La «découverte de la vraie croix par sainte Hélène » de Tiepolo

Venise : le musée de l'accademia

 La «découverte de la vraie croix par sainte Hélène » de Tiepolo

Entrons dans la salle suivante, la salle 11. Prenez l’unique porte située à gauche du mur où se trouvent les Tintoret.

Une fois dans la SALLE N°11, placez-vous devant le très grand tableau rond, tout à fait au fond de la salle lorsque nous y pénétrons. C’est la « Découverte de la Vraie Croix par Sainte Hélène » de Tiepolo.
Avec lui, nous abordons la quatrième et dernière grande période fastueuse pour la peinture Vénitienne. Le 18ème siècle, période des derniers feux de Venise avec la peinture religieuse théâtrale de Tiepolo et les paysagistes Canaletto et Guardi.

Revenons à Tiepolo. Fils d’un armateur vénitien, Giovanni Battista Tiepolo, né en 1696, s’impose à 20 ans dans le monde artistique vénitien par sa personnalité et son talent. Dix ans plus tard, il est couvert de commandes par toute l’Europe : l’Italie du Nord, l’Allemagne, l’Espagne où il meurt en 1770. Tiepolo a beaucoup emprunté à Tintoret et surtout à Véronèse. Le sens théâtral, la couleur et la luminosité. Mais il accentue tellement ces traits picturaux qu’il finit par créer une peinture d’opéra où le décor et le sujet font un tout. Illusionniste, il se joue des supports picturaux ; L’architecture se prolonge en peinture. Elle s’ouvre sur un ciel imaginaire. Elle est l’écrin d’une foule de personnages qui semblent davantage jouer qu’incarner un drame. Il est l’auteur de scènes religieuses que l’esprit léger et sceptique du 18ème siècle ne prend pas au sérieux et peut contempler sans malaise. On lui doit aussi de nombreuses scènes de genre au style précieux dans lesquels la femme domine, incarnant la grâce, la gaieté et la sensualité, mais aussi l’insouciance et l’innocence dans une Venise en pleine décadence.
Revenons à ce tableau, «La découverte de la Vraie Croix par Sainte Hélène», exécutée en 1745. Ce n’est pas un chef-d’œuvre de Tiepolo, mais il est parfaitement représentatif de son art. Sainte Hélène était la mère de l’empereur romain Constantin, fondateur de Constantinople en 32. Elle part à la recherche de la Sainte Croix lors d’un pèlerinage en Terre Sainte. Elle la trouve avec celles des deux larrons crucifiés avec le Christ. Alors qu’un cortège funèbre passe, Hélène présente les croix les unes après les autres devant le linceul, lorsqu’elle présente la Vraie Croix, le jeune homme mort ressuscite.
Le tableau révèle toutes les caractéristiques de la peinture de Tiepolo et du style rococo à Venise. Adopté par les artistes européens au 18ème siècle, le style rococo ou rocaille se caractérise par la profusion de l’ornementation et par la légèreté. Tiepolo utilise des couleurs pastels fraîches et franches, une luminosité d’une grande clarté, et une composition théâtrale aux nombreux jeux illusionnistes. Cet artiste est le dernier grand peintre vénitien témoin d’une civilisation sur son déclin, d’une Venise incapable de sortir de l’image qu’elle s’est faite d’elle-même. Il n’aura ni successeur ni disciple et marque la fin de la peinture classique vénitienne.
Avant de quitter cette salle, n’hésitez pas à regarder les œuvres de Tintoret et de Véronèse ici présentées.


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