Les portes du patio

Visite de l'alcazar de seville

Les portes du patio

Bien, nous sommes donc toujours au milieu de la petite galerie par laquelle nous sommes arrivés dans le patio. Et maintenant, pivotons d’un quart de tour vers la droite, avançons jusqu’au bout du petit côté puis tournons à gauche. Arrêtons-nous au milieu de la galerie et tournons le dos au centre de la cour. Nous sommes face à une porte, aux très beaux vantaux de marqueterie de bois peint.

Regardons, de part et d’autre de la porte, les plinthes en azulejos qui ornent le patio des Demoiselles. Parlons un peu de ces remarquables azulejos : noir, bleus, ocres et blancs que nous voyons. Ils sont uniquement composés de petites plaques polygonales en émail qui forment des motifs d’étoiles. Ces étoiles à 8 branches, associées à différents autres polygones, s’organisent en combinaisons pour former des étoiles plus grandes. Ce type de décoration que l’on retrouve à l’Alhambra de Grenade et dans de nombreux palais marocains illustre le goût des Arabes pour les mathématiques. L’art musulman privilégie ainsi un décor purement abstrait et mathématique qui est un hommage à la perfection du divin à la fois un et multiple. Ce tapis d’étoile, qui évoque le firmament et l’infini, trouve un écho dans le décor de marqueterie des plafonds et des portes.
Nous sommes donc dans un palais chrétien, construit par un roi chrétien, mais qui n’hésite pas à faire appel à des artistes musulmans. Cela témoigne de la tolérance religieuse qui existait encore en Andalousie sous le règne de Pierre le Cruel, qui protégeait aussi la communauté juive de Séville. Malheureusement, cette tolérance ne devait pas durer après la mort du souverain. Une dernière précision sur la technique de ces azulejos. Il s’agit bien sûr de plaques de céramique, qui sont recouverte d’une couverte colorée vernissée. Dans ce cas précis, ces azulejos utilisent une technique particulière appelée alicatado. Au 14ème siècle, les artisans n’arrivaient pas à isoler parfaitement une couleur d’une autre sur un même carreau de faïence. Du coup, les faïenciers taillaient les plaques à l’aide d’une pince métallique, appelée alicatada, pour leur donner une forme géométrique. Chaque plaque portant une seule couleur. Puis ils les imbriquaient les unes dans les autres, façon puzzle ; ce qui donne l’impression que les couleurs s’entrelacent. C’est une technique extrêmement coûteuse, car elle est très minutieuse et nécessite beaucoup de temps et d’application.


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