La voûte de l’abside

Sainte-marie majeure

La voûte de l’abside

Il nous reste à observer la voûte de l’abside, en grande partie cachée par l’immense baldaquin. Pour cela, avançons nous jusqu’à l’entrée de l’abside, en nous plaçant un peu sur le côté, pour avoir la meilleure vue possible.

Sachez que ce type de voûte en quart de sphère est nommé « cul-de-four». Elle est décorée d’une splendide mosaïque de la fin du 13ème siècle, représentant le couronnement de Marie par le Christ. Elle fut réalisée par le mosaïste Jacopo Torriti, qui s’inspira peut-être d’une mosaïque plus ancienne aujourd’hui disparue. Regardez bien cette œuvre, qui peut être considérée comme une des œuvres figuratives les plus Puissantes du 13ème siècle romain.
La Vierge occupe le centre de la composition, couronnée par le Christ. Elle est entourée de volutes végétales où se meuvent des paons, des pélicans et autres animaux symboliques. Le paon, par exemple, est ici un symbole de lumière. Sa queue s’ouvre en roue, évoquant le soleil. Le pélican, quant à lui, était réputé s’ouvrir le cœur pour donner à manger à ses enfants. Il est donc un symbole du Christ lui même. Ces deux oiseaux sont des images fréquentes dans l’art chrétien.
En dessous du Christ et de la Vierge, se tiennent deux chœurs d’anges. Ces deux choeurs sont reliés, à la base de la voûte, par une inscription en lettres noires évoquant l’Assomption de la Vierge, c’est-à-dire la montée de la Vierge au ciel. Derrière les deux chœurs d’anges, à droite et à gauche de la voûte, se tiennent deux groupes de personnages. Il s’agit, à gauche de saint Pierre, saint Paul et saint François d’Assise qui porte la robe brune de l’ordre franciscain. Devant eux, plus petit et agenouillé, le pape Nicolas 4, commanditaire de l’oeuvre. A droite, saint Jean-Baptiste, saint Jacques, saint Antoine de Padoue vêtu de la même manière que saint François. Devant eux, vêtu de bleu et agenouillé, le cardinal Jacopo Colonna.
Sur le mur même de l’abside, entre les fenêtres, se trouvent d’autres scènes de la vie de la Vierge. Au centre, la Dormition de la Vierge, manière traditionnelle de désigner son passage dans l’autre monde. A gauche, une image de l’Annonciation et de la Nativité, et à droite une image de l’Adoration des Mages.
Vous en conviendrez, ces mosaïques ont un côté beaucoup plus raide que celles du 5ème siècle vues précédemment. On y sent une influence plus forte de la tradition byzantine, des icônes notamment. Effectivement, cette tendance artistique persistera en Italie jusqu’à l’aube de la Renaissance, se renforçant même au cours de l’époque romane.


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