La rue Mazarine

St germain-des-pres

La rue Mazarine

Revenez sur vos pas dans la rue Mazarine. Tournons à droite dans la rue Mazarine et arrêtons-nous au coin de la rue Callot.

Au N°42 de la rue Mazarine,  au croisement qu’elle fait avec la rue Callot, se situe le jeu de paume de la bouteille, berceau de l’Opéra de Paris. Racontons l’histoire du lieu. Cet immeuble, loué en 1669 par Perrin, écrivain, abrita la première installation de l’Opéra, institution nouvelle, chargée de jouer et chanter en public des… opéras. Un genre créé à Florence à la fin du 16e siècle. Son nom vient de l’italien « opere », qui veut dire « œuvre ». 2 ans plus tard, Lully, musicien du Roi-Soleil, jaloux de cette troupe rivale, obtient de Louis 14 sa fermeture. Il transporta l’Opéra rue de Vaugirard, proche du Luxembourg, pour conserver l’intégralité du privilège des spectacles musicaux.
L’immeuble fut alors occupé par un théâtre. A la mort de Molière, sa troupe s’installa ici. Puis Louis 14 la fusionna avec la troupe de l’hôtel de Bourgogne pour former la troupe de la Comédie française. L’ensemble s’installa plus tard dans le jeu de paume de l’étoile.
Avançons dans la rue Mazarine jusqu’au nº 30, situé sur la gauche.

Nous nous trouvons en face d’un immeuble du 18e siècle, l’ancien hôtel des pompes, la 1ère caserne de pompiers de Paris.
Jusqu’à la fin 17e siècle, fâcheuse lacune, aucun service spécial n’était chargé de la lutte contre les incendies à Paris. On fait appel au clergé, (capucins, grands augustins) ; aux artisans en bâtiment (maîtres maçons, charpentiers et couvreurs), aux quarteniers désignés par les quartiers ; et, plus étonnant, aux filles publiques !. Le matériel utilisé est des plus précaire : seaux, certes, on s’en doute ! mais aussi, , haches, crocs, seringues…
En 1669, François Dumouriez du Périer, laquais de Molière, comédien à la Comédie française et « brasseur d’affaires », découvre l’existence des pompes, lors d’un voyage qu’il effectue en Hollande. Il quitte alors la scène pour exploiter un privilège donné par le roi : la fabrique de pompes.
Elles étaient réparties dans les quartiers, et manœuvrées par des « gardiens de pompe ». Ici était, le domicile de Dumouriez et le siège de la direction des pompes. Pour la petite histoire, sachez que le bienheureux Dumouriez, qui mourut en 1723, fut, avec 2 mariages, père de 32 enfants ! Il n’était pas bon qu’en affaires !

Jouxtant cet immeuble, se trouve à sa droite, au n°28, celui où habita Champollion.
Un véritable phénomène qui s’est consumé pour les sciences. Jugez-en : né à Figeac, il maîtrise le latin à 9 ans, l’hébreu à 13 et l’arabe à 14, puis commence à étudier les hiéroglyphes alors qu’il est lycéen. En 1822, il découvre, dans cette maison, le mystère des hiéroglyphes. IL déchiffre la pierre de Rosette trouvée en 1799 et sur laquelle figure le même traité en grec, démotique et hiéroglyphes. Il remit à l’ »académie des inscriptions et belles lettres » un mémoire qui donnera naissance à l’égyptologie. Il mourut épuisé de travail 10 ans plus tard en 1832 à 49 ans. Avançons dans la rue Mazarine jusqu’au square situé à gauche.

Sur l’emplacement de ce square se tenait l’« illustre théâtre » de Molière.
Fils d’un tapissier, valet de chambre du roi, Molière, en 1643, venait d’avoir 21 ans et de prendre ce nom de Molière avec lequel il allait passer à la postérité. Il était alors attaché à un groupe de théâtre amateur. La troupe fit ici de mauvaises affaires et, les dettes s’accumulant, Molière déménagea pour aller jouer dans un quartier jugé plus favorable, près du Marais.
En 1659 : installé à Paris et protégé de Louis 14, il donnera de nombreuses pièces à la cour. Il meurt en 1673 comme tout comédien souhaiterait mourir : sur scène. Il a 50 ans.


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