L’aile de la chancellerie

Vienne : la hofburg et ses dependances

L’aile de la chancellerie

Enfin pour terminer le tour de cette cour, il y a l’aile de la Chancellerie, par où nous sommes venus. On en doit la conception à Fischer von Erlach, l’un des grands magiciens baroques de Vienne. ET la façade est baroque ! Il n’y a pas de doute. A quoi voit-on cela ? On pourrait dire pour simplifier que le baroque, c’est l’utilisation de courbes et surtout de beaucoup de théâtralisation. Mais le bon baroque, c’est de la théâtralisation au service d’un message. Maintenant, voyons si ces principes sont appliqués ici. Voyons la partie inférieure : c’est un soubassement à bossage. Vos yeux glissent sur ces pierres qui semblent être brutes et voient tout de suite au dessus. C’est le but de l’architecte. Puis viennent les deux étages supérieurs : quelle est la différence principale avec la façade Léopold ? Ce sont ces pilastres monumentaux qui couvrent et relient les étages entre eux. Et puis aussi, il y a ces 3 imposants balcons. Regardons le plus central : Il accroche vraiment le regard. On marque un arrêt à cet endroit là précisément, et on lève ensuite presque mécaniquement les yeux vers l’attique : c’est la partie qui couronne le dernier niveau de la façade. Lui non plus n’est pas anodin, puisqu’il est coiffé d’une couronne géante et dorée. C’est la démesure du baroque. Elle est placée sur un blason estampillé de l’aigle bicéphale, le symbole de l’Empire des Habsbourg. Rien n’est anodin dans cette imagerie : Voyez les figures qui accompagnent la couronne : il y a des femmes soufflant dans les trompettes de la Renommée, ou encore des vertus épée en main. Bref, ce baroque est efficace : car il prend notre regard et nous le fait monter vers le haut, vers le sommet où trône la toute-puissance des Habsbourg. Une belle propagande due à Fischer Von erlach.


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