c’est ce que firent 20 000 hommes qui participèrent à l’érection de la forteresse. Elle est tout de suite équipée de 300 canons qui ne serviront jamais puisque la place ne sera plus jamais attaquée. Mais cela montre bien le caractère précaire des premiers temps. 3 ans plus tard, l’architecte Domenico Trezzini remplace les remparts en terre et en bois par des fortifications en briques, et lui donne la forme d’un hexagone irrégulier avec des bastions à la Vauban, ’l’architecte militaire attitré de Louis 14. Ce principe des bastions vise à multiplier les angles de tirs tout en multipliant les obstacles à franchir par l’éventuel attaquant. La porte Saint-Pierre se trouve entre ainsi 2 bastions : En regardant à droite, on peut apercevoir le « bastion Menchikov » du nom du 1er gouverneur de Saint-Pétersbourg et ami de Pierre. Et, en regardant à gauche, on voit le « Bastion du Tsar ». Il y en 6 au total et l’enceinte atteint par endroit 6 mètres d’épaisseur.


<< 5 - Les ravelins...         7 - La porte Saint Pier... >>

Sommaire complet du dossier :