L’Aile napoléonienne

Venise : place saint marc

L’Aile napoléonienne

Maintenant tournez-vous vers la dernière aile de cet ensemble, l’aile ouest, située face à la Basilique Saint Marc. Elevée vers 1810, sur ordre de Napoléon, l’aile dite napoléonienne n’appartient évidemment pas au plan élaboré par les artistes du 16ème siècle.
Jacopo Sansovino avait, à cette époque, fait édifier l’église San Geminiano. Bien évidemment, en bon architecte de la Renaissance, il était désireux de créer une symétrie parfaite entre les deux églises et les deux ailes administratives qui se faisaient face 2 à 2. Mais Napoléon et son représentant, le Prince d’Italie Eugène de Beauharnais (son beau fils), souhaitaient installer leurs appartements et leur pouvoir sur cette place hautement symbolique de la République déchue. L’église fut alors détruite et remplacée par cet édifice de style néo-classique, fac-similé du style classique, réapparu au 19ème siècle. L’aile napoléonienne fut réalisée par un architecte local qui s’inspira de la Bibliothèque Saint Marc, que vous pourrez voir tout à l’heure sur la Piazzetta.
Cela dit, même si cette aile semble parfaitement s’intégrer à la place, elle n’est pas à la gloire de Venise tant elle nourrit le culte du nouveau souverain Napoléon. Regardez la frise située au-dessus de la loggia du 1er étage. Vous y voyez quatorze statues d’empereurs romains auxquelles Napoléon s’identifiait. A l’époque vous auriez pu aussi y voir l’effigie de l’empereur...
L’intérieur qui est aujourd’hui intégré au Musée Correr abrita, de 1810 à 1814, les appartements du prince d’Italie. Le décor y est aussi à la gloire de Napoléon. Le mobilier antiquisant est de style napoléonien, des peintures figurent les « hauts faits les plus glorieux de Sa Majesté impériale et royale ». De 1815 à 1866, période de l’occupation de l’Empire austro-hongrois, cette aile fut la résidence du gouverneur autrichien des Provinces vénètes. Elle ne devient partie du Musée Correr qu’en 1922.


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