Le style architectural de l’église

Saint-petersbourg : la forteresse pierre et paul

Le style architectural de l’église

Parlons de son style maintenant. L’architecte de cette église est encore Domenico Trezzini, celui de l’enceinte en brique et de la porte Saint-Pierre. Le style de Trezzini relève de ce qu’on appelle « le baroque pétrovien » ou « baroque occidental » parce qu’il se développe à l’époque de Pierre et avec des architectes venus d’occident.
Le baroque, nous l’avons vu, peut se définir comme un moyen de théâtraliser une œuvre. Observons maintenant ce bel exemple que nous avons sous les yeux.
Notons pour commencer que ’le bâtiment est de couleur jaune-ocre, censée se référer à la couleur de quelque marbre. Notons aussi que la façade est précédée d’un portique dorique. Or le marbre est un matériau noble par excellence dont l’emploi n’a rien de baroque, et le style dorique remonte, nous l’avons vu, à l’antiquité dite classique. Pourtant, c’est bien le qualificatif de baroque qui a été utilisé précédemment pour qualifier cette église. Oui, en effet ce qui impose ici son style est ailleurs: regardons l’ensemble de la façade maintenant.
On y voit une superposition de 3 unités de construction identiques et qui vont en se rapetissant vers le haut. Cette superposition de 3 éléments de construction qui n’a d’autre utilité que de créer un effet de jaillissement vers le ciel est très baroque. Et maintenant, comment se présentent ces unités: chacune est percée au centre d’une fenêtre en forme d’arc, elle même surmontée d’un fronton triangulaire. Cette fenêtre est encadrée par 2 pilastres, c'est-à-dire 2 pseudo-piliers qui affleurent de la façade. Et le tout –fenêtre et pilastres- est entouré à gauche et à droite par des contreforts en forme de virgule, qu’on appelle joliment des volutes. Ce que le jeu de courbes et de contre-courbes relève aussi du baroque. D’ailleurs, toute cette mécanique -les 3 niveaux qui vont s’amincissant, les pilastres et les volutes- n’a aucune fonction de stabilisation de l’édifice’ puisque le matériau employé n’est pas la pierre dont le poids justifierait des contrebutements, mais la brique, couverte d’enduit peint. Bref, tout cela est uniquement à fin décorative et dans le plus pur style baroque. Le baroque est très friand de ces procédés de superposition d’éléments de façade pour accentuer l’impression d’élévation. De même, il utilise beaucoup les volutes, ces virgules sur les cotés- pour créer un mouvement ascendant facilitant les passages d’un niveau à l’autre et entraîner le regard vers le haut, toujours plus haut, vers la flèche, puis vers l’ange et finalement encore au-dessus vers Dieu. Pourtant, le baroque de cette église est plutôt sobre et on est loin des baroques de Prague et de Rome où les mouvements se font non seulement du bas vers le haut, mais aussi de gauche à droite. Revenons à la flèche, élément d’architecture inédit en Russie. Elle s’élève à 122,5 m de haut. Pierre tenait à ce que cet édifice soit le plus haut de la ville et il l’est resté longtemps. L’aiguille, récemment restaurée, est entièrement dorée à la feuille d’or ainsi que la girouette qui la surmonte et qui représente un ange portant une croix.
’Cette église est pour Pierre l’occasion d’une autre ’innovation : En effet, elle englobe un carillon : ce qui est une hérésie à une époque où le carillon est toujours installé sur le beffroi de l’hôtel de ville. Ce carillon, Pierre l’a fait venir de Hollande. Aujourd’hui, il a été restauré et peut jouer différents hymnes dont la mélodie de La Vie pour le tsar de Glinka. Signalons que Glinka, ce compositeur du 19ème siècle, est considéré comme le père de la musique russe, et que cet Opéra, La Vie pour le tsar, avait été adopté par les Soviétiques qui l’avaient rebaptisé Ivan Sousanin, du nom de son héros principal, un homme qui a donné sa vie pour sauver l’indépendance de la Russie.


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