Le Patio des demoiselles

Visite de l'alcazar de seville

Le Patio des demoiselles

Maintenant, avançons du côté gauche, puis, au fond du vestibule, tournons à droite. Devant nous, un étroit passage nous permet d’accéder au patio de las doncellas. Empruntons-le.

Nous trouvons donc dans le Patio de las doncellas ou Patio des demoiselles. 2 remarques s’imposent. Tout d’abord, nous sommes saisis par le contraste entre la pénombre du vestibule et la clarté éclatante de cette somptueuse cour. 2ème remarque : comme dans le vestibule, nous ne sommes pas arrivés dans ce patio par son axe central, mais par un des angles de la cour. Là encore, nous nous trouvons face à une disposition typique des palais orientaux très différente de la tradition de l’architecture classique occidentale  qui privilégie les trajets directs.
Le Patio des Demoiselles est le plus grand et le plus beau patio de l’Alcazar de Séville, car il assure la liaison entre les principales salles du palais. Cette cour rectangulaire est entourée par 4 galeries disposées sur deux étages.

Avançons de quelques pas et tournons-nous vers la droite afin de contempler le patio dans le sens de la longueur. Commençons par le rez-de-chaussée et mettons-nous à la place de l’architecte. Son problème est qu’il y a toujours le danger qu’un rez-de-chaussée paraisse trapu car écrasé et engoncé à la base de la construction. Alors, voyons comment il s’en sort : Déjà, regardez les colonnes de cette galerie inférieure : elles sont jumelles. Techniquement, elles ont la même fonction de soutien qu’une colonne unique et plus grosse. Mais, le sentiment créé chez l’observateur est tout autre : 2 colonnes fines induisent la légèreté alors qu’une seule grosse colonne aurait donné un aspect plus pesant.
Ensuite, cette galerie est faite d’arcades à plusieurs lobes qui donnent aussi une impression de légèreté. Regardons l’arcade centrale de la galerie qui se trouve en face de nous, de l’autre côté du patio : elle est nettement plus haute, et attire notre regard vers l’entrée du Salon des Ambassadeurs, qui se trouve juste dans le prolongement du Patio de la doncellas. Ce Salon, comme nous le verrons plus tard, est la pièce la plus importante du palais. Et enfin, au dessus des arcades, remarquons le très beau décor de stuc, organisé en losanges. Dans chacun de ces losanges viennent s’inscrire de délicats motifs végétaux. Caractéristique de l’évolution du style arabo-andalous vers un art toujours plus raffiné. Donc, revenons à notre architecte : et bien selon nous, avec tous ces procédés mis en œuvre, l’architecte a produit un ensemble très élégant. Passons à la partie supérieure maintenant. Elle est ceinturée par une balustrade, et est aussi entourée d’arcades. Mais là, le style est différent, car les arcs ici sont en plein-cintre, c’est-à-dire en demi-cercle. Entre chaque arc, on aperçoit un médaillon orné d’une tête de profil. A cet étage, on a donc abandonné le style mudéjar, au profit du style de la renaissance italienne qui triompha très largement en Espagne, sous le règne de Charles Quint.
D’ailleurs, puisque nous en parlons : levons les yeux au dessus du toit, nous voyons que celui-ci est surmonté d’une construction octogonale. Sur le mur central de l’octogone, nous pouvons voir, de part et d’autre d’une petite fenêtre, 2 paires de colonnes antiques, avec un phylactère. Ce sont les armes de Charles Quint, empereur et roi d’Espagne qui évoquent les colonnes d’Hercule. Une tradition qui remonte à cette période attribue la fondation de Séville à Hercule. Et n’oublions pas non plus que les colonnes d’Hercule, qui symbolisent le détroit de Gibraltar depuis l’Antiquité, marquaient l’extrémité du royaume d’Espagne jusqu’aux grandes découvertes. La devise « plus oultre » que choisit le monarque signifie, « plus loin ». Il fait bien sûr allusion à la taille de son empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et qui s’étendait désormais bien au-delà de l’Atlantique. Mais revenons à cette cour. Elle est divisée en deux par un bassin central qui délimite 2 jardinets en contrebas. Ces jardinets, situés à 1,5 m plus bas que le niveau du sol de la cour sont entourés de murs ornés d’arcs brisés entrelacés. Cette disposition est le fruit de fouilles récentes réalisées dans le patio des Demoiselles. Ces fouilles ont permis de retrouver une disposition remontant au 14ème siècle totalement différente de ce qu’elle était jusqu’à il y a peu. Nous pouvons constater que le bassin longitudinal guide notre regard vers la partie opposée du patio et le dirige donc une fois encore vers le Salon des Ambassadeurs.


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