La Place Van Eyck

Une découverte de bruges

La Place Van Eyck

Face à la maison Vanne der Beurze se trouve la rue de l’Académie, l’akademiëstraat. Prenons-là. Après environ 100 mètres, nous arriverons sur une petite place, la place Jean Vanne èïck. Nous vous attendons au bout de la rue avant l’entrée de cette place.

Nous voici au bout de la rue de l’Académie, à l’entrée de la place Jean Vanne èïck. Arrêtons-nous un instant avant de pénétrer sur la place à proprement parler. Face à vous, de l’autre côté de la place donc, se trouve encore un canal. Au Moyen Age, il ne s’arrêtait pas ici, mais continuait jusqu’au Markt. Imaginez l’activité qui pouvait régner ici au Moyen Age, à proximité de ce bassin de déchargement des bateaux ! Notez aussi que cette place ne porte son nom que depuis le 19e siècle, quand on y a érigé la statue qui nous fait face, juste à l’entrée du bassin, en l’honneur de ce célèbre peintre.

Avant d’entrer sur la place, vous aurez peut-être remarqué la longue façade qui se trouve à votre gauche, qui porte le numéro 18 dans la rue de l’académie. C’est ce qu’on appelle la loge des bourgeois, c’est-à-dire le bâtiment où se réunissaient les bourgeois de Bruges pour leurs affaires. L’arrière du bâtiment, que vous verrez dans un instant depuis la place, est encore du 15e siècle. Mais la façade que nous voyons ici est un peu plus récente. Par exemple, regardez la porte d’entrée : son décor est très chargé, ce qui est caractéristique du style baroque du 17e siècle. La loge des bourgeois a aussi été un moment l’académie municipale de la ville d’où le nom de la rue et abrite actuellement les archives de l’Etat.

Sur cette façade, tout à fait à gauche, c’est-à-dire au coin avec la place Vanne èïck, vous pouvez voir une petite niche dans le mur, abritant la statue d’un ours. Cet ours est un symbole de Bruges, et il figure d’ailleurs dans les armoiries de la ville. Car selon la légende, la ville a été fondée à un endroit où le comte de Flandre Baudouin bras de fer aurait tué d’une flèche un énorme ours. Nous avons vu qu’il n’en est rien. Mais sans doute cet ours qui représente une force dangereuse et hostile, est-il le symbole de la victoire du comte sur les incursions vikings. Avançons maintenant sur la place, et arrêtons-nous au milieu de cette place.

Commençons, maintenant, par tourner le dos au canal pour admirer l’arrière de l’ancienne loge des bourgeois, dont nous venons d’observer la façade. Ici, son style gothique apparaît beaucoup mieux: voyez le décor raffiné de ses arcs. Et puis ce qui est très caractéristique aussi, c’est le décor de cette haute tourelle. Regardez bien ses murs. Ils sont décorés : chaque pan de mur est décoré sur toute sa hauteur d’un grand arc, terminé par un arc en pointe au sommet. Dans cet arc s’ouvre une série de fenêtres. La présence de ce grand arc décoratif accentue très fort l’impression d’élévation et de verticalité du bâtiment, ce qui est aussi une caractéristique du gothique.

A côté, sur notre droite, une série de façades anciennes s’élèvent avec leur grand pignon triangulaire ou en gradins. Celle qui nous intéressera d’abord est la belle et grande façade blanche, le numéro 2 sur la place. Cette façade est à nouveau un bel exemple d’architecture commerçante brugeoise, riche et fonctionnelle à la fois. Son rez-de-chaussée en pierres grises servait de grand entrepôt. Il abrite aujourd’hui le bureau d’information de la Province de Flandre occidentale, ce qui vous donnera, si vous le voulez, l’occasion d’aller y jeter un coup d’œil avant de quitter la place. Si maintenant vous regardez les étages de la façade, en pierres blanches, vous observerez l’ordonnance simple et majestueuse des grandes fenêtres rectangulaires. Au sommet de cette façade, dans la pointe du pignon triangulaire, vous voyez aussi des cloches, dans la pointe du pignon, conservées derrière une grille. Ces cloches servaient à marquer les heures pour les commerçants et marchands de la place, les heures d’ouverture du négoce et de cessation des activités. Elles sonnent toujours aujourd’hui, mais seulement pour le plaisir des habitants et des touristes. Mais qu’est-ce que cette maison ? Et bien cette maison, construite en 1477, est l’ancien tonlieu, c’est-à-dire le bureau où étaient payées les taxes d’entrée des marchandises dans la ville. Car même si à l’époque le canal continuait au-delà de la place, les bateaux devaient obligatoirement s’arrêter ici pour déclarer leurs marchandises. Regardons maintenant à droite du Tonlieu : cette étroite façade en briques rouges était la maison de la corporation des portefaix ou dockers si vous référez, chargés du déchargement des bateaux. Nous sommes donc bien ici au cœur du quartier des affaires de la ville médiévale. Pourtant, cette zone, tout aussi belle que les environs directs du Markt, est nettement moins fréquentée par les touristes. En partant dans les rues qui débouchent sur cette place, vous pourriez flâner longtemps dans une atmosphère qui se rapproche sans doute plus de celle décrite dans « Bruges la morte », et découvririez encore bien des trésors d’architecture civiles et religieuses, bien des lieux dont l’âme vous laissera un souvenir marquant. Nous vous le conseillons vraiment. Mais en attendant, nous allons retourner vers les monuments majeurs du centre et donc vers la foule des visiteurs. Mais pour cela, nous allons encore parcourir quelques rues calmes.


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