Le Gion Corner

Visite de kyoto : le quartier de gion

Le Gion Corner

Une fois dans la rue HANAMIKOJI, veillez à parcourir 250 mètres jusqu’au GION CORNER. Attention il n’y a pas de trottoir dans cette voie, les pavés de la chaussée sont au même niveau que ceux des rives latérales. Il ne s’agit pas pour autant d’une rue piétonne. Veillez donc aux taxis qui y circulent rapidement. Poursuivez donc tout droit jusqu’au GION Corner reconnaissable à son architecture qui tranche avec les autres bâtiments. C’est le seul bâtiment dont les murs ne présentent pas une architecture conforme au style traditionnel en bois des environs.

Visualisez-vous bien sur votre gauche le porche d’accès au parking du théâtre de GION ?
Derrière l’aspect barrière de péage routier, les toitures stylisées japonaises doivent apparaître dans votre champ de vision. Tout d’abord dans le fond au centre un auvent, avec une toiture en dos-d'âne de style NARA, sous lequel sont suspendus des lampions rouges et blancs.
Traversez le parking jusqu’à atteindre les quelques marches du bâtiment situé au fond à gauche.

Entrez à gauche en poussant les lourdes portes vitrées, des vitrines exposant des accessoires de théâtre et des photos d’acteurs célèbres doivent vous accueillir. Cet antre du raffinement vous présente pour l’instant seulement quelques éventails, peignes, perruques, etc.

Ca y est, vous êtes à l’intérieur? Bien. Pourquoi GION Corner connaît une aussi grande notoriété à travers le Monde ? Et bien parce qu’il s’agit d’un théâtre qui permet aux visiteurs étrangers de visualiser une large palette de performances artistiques telles que le GAGAKU, le BUGAKU, le BUNRAKU, le KYOGEN, le KYOMAI, le KABUKI, le CHADO, le KOTO, le SHAMISEN, le KADO. Il s’agit de pièces de théâtre et de danses traditionnelles. Les représentations durent 50minutes. Elles sont de très grande qualité et vous permettront de mieux comprendre le Japon.

Le GAGAKU, par exemple, est une musique instrumentale de cour introduite sous la période HEIAN entre 794 et 1185. Originaire de Chine et de Corée où il était déjà pratiqué à la cour, il accompagna au Japon les bouleversements liés au déménagement de la capitale depuis NARA vers HEIAN KYO, l’ancien nom pour KYOTO. Composé de pièces instrumentales et de poèmes chantés, le GAGAKU a pour vocation principale d’animer les cérémonies rituelles du culte SHINTO ou bien une fonction plus profane, celle de divertir la cour. Ses grands compositeurs furent surtout prolifiques entre 795 et 980. Leur relève ne sera que partiellement assurée et le gouvernement militaire du BAKUFU (Bakoufou) après 1192 se désintéressera du GAGAKU.
Le BUGAKU est une musique élégante accompagnée de danses pour la cour exécutées par la troupe du palais impérial. Certaines de ces pièces les plus anciennes sont encore réalisées dans un cadre religieux comme au sanctuaire ITSUKUSHIMA (Itsoukoushima) à Miyajima et au temple SHITENNOJI à Osaka. Le principe repose sur celui du GAGAKU mais avec une troupe de 4, 6 ou 8 danseurs toujours en nombre pair qui effectue les mêmes mouvements à l’unisson. Les gestes lents et répétitifs vers le haut symbolisent la symbiose avec les astres, le soleil, la lune, le ciel. Aucune présence de décors sur l’estrade carrée qui représente en microcosme la terre alors que l’orchestre reste caché en contrebas. Chaque geste et chaque pas sont codifiés et stylisés à l’extrême de sorte qu’aucune liberté d’improvisation ne saurait être tolérée. Les visages des danseurs restent à découvert, l’usage des masques en bois n’était pas encore répandu à l’époque HEIAN.
Un peu plus récent, le BUNRAKU est un théâtre de poupées. Son origine remonte à 1475 à la fin du 16e siècle, les narrateurs, des hommes, s’associèrent à des montreurs de marionnettes et à un accompagnement au SHAMISEN (Shamiscène). Le SHAMISEN ressemble à une sorte de banjo en peau de chat avec trois cordes grattées par un plectre. Cet instrument plus tard adopté par les GEISHA fut importé au Japon à partir de 1565. Peu après 1600 on assiste à deux formes de spectacles, celui avec des poupées actionnées par des fils, appelé AYATSURI, se développe dans les salles de Kyoto tandis qu’ailleurs et notamment à Edo (anciennement Tokyo) les pièces se déroulent avec de véritables manipulateurs cachés sous les poupées. Les textes traitaient essentiellement des exploits de héros à la guerre ou d’intrigues sentimentales. Le déroulement du BUNRAKU est le suivant :
Un seul récitant narre l’histoire en adaptant sa voix à chaque poupée qu’elle soit masculine ou féminine. Il reste à genoux devant un petit pupitre face au public, à sa gauche un joueur de SHAMISEN l’accompagne et rythme la narration. Trois manipulateurs vêtus de noir sont cachés par un rideau noir aussi et doivent activer une grande poupée de 15 à 20 Kg dont l’armature est en bois. Le visage des poupées est généralement peint en blanc, les cheveux d’origine humaine sont coiffés de manière réaliste. Le manipulateur en chef reste surélevé par des socques à haut talon alors qu’il maintient la poupée par une poignée avec sa main droite. La poignée comporte un mécanisme pour agir sur les yeux et la bouche. Sa main gauche active le bras droit du personnage. Un second manipulateur actionne le bras gauche de la poupée tandis qu’un troisième agit sur les jambes. La coordination des mouvements par les trois activateurs requiert parfois jusqu’à 20 années d’entraînement.

Le KYOGEN (Kyoogenn), enfin est un spectacle un peu forain, proche de la farce à la Molière. Ce genre est issu directement de l’ancien SARUGAKU (Sarougakou) qui correspondait à des danses singées. Son origine remonterait avant le 15ème siècle à des danses païennes liées aux rites agraires de repiquage du riz, de la moisson ou de remerciements aux divinités agricoles. Il repose essentiellement sur des diableries et des sottises en interaction avec la foule en présence. Le répertoire de KYOOGEN compte de nombreuses farces des plus simples à celles fondées sur de subtils jeux de mots. Malentendus et quiproquos demeurent des bases pour ces scénettes. A l’origine elles venaient s’intercaler entre deux pièces de théâtre dramatique NO et servaient à divertir les spectateurs, dans ce cas elles devenaient un interlude parodiant volontiers les actes précédents. Le KYOOGEN reste traditionnellement interprété par trois hommes non masqués.


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