Le Salon del Almirante

Visite de l'alcazar de seville

Le Salon del Almirante

Devant nous se trouve l'entrée du palais dit de Pierre le Cruel. Mais avant d'en considérer la façade, dirigeons-nous vers la droite. La partie droite du Patio de la Monteria est bordée d'un portique. Nous allons nous passer sous le centre de ce portique pour entrer dans la grande salle qui se trouve immédiatement après ces colonnes: c'est le Salon del Almirante.

Nous venons d'entrer dans le salon del Almirante ou salon des amiraux. Comme de nombreuses chaises y sont disposées en rang profitons-en pour nous asseoir afin d'entendre l'histoire de ce salon. Le Salon des amiraux occupe l'emplacement d'anciens magasins. En 1503, ce salon et la salle suivante furent occupés par la Casa de la Contratacion. Mais qu’est ce donc encore ? Et bien, la Casa de la Contratacion était une institution fondée par Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon pour contrôler les nouvelles terres découvertes au Nouveau Monde. Ainsi, c’est dans cette pièce et dans la salle des Audiences juste à côté que les rois catholiques et de hauts dignitaires de la cour discutaient de la conquête et des affaires concernant l’Amérique.
Maintenant, observons cette salle. En elle-même, elle ne présente pas un intérêt énorme : elle est toute en longueur ; son plafond est supporté par de solides poutres et les murs sont simplement peints en blancs. En revanche, les tableaux qui sont accrochés ont un intérêt bien plus grand, car ils montrent des personnages de la monarchie espagnole des 19ème et 20ème siècles. Regardons maintenant à gauche, par rapport à la porte par laquelle nous sommes entrés, regardons vers le fond de la pièce.

Derrière la grande table qui sert de nos jours pour des réunions officielles, un grand tableau, de style académique occupe presque toute la largeur du mur. Ce tableau montre l'Inauguration de l'exposition Iberico-américaine en 1929. Cette grande exposition internationale fut organisée sous le règne d’Alphonse 13. L’Espagne connaissait alors une dictature militaire, dominée par le premier ministre, le Général Primo de Rivera. Et celui-ci tenta, par le biais de cette exposition, de redonner son lustre à l’Espagne et de rappeler que Séville fut le point de départ de nombreuses expéditions vers le Nouveau Monde. D’ailleurs, si vous vous promenez vers le sud de la ville, du côté des jardins Maria-Luisa, vous pourrez encore admirer les différents pavillons de cette exposition de 1929, qui représentaient alors chaque Etat d’Amérique latine autour du grand Pavillon d’Espagne. Mais, revenons aux personnages représentés sur ce grand tableau. Nous pouvons ainsi voir, debout, au premier plan, devant des fauteuils rouges, le roi Alphonse 13, en grand uniforme et son épouse, vêtue d’un manteau rose. Plus loin, sur la gauche du tableau, légèrement en contrebas, sur les marches se tient un vieillard, lui aussi en uniforme. Il s’agit de Primo de Rivera, qui n’allait pas tarder à être destitué. Maintenant, regardons le mur situé sur la gauche de ce tableau, nous voyons une femme brune, habillée et coiffée selon la mode 1830. Il s'agit de Maria Luisa, soeur de la reine Isabelle 2 qui régna durant une bonne partie du 19ème siècle. L'infante Maria Luisa épousa le duc de Montpensier, un des fils du roi Louis-Philippe. L'infante Maria Luisa a joué un rôle important dans l'histoire de Séville, car c'est principalement dans cette ville qu'elle résidait avec son époux, au palais de San Telmo, non loin du parc Maria Luisa. Ce fut elle qui légua une partie de ses jardins de San Telmo et de ses potagers afin d'en faire un parc public qui porte aujourd'hui son nom.
Le portrait de l’époux de l’infante, le duc de Montpensier se trouve, quant à lui, sur le mur en face de celui de Maria-Luisa, de l'autre côté du tableau représentant l'Inauguration de l'exposition ibérico-hispanique. Ce portrait vous montre le duc en uniforme, tel qu'il était à l'âge à de 20 ans. Sur ce même mur longitudinal, opposé à la porte par laquelle nous sommes entrés, à droite de la porte qui mène à la salle suivante, nous pouvons voir 3 autres portraits. Il s'agit, lorsque nous regardons de la gauche vers la droite, du portrait de Louis Philippe, de celui de son épouse, et du roi Ferdinand 7, père de la reine Isabelle 2 et de l'infante Maria Luisa.

Maintenant, retournons-nous vers le mur situé en face de ces trois portraits. Nous apercevons un autre tableau de dimension très imposante. La scène impressionnante que nous y voyons montre les derniers instants du roi Ferdinand le Saint qui Libéra Séville de l’occupation arabo-berbère en 1248. Ce tableau fut réalisé à la fin du 19ème siècle le roi Ferdinand le Saint était le cousin germain de saint Louis de France. Et tous deux furent canonisés. Quelle famille ! Cette immense toile nous le montre agenouillé, soutenu par ses proches, en simple chemise, s'apprêtant à recevoir une dernière fois la communion. Agonisant, il a déjà abandonné les symboles du pouvoir, sa couronne est déposée sur une table à gauche, car il ne pense plus qu'à son salut. Donc, avec sa facture académique, son style grandiloquent, il fait partie des « grandes machines » de l’art pompier de l'époque. L’art pompier fut surnommé ainsi, par dérision, parce qu’il aimait la pompe. Ce type de grand tableau représentant des scènes édifiantes illustre parfaitement ce que souhaitait voir le public dans un salon officiel.


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