Histoire de Jean Hus

Stare mesto : de la place de la vieille-ville a la tour poudriere

Histoire de Jean Hus

Nous allons rappeler qui était jean Hus, l’un des personnages les plus importants de l’histoire et de l’imaginaire tchèque. C’était un clerc brillant qui vécut au 14e siècle. Il connut un succès considérable grâce à ses sermons dans lesquels il soulignait la nécessité de réformer l'Église catholique. D’ailleurs, ses sermons étaient en langue tchèque et non en latin, une nouveauté qui contribua à populariser ses idées.
Donc, rendez-vous compte ! Un siècle avant Luther, un clerc qui est par ailleurs doyen de l'Université de Prague ce qui n'était pas rien et qui oppose la pauvreté des humbles à la richesse de l'Eglise et condamne déjà le trafic des indulgences. Et en plus, il revendique l'élargissement de la communion à l'ensemble des fidèles alors que jusqu’à alors la communion c'est-à-dire le partage du corps et du sang du Christ symbolisé par l’hostie et le vin était jusque-là réservée au clergé!

Et rappelons qu’à cette époque, la situation politique était sombre, le roi Venceslas 4 avait perdu son autorité, les épidémies de peste se succédaient : 1380, 1390, 1403...et la papauté affaiblie avait quitté Rome pour s'installer en Avignon. Bien que Jean Hus ne fut pas un excité, on peut comprendre que dans ce contexte explosif ses sermons firent mouche. Il ne se considérait évidemment pas comme un hérétique et il refusa donc l'excommunication prononcée contre lui. Il décida même de prendre les devants et d'aller s'expliquer en personne lors du Concile de Constance organisé en 1416. Arrêté dès son arrivée, il y sera jugé, condamné et finira brûlé vif sur le bûcher, comme hérétique pour l'exemple. D’ailleurs, rappelons aussi que Jeanne d'Arc a connu le même sort à peu près à la même époque. Plus dangereux mort que vivant, Jean Hus deviendra un symbole national, mais un symbole à géométrie variable. Ainsi, les guerres dites «hussites» qui éclatèrent en son nom, mais après sa mort donc ne se termineront qu'en 1436. Et en 1918, Thomas Masaryk d'abord, puis Vaclav Havel en 1990 ensuite, feront de la phrase lancée par Jean Hus sur son bûcher «la vérité triomphe»- le credo de la démocratie. Entre-temps, les communistes avaient voulu voir dans les guerres hussite «un emblème de la révolution sociale qui préfigure la révolution d'Octobre».


<< 6 - Le monument consacré...         8 - La Statue... >>

Sommaire complet du dossier :