L’église Notre-Dame De France

West end des noctambules : un monde de spectacles.

L’église Notre-Dame De France

Sinon, ou bien si vous revenez du kiosque, retrouvons-nous à l’extérieur du square, à l’entrée que nous avons empruntée.

Nous voici sortis. Regardez les cabines téléphoniques rouges. Tout comme les bus et les boites aux lettres, elles se remarquent de loin dans le paysage de la ville. Elles sont toujours telles qu’elles étaient à leur création à la fin du 19e siècle et témoignent d'une sorte d'anachronisme dans le monde hyper moderne de Leicester Square. Elles sont l'Angleterre éternelle. Avez-vous noté combien Londres est une ville qui à la fois se projette dans le futur et à la fois, reste profondément attachée à ses traditions ?
Traversons l’espace qui borde le square et qui fait en gros une 20aine de mètres et allons devant le cinéma Empire.

Quand vous êtes devant le cinéma l’Empire, prenez alors à droite jusqu’à la prochaine rue : la rue Leicester Place.

Nous prendrons cette rue Leicester Place sur la gauche sur quelques 10zaines de mètres pour arriver à hauteur de Notre-Dame de France qui se dresse à notre droite.

La façade sur rue de cette église a la particularité d’être concave, on la voit donc bien. C'est une des églises catholiques de Londres dont les offices sont parfois en français. Allons voir maintenant si l’église est ouverte ou fermée.

Deux mots sur l’église pendant que nous montons : Sa forme originale s'explique par le fait qu’il y avait ici, à l’origine, une salle de spectacles de forme circulaire. Cet établissement fut racheté par le clergé. Elle devient en 1865 l'église française catholique de Londres.

Voilà, nous sommes à l’intérieur. Sachez qu’elle fut en partie détruite par les bombardements de 1941, puis reconstruite après guerre. Et Jean Cocteau, de passage à Londres, en décore la chapelle du Saint-Sacrement de fresques qui illustrent l'Assomption, la Crucifixion et l'Annonciation.
Et pour cela, quand on a la porte d’entrée dans le dos, allons vers la gauche. Vous verrez, c'est une petite chapelle rectangulaire, éclairée par une verrière.

Au milieu de cette chapelle, nous voyons un autel, qui est lui aussi une œuvre du peintre. Et derrière l'autel, il y a les fameuses fresques de Cocteau. Regardons-les. Et que voyons-nous ? :
A grands traits, l'artiste y a dessiné les formes très géométrisées de la Vierge et des personnages qui l'accompagnent. Voyez comme on distingue parfaitement le jeune visage de la vierge qui est coiffée d'un voile. Le style de Cocteau doit beaucoup aux influences conjointes de Matisse et de Picasso. Il emploie un trait fortement visible pour définir les formes géométriques. Les plans sont entremêlés malgré la grande netteté des contours.
Et qu’est ce que cela provoque ? et bien, cela empêche une vision rapide de l'œuvre; nous sommes obligés de la regarder un peu plus longuement pour en saisir tout le sens et la beauté.
On voit aussi que l’artiste utilise des couleurs claires, qui sont en harmonie ici avec l'ensemble de l'édifice. La modernité de la fresque répond bien à celle de l'église, toute peinte de bleu pâle et de blanc.

Avant de sortir, jetons un coup d'œil à la grande tapisserie installée au-dessus de l'autel principal, dans la nef centrale. Très moderne, elle rappelle un peu, dans son organisation, les tapisseries de la dame à la licorne. Traitée dans un style naïf, elle présente une jeune fille debout qui se détache sur un fond fleuri. A ses pieds des animaux ornent le paysage : Il s’agit de Notre Dame de France, tissée à Aubusson. Cette Notre Dame de France doit son patronyme à l'édifice qui l'abrite: elle a été commandée pour être placée là où vous la voyez. Ensuite, sortons de l’église.


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