Le Royal Opera House

West end des noctambules : un monde de spectacles.

Le Royal Opera House

Avançons encore de quelques mètres jusqu’à l'entrée de l'opéra, à gauche. Nous sommes devant le nouveau Royal Opéra House. Nous allons dire 2 mots sur son histoire. Et bien, avant de s'appeler ainsi, cette institution était, depuis 1732, le Théâtre de Covent Garden. Théâtre intégré dans les plans de l'ensemble urbain confié par sir Francis Russel à l'architecte Inigo Jones. Faute de moyen, tout n’avait pu être réalisé.

Au 18e les salles de théâtre parlé et chanté ne sont pas encore dissociées. Les répertoires s'accommodent de décors et de mises en scène relativement peu variés et les œuvres représentées doivent s'adapter aux sites. Ce n'est que vers la fin du siècle que l'opéra se distingue du théâtre avec l'arrivée de véritables scénographes, des artistes qui transforment les décors grâce à une machinerie très sophistiquée. Musique et musiciens sortent du plateau de la scène avec l'apparition de la fosse d'orchestre. L'architecture cette fois-ci s'adapte au genre. Le théâtre devient un édifice autonome.

Le premier théâtre est construit au milieu du 18e, mais l’édifice brûle en 1808. Vite reconstruit, il continue d'être un des lieux de création favoris des jeunes musiciens. En 1826, Weber y créé Oberon. Pour plaire à une clientèle plus conservatrice, les dirigeants de l’établissement sont contraints d'ouvrir le répertoire aux auteurs plus "classiques". Macbeth, Fidelio, Guillaume Tell y sont donnés. Les chanteurs lyriques atteignent sur la scène de Covent Garden une visibilité qui les fait… ou les défait. Covent Garden devient ensuite le Royal Italian Opera et les œuvres y sont chantées en italien. La première œuvre italienne qui y est donnée est, en 1847, la Sémiramis de Rossini. Mais un nouvel incendie ravage l’édifice en 1856. Le troisième édifice ouvre ses portes en 1858 avec Les Huguenots de Meyerbeer. En 1892, Wagner s’impose grâce à son œuvre « le Ring » et sous la direction de Gustav Mahler. Autre grande figure de la musique, Sir Thomas Beecham fera triompher les opéras de Richard Strauss. Entre les saisons, l'établissement accueille des spectacles plus populaires. Réquisitionné et par voie de conséquence fermé de 1914 à 1918, Covent Garden ne sera plus entre les 2 guerres qu’un «Palais de danse"c'est-à-dire une salle pour ballets.  Il réouvre en 1946 avec "la belle au bois dormant" dans une mise en scène éblouissante d'Olivier Messel. C’est Peter Brook qui va redonner tout son lustre à l'opéra. A 22 ans à peine, il devient le directeur des productions du Royal Opéra de Londres. L’un de ses premiers grands succès est Boris Godounov dont les effets de mise en scène impressionneront beaucoup. Mais l'introduction de la modernité et des audaces avant-gardistes ne sont pas toujours du goût des chanteurs et bien des affrontements auront lieu entre ces derniers et les metteurs en scène. Ceci n'entamera en rien, bien au contraire, la renommée du spectacle.
L’actuelle salle a été entièrement rénovée à partir de 1995. Agrandie, on lui a adjoint un petit théâtre pour les opéras de chambre et une scène de danse pour spectacles plus intimistes. Le répertoire varié comprend aujourd'hui des œuvres classiques et des œuvres plus contemporaines.


<< 17 - Le Russel street...         19 - Le théâtre Royal de ... >>

Sommaire complet du dossier :