La Façade nord de la Place de la Vieille-Ville

Stare mesto : de la place de la vieille-ville a la tour poudriere

La Façade nord de la Place de la Vieille-Ville

Nous voici devant l’école du Thyn. Le monument consacré à Jean Hus est à notre gauche et complètement sur notre droite se trouve la dernière série de maisons importantes de la place. Allons vers ces façades, donc sur notre droite.

Nous voici face au côté nord de la Place de la Vieille-Ville. Sur notre droite, c’est le beffroi de la Mairie, et sur notre gauche commence la rue Celetna dans laquelle nous passerons un peu plus tard.
Et maintenant, regardons ce mur de façades baroques. Il est composé de hautes maisons colorées et composées de 4 niveaux ! Nul n’est besoin d’insister sur le fait que ces demeures ont été baroquismes, mais qu’en vérité elles datent du 12e siècle. Toutes possèdent d’ailleurs de très belles caves voûtées.
Nous allons passer ces différentes maisons en revue. Commençons par la première, la plus à gauche, au N°16, c’est la Maison Storch.
Cette Maison Storch donne sur la Place de la Vieille-Ville et sur le début de la rue Celetna.

La maison date de 1897, elle a été construite sur une ancienne demeure gothique, mais dans un esprit néo-renaissance. Ce qui étonne c’est bien entendu la façade décorée d’une gigantesque peinture murale représentant saint Venceslas sur son cheval blanc. Il est enveloppé de rinceaux, ce sont ces motifs végétaux et il est protégé par la main de Dieu juste au-dessus de sa tête. On retrouve aussi, dans la partie inférieure du décor, deux blasons : à droite, celui de la Bohême personnifiée par le Lion et, à gauche, celui de l’Empire par l’aigle. Comme pour le monument consacré à Jean Hus, on ravive ici les symboles de l’identité tchèque. Mais ici, le style est plus aimable, courtois même. Et c’est certainement dû à ces motifs végétaux qu’on a plus l’habitude de rencontrer comme décoration dans les églises. Et si on osait on pourrait presque dire que, dans ce décor, chez Venceslav, c’est plus le saint que le guerrier qui est mis en avant. Et on peut dire que cet élan végétaliste qui préside à la scène doit beaucoup à l’art nouveau, très en vogue dans la ville.
Au rez-de-chaussée, nous voyons deux autres peintures. Elles illustrent l’essor des sciences à Prague au début du 17e siècle. À gauche, il s’agit de Tycho Brahé et à droite de Johannes Kepler, deux grands astronomes actifs à la cour de Rodolphe 2 de Habsbourg.

Allons vers la droite pour aller vers la seconde maison dite « A la Licorne ». La façade est rythmée par des fenêtres droites et un oriel surplombe légèrement le portail principal. Un oriel, c’est une fenêtre qui est en surplomb. Ici, cet oriel domine un très beau portail. Voyez :
il associe à une arche très pure, des pilastres massifs et cannelés sur lesquels des croisillons ont été ajoutés. C’est vrai que cela est un peu extravagant, mais rien d’étonnant à cela si l’on pense aux exubérances de Benedikt Ried dans le Palais du Château de Hradçany.
On peut aussi ajouter que cette formule influencera l’avant-garde tchèque du début du 20e siècle comme nous le verrons tout à l’heure. Mais, à part cela, la façade reste sobre.

Ce qui n’est pas le cas de la Maison suivante, beaucoup plus colorée. La façade est baroque. Regardez, la façade est plus étroite, moins massive que la précédente, colorée aussi. La partie centrale est couronnée par un fronton et toutes les fenêtres sont soulignées de moulures rococo qui contrastent avec la simplicité des maisons voisines. Le décor !, toujours cette importance donnée au décor, est propre au baroque. On l’appelle la « Maison à la Table de pierre » car dans tous ces lieux, il y avait autrefois des marchés et les marchands arrangeaient leurs affaires sur des comptoirs en pierre. On trouve d’ailleurs plusieurs maisons à Prague qui sont ainsi baptisées.
Pour l’anecdote, sachez qu’au début du 20e siècle, on y tenait salon. Madame Berta Fant, la maîtresse de maison, réunissait pour des soirées mondaines l’élite intellectuelle de la ville, des Allemands surtout.
En 1911, une conférence y fut donnée par Albert Einstein, alors professeur à l’Université Charles de Prague. Après la conférence, il joua même du violon accompagné par Max Brod, le premier biographe et éditeur de Kafka.


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