La statue de St François-Xavier

Stare mesto : du pont charles a la place namesti

La statue de St François-Xavier

Passez maintenant de l'autre côté du pont pour découvrir la statue de saint François-Xavier, le grand missionnaire jésuite.
Cette statue nous donnera donc l’occasion de parler des jésuites, de St François-Xavier et bien sûr cette belle réalisation du désormais célèbre Ferdinand Brokoff.

Et tout d’abord, parlons des jésuites. Toujours, les ordres religieux ont eu conscience des fonctions propagandistes et symboliques de l'art. Mais ce sont les Jésuites qui ont poussé le plus loin cette rhétorique des images artistiques. Ne parle-t-on d'ailleurs pas d'art Jésuite pour qualifier l'art baroque de l'Europe à l’Amérique du Sud ?
Dès le 16e siècle, les Jésuites se présentent comme les nouveaux champions du prosélytisme catholique et ils le font savoir par un ingénieux jeu de miroirs dans lesquels se reflètent soit leur rôle de continuateurs de la tradition de l'Eglise, soit leur rôle d'innovateurs. Ce jeu de miroirs, vous pouvez le retrouver à Prague dans les décors des églises, comme Saint-Nicolas-de-Mala-Strana, au Clementinum - leur quartier général installé dans la VieilleVille- ou encore sur le pont Charles, précisément à l'endroit où nous nous trouvons. Car cet emplacement était dévolu à la Compagnie de Jésus, aux Jésuites donc.

Et c'est en 1711, que l'ordre des Jésuites commanda à Ferdinand Brokoff -que nous connaissons depuis peu - une statue de saint François-Xavier. C'était insister sur l'aspect missionnaire, essentiel dans la vocation de la Compagnie de Jésus. Grand voyageur et esprit pragmatique, saint François-Xavier fut envoyé en terre de mission vers l'Inde et le Japon au milieu du 16e siècle.
Le groupe est fastueux, saint François-Xavier debout brandit la Croix : il a directement participé à l'évangélisation des 4 parties du monde, d'où ces 4 grands personnages des atlantes que nous voyons à la base. Ils supportent une large dalle du haut de laquelle le missionnaire lance son prêche. Faisons le tour de l’ensemble : on reconnaîtra, le Japonais, le Tatar, l'Indien et le Maure.
Mais regardez le groupe dans son ensemble : on ne peut pas dire qu'il est statique, au contraire il est en mouvement, des mouvements lents et précis. Regardez, la position de ces porteurs - ce sont des convertis et non des captifs- qui restent nobles dans l'effort, et marchent lentement dans les 4 directions. Et au-dessus, la tension de François-Xavier agitant sa Croix presque au-dessus du vide. Comme à son habitude, Brokoff excelle dans le traitement des figures «exotiques» qui chez lui sont toujours sensuelles et jamais simplistes, bien au contraire. L'orientalisme, cette vision de l'Orient depuis l'Occident, n'était donc pas réservé aux boudoirs précieux de Versailles ou de Schönbrunn, il avait aussi sa place sur le pont Charles !
C'est avec cette statue de saint François-Xavier que nous terminons nos commentaires de quelques statues du pont.


<< 9 - Le groupe de statue ...         11 - La Fin du pont... >>

Sommaire complet du dossier :