Le grand Beffroi

Une découverte de bruges

Le grand Beffroi

Comme nous l’avons dit, « Markt » signifie marché. C’est la grande place commerçante de la ville médiévale. Nous avons pu observer déjà les bâtiments qui l’entourent, mais nous allons revenir un instant sur certains d’entre eux, en commençant par le plus important, le grand beffroi. Tournons notre regard vers lui, mais en restant à une certaine distance, afin d’en avoir une bonne vue d’ensemble.

Nous pouvons constater que cette tour est composée de trois niveaux différents. Les deux premiers sont de plan carré, et le dernier, au sommet, est de plan polygonal. Il s’agit de trois phases de construction différentes. Le premier niveau est le plus ancien, du 13e siècle. Le deuxième a été ajouté au siècle suivant, et enfin, la partie octogonale date quant à elle du 15e. A chaque siècle donc, un niveau un peu plus haut. On peut comprendre cette évolution quand on sait ce que représente un beffroi : il est le symbole des libertés communales et un signe de richesse et de puissance. En fait, il est la transposition dans la ville de la tour du château, symbole du pouvoir du seigneur. Cette architecture est donc un signe de l’indépendance que les bourgeois flamands entendent avoir par rapport aux pouvoirs féodaux. Comme de siècle en siècle, la puissance de la ville augmente, son beffroi suit le même mouvement. On y conservait entre autres les chartes et documents en lien avec les libertés de la ville, ainsi qu’un grand carillon de cloche, autre symbole, sonore celui-là, du pouvoir de la ville. Regardez bien les fenêtres tout en haut du beffroi, vous pourrez y voir les cloches. Les grands carillons sont aussi caractéristiques des villes flamandes, ou plutôt belges en général. Car à l’origine, les cloches se trouvaient toujours dans la tour des églises, et seul le clergé se réservait le droit de les sonner, et donc d’indiquer les heures et de rythmer la journée. L’apparition de cloches communales témoigne de la volonté des bourgeois de s’affranchir de la tutelle de l’Eglise cette fois-ci. Bref, on l’aura compris : un beffroi c’est l’histoire d’une liberté conquise à la fois sur le pouvoir médiéval des Nobles et à la fois sur l’église. Les bourgeois eux aussi sonnent les horaires, gèrent le temps. Et même, pour faire mieux que les cloches de l’église, les Flamands ont su créer ces merveilleux carillons, capables de faire entendre des mélodies compliquées à plusieurs voix. Ces cloches sont manipulées par un carillonneur à l’aide d’un clavier à bâtons, c'est-à-dire des tiges de bois horizontales sur lesquelles le musicien appuie avec les poings et les pieds. Le bout de ces tiges est relié à un battant par l’intermédiaire d’un réseau de cordes. Ce carillon-ci possède 47 cloches, et il sonne tous les quarts d’heures. Il y a aussi des concerts tous les dimanches matins. Alors bien sûr, aujourd’hui, il y a un mécanisme automatique qui actionne le clavier. Vous pourrez d’ailleurs voir tout ça si vous avez le courage de monter la tour, en grimpant les 366 marches de l’escalier en colimaçon. Nous vous indiquerons plus tard dans la visite comment y accéder.


<< 4 - L’histoire de la vil...         6 - La statue de Jean Br... >>

Sommaire complet du dossier :