La rue des Beaux-arts

St germain-des-pres

La rue des Beaux-arts

Tournons à gauche dans la rue de Seine, en sortant du square. Puis prenons la 1re rue à droite, la rue des Beaux-arts.

Cette rue fut ouverte en 1825 à la restauration. Elle a été entièrement construite au début du 19e siècle. On l’appelle rue des beaux-arts car elle mène à l’école du même nom. Marchons jusqu’à son n°3 bis, situé sur la gauche.

Si vous vous avancez, vous trouvez une jolie cour ouverte. Hasard ou coïncidence, mais au 19ème siècle dans cet immeuble, vécurent  à la même époque, Montalembert, publiciste et homme politique, et Lacordaire, prêtre et dominicain. Tous deux furent considérés comme les des chefs de file du catholicisme libéral. D’autres hommes célèbres vécurent dans cette rue mais ils sont un peu moins « bon genre » que les 2 précédents. Vous en jugerez vous-mêmes en vous rendant au N°5 :

Gérard de Nerval y vécut. Prince des ténèbres, il mena une vie de bohème, et promenait en laisse dans les jardins du Palais royal un homard vivant. Il écrivit de poèmes inspirés par 2 amours passion : pour Adrienne qui mourut au couvent, puis pour l’actrice Jenny Colon. A la fin de sa vie, il fit un séjour à Montmartre dans une maison de soins psychiatriques ; puis s’installa dans une autre maison de soins à Passy. En 1855, on le retrouva pendu au Châtelet.
Avançons maintenant vers le N°13 : au 19e siècle, il abritait un hôtel de tourisme, et c’est encore un hôtel de nos jours. Son nom est tout bonnement « l’hôtel ».

De nombreux étrangers célèbres y firent escale au cours de leur voyage. Oscar Wilde, écrivain anglais, auteur de contes, pièces de théâtre, essais et romans. Il fut très célèbre dans son pays où il fut porté au rang d'arbitre des élégances dans la société mondaine londonienne et où on le surnomma le « prince des esthètes ». Bien que marié et père de famille, il avait des relations avec un jeune homme et affichait son homosexualité en public. Le père du jeune homme mena de nombreuses attaques diffamatoires. En 1895, suite à un procès retentissant, il fut condamné à deux ans de travaux forcés pour homosexualité. Il passa donc deux ans en prison et en sortit en mauvaise santé. En 1898, il s'installa à Paris où il mena une vie misérable n'étant aux terrasses des cafés de St Germain des prés qu'une parodie de lui-même, aucun directeur de théâtre, aucun éditeur ne le sollicitant. Criblé de dettes, il mourut à 46 ans, d'une méningite cérébrale dans cet hôtel parisien en 1900. Sa dernière phrase aurait été pour son médecin, qu’il n’avait bien sûr pas les moyens de payer : « je meurs au-dessus de mes moyens ». Il fut enterré au cimetière de Bagneux. Sur la bière, une seule couronne portait une inscription : « à mon locataire ». C'était celle du propriétaire de l'hôtel. Dirigeons-nous maintenant vers le bout de la rue

En face de vous, de l’autre côté de la rue Bonaparte, l’une des cours de l’Ecole des Beaux Arts. Au 16e siècle se trouvait ici le palais de la reine Margot, que nous évoquions tout à l’heure. Au 17e siècle, les frères augustins s’installèrent ici. A la révolution, après l’expulsion des religieux, le lieu vit l’installation du musée des monuments français. Et finalement en 1816, c’est l’école des Beaux-Arts qui s’y installa. Les bâtiments datent donc essentiellement de cette époque, le 19e siècle. Tournons à gauche dans la rue Bonaparte et arrêtons-nous devant le numéro 21, situé sur la gauche, un peu après la rue Visconti.

Vous voyez une jolie courette. Regardez la ferronnerie de la fenêtre, située face au portail. Ne voyez vous pas quelque chose ? Des pigeons. Des vrais ? Des faux ? Eh bien ce sont 2 faux pigeons. On ne sait pas pourquoi ils sont là, peut être une fantaisie de décorateur… Alors, il n’y a pas grand chose à en dire mais il est touchant de se dire qu’une personne un jour, il y a peut être 100 ou 200 ans, a eu une idée saugrenue, l’a réalisée et qu’elle lui a survécue aussi longtemps. En tout cas, que cet inconnu soit remercié d’avoir laissé de la fantaisie dans des endroits inattendus.


<< 11 - La rue de Seine...         13 - La rue Visconti... >>

Sommaire complet du dossier :