La basilique médiévale du Saint-Sang

Une découverte de bruges

La basilique médiévale du Saint-Sang

Maintenant, pour ce qui des monuments, le plus important est sans conteste la fameuse basilique médiévale du Saint-Sang, qui se dresse sur le long côté droit de la place, à côté de l’Hôtel de Ville donc. Le plus simple est donc de regarder en direction de l’Hôtel de Ville. Voilà, vous y êtes ? Bien. Alors, vous constatez qu’à droite de la façade de l’Hôtel de Ville s’élève un mur assez sobre, avec deux étages de fenêtres gothiques. C’est la basilique du Saint-Sang. Si il y a deux étages de fenêtres, c’est parce que la basilique est en réalité formée de deux églises, superposées l’une sur l’autre. Nous allons d’abord entrer dans l’église basse, au niveau de la place. Et pour cela, nous allons donc nous diriger jusque dans l’angle de la place qui se trouve à notre droite. Là s’élève une petite loggia ouverte à deux étages, décorée sur sa façade de statues dorées.

Nous voici devant la loggia. Passons par les deux arcades du rez-de-chaussée de cette loggia, et nous trouverons alors une porte en bois, sur notre gauche. Elle nous donnera accès à la basilique inférieure. Entrons.

Et nous voici dans l’atmosphère sombre et recueillie de cette église romane à l’architecture très sobre qui remonte au 12e siècle. Cette basilique est dédiée au Saint-Sang, c’est parce qu’elle renferme, dans l’église supérieure, un flacon contenant du sang séché du Christ, sang qui régulièrement se liquéfiait miraculeusement au Moyen Age. Ces liquéfactions semblent avoir cessé de se produire depuis 1388. Selon la légende, lorsque le Christ est mort, Joseph d’Arimathie, un juif très pieux, fit laver le corps du Christ et conserva l’eau rougie de sang dans un vase précieux. Il recueillit aussi du sang des mains et des pieds de Jésus. Cette précieuse relique fut alors cachée et disparut complètement. Quelques traditions très anciennes mentionnent la présence de quelques gouttes du Précieux Sang dans différents endroits de la chrétienté. De manière plus historique, ces reliques du sang étaient utilisées par l’Église comme argument contre ceux, des hérétiques, qui prétendaient que le Christ ne s’était pas vraiment incarné sur terre, que son corps n’était qu’une apparence, et que donc il n’avait pas vraiment souffert la passion. Mais comment cette relique arriva-t-elle à Bruges ? On raconte ceci. En 1146, le comte de Flandre Thierry d’Alsace partit pour la croisade. Cette campagne a été un véritable chaos pour les armées chrétiennes. Mais le comte y eut au moins un avantage : du roi Beaudouin trois de Jérusalem, il a reçu une partie du sang du Christ qui s’y trouvait. Revenu en Flandre en 1150, il offrira alors la précieuse relique aux Brugeois. Qu’en penser ? Pas grand-chose, si ce n’est qu’il n’y a aucune mention de cette relique à Bruges avant 1256 ! Même la charte de fondation de l’église où nous nous trouvons, qui date de 1189, ne mentionne pas la relique. Et l’église n’était d’ailleurs pas dédiée au Saint-Sang à l’époque, mais à saint Basile le Grand, un saint oriental du 4e siècle. Non. Il est plus probable que la relique du Saint Sang ne soit arrivée ici qu’après 1204, avec la comtesse de Flandre Jeanne de Constantinople, qui l’a offerte à la ville. La première grande procession du Saint-Sang est mentionnée en 1291. Elle a toujours lieu aujourd’hui, chaque année le jour de l’Ascension de manière assez spectaculaire. C’est la noble confrérie du Saint-Sang qui l’organise, et ce, depuis le 15e siècle. Cette confrérie comporte 31 membres, qui forment la garde d’honneur de la relique. Mais nous reparlerons de cela plus tard.


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