L’église Saint-Nicolas-de-la-Vieille-Ville

Stare mesto : de la place de la vieille-ville a la tour poudriere

L’église Saint-Nicolas-de-la-Vieille-Ville

Replaçons-nous maintenant au centre de la Place, à mi-chemin entre le monument consacré à Jean Hus et la Tour de l’Horloge. Nous pourrons ainsi passer en revue quelques monuments importants de la Place. Et en partant du beffroi, nous tournerons autour de la place dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Alors, regardons maintenant vers le beffroi de la Place.
À droite de la tour, nous remarquons les restes d’une façade vieux rose qui correspond à une extension de la Mairie détruite en 1945 lors des bombardements alliés. C’est juste devant cette façade, sur une petite place aménagée depuis que furent décapités en 1621, ces 27 nobles tchèques et allemands protestants qui avaient affronté les Catholiques lors de la Bataille de la Montagne Blanche. 27 croix blanches figurées dans la mosaïque de pavement rappellent ce funeste souvenir.

Plus loin, vers la droite, nous apercevons au fond une vaste église blanche couronnée de coupoles vertes et peuplée de statues. Il s’agit de Saint-Nicolas-de-la-Vieille-Ville.

Saint-Nicolas-de-la-Vieille-Ville semble comme oubliée et comme en retrait sur cette place. Pourtant, c’est une église exceptionnelle qui nous replonge dans le baroque tchèque du 18e siècle.
Dès le 12e siècle, il y avait ici une église dédiée à saint Nicolas -le patron des commerçants. Bien sûr, elle était romane. Elle fut remplacée par une plus vaste église financée par les marchands allemands au 13e siècle. Celle qui est sous nos yeux est plus récente, elle est baroque et date de 1737. C’est à Kilian Ignaz Dienzenhofer, le grand architecte du baroque pragois que l’on doit sa construction. Avec Notre-Dame-de-Lorette et l’église Saint-Nicolas-de-Mala-Strana, elle figure au rang des plus belles églises de Prague.

Parlons-en. Comme toujours chez cet architecte Dienzenhofer, le plan est original. L’architecte a voulu combiner la centralité de la coupole, bien visible, et la longueur de la nef. Et c’est donc le long de cette nef qu’il a placé l’entrée donnant sur la place ! Le résultat est curieux, car l’église se résume finalement à une monumentale façade divisée en trois parties, deux clochers et une coupole en retrait.
Et ici, il utilise un principe dynamique qui lui appartient bien : appelons-le «le principe de la libération des formes». Et vous le verrez, au fur et à mesure que le regard s’élève vers le ciel, l’église devient comme plus légère.
Allons-y: regardons en partant du bas. D’abord, il y a un soubassement continu sur lequel repose le premier niveau. Ce premier niveau est divisé en trois sections rythmées par des pilastres sur les côtés et des colonnes jumelées dans la partie centrale. C’est à partir du second niveau que l’ensemble se libère en projetant vers le ciel, deux clochers latéraux et une coupole centrale. On en oublierait presque la massivité de cette façade. D’ailleurs, tout est fait justement pour l’alléger cette façade. Déjà par le jeu de lanternons et de clochetons qui couronne l’ensemble, ensuite par le grand nombre de fenêtres qui la perce, enfin et surtout par le traitement clair et ordonné de la façade.
L’intérieur vaut aussi le déplacement, mais, comme souvent, c’est à l’occasion d’un concert que vous pourrez y admirer la richesse du décor. Aujourd’hui, c’est un temple hussite.


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