Le campanile de Saint Marc

Venise : place saint marc

Le campanile de Saint Marc

Au 12ème siècle le Campanile, érigé une première fois au 9ème siècle, est reconstruit tel que vous pouvez le voir aujourd’hui. Alors, le Campanile est, en Italie, l’appellation donnée au clocher d’une église. Contrairement au clocher des églises en France, il est, lui, systématiquement détaché du bâtiment principal. Il est donc un monument en lui-même. Élément particulièrement intéressant ici, le campanile de Saint Marc est bien plus le campanile de la place que de la basilique seule. Pourquoi ? Parce qu’il surplombe très largement la place et la ville elle-même. Par sa taille d’abord, il est haut de près de 100 mètres, par son côté massif ensuite qui impose une puissance dominatrice. Cette puissance révèle son rôle : bien plus de tour de guet que de simple clocher. Avec lui, le gouvernement vénitien pouvait surveiller toute la lagune.

Nous allons à présent décrire plus avant cet édifice. Levez les yeux et regardez la partie sous les arcades. Peut être apercevez-vous ses cinq cloches, célèbres dans la ville : la plus grande est appelée la Marangona, car elle scandait le début et la fin de la journée de travail des ouvriers charpentiers de l’Arsenal, appelés les Marangoni. La plus petite, la Maleficio, la maléfique, porte bien son nom puisqu’elle sonnait l’heure des exécutions. Quant à la cloche appelée la Trottera, elle convoquait les hauts magistrats aux sessions gouvernementales données au Palais des Doges, venant… au trot… sur le dos de leurs mules ou de leurs chevaux.
Cette tour carrée est typique de l’austère style roman lombard omniprésent à Venise au 12ème siècle. Un style qui se caractérise principalement par l’usage de briques et de bandes dites lombardes. Ces dernières sont les minces contreforts en briques se terminant par de petits arcs en plein cintre aveugles, c’est-à-dire en demi-cercle et non ouverts. Ils ont pour fonction de renforcer la structure de l’édifice. Aux 14ème et 16ème siècles, le campanile est surélevé d’une loggia à arcades ouvertes où se trouvent les cloches dont nous venons de parler, puis d’une partie pleine, où sont sculptés le lion de Saint Marc et la Justice, et enfin d’une flèche pyramidale recouverte de plaques de cuivre oxydé et d’une curieuse girouette, un ange doré. Le tout dans le plus pur style Renaissance.

En réalité, ce « maître de maison », comme il est appelé familièrement par les Vénitiens, n’est qu’une copie. En effet, le 14 juillet 1902, le campanile s’écroule sur lui-même dans un vacarme impressionnant détruisant avec lui la Loggetta de Sansovino, ce petit édifice qui se trouve à ses pieds, côté basilique et que nous découvrirons tout à l’heure. « Pourquoi s’effondre-t-il ? ». Plusieurs raisons sont avancées : mauvaise qualité des matériaux, infiltrations, incendie, foudre, mais aussi tremblements de terre à répétition qui auraient fini, avec le temps, par affaiblir la structure. Grâce à une souscription internationale, dans les dix années suivantes, il est reconstruit à l’identique avec, autant que possible, les éléments originels. Cent mille arbres furent nécessaires à la réalisation de sa fondation.
Si vous souhaitez une vue inoubliable sur Venise et la lagune et par temps clair, jusqu’aux Préalpes, il vous est possible de monter jusqu’à la loggia où se trouvent les cloches. Pour cela, traverser la Loggetta qui donne accès à l’entrée du campanile. Là, vous pouvez prendre, soit un ascenseur, soit - curiosité en la matière - une rampe en pente, « si doucement enroulée en colimaçon qu’un cheval pouvait monter au trot », comme l’écrit Jean Giono dans son « Voyage en Italie ».


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