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Le musée de la Camargue est aménagé dans les murs d'une ancienne bergerie : il se situe à une dizaine de kilomètres au sud d'Arles, à environ une trentaine au nord des Saintes-Maries. Les collections de ce musée ont pour objectif de retracer les activités humaines qui ont eu cour en Camargue à travers les XIXe et Xxe siècles. Une partie de l'exposition se concentre ainsi sur la vie quotidienne dans un mas (maison traditionnelle) du XIXe siècle, illustré par un certain nombre d'objets d'époque, tandis que par la suite on découvre plus en détail les aménagements du milieu engendrés par les activités humaines dans le delta du Rhône ainsi que leur mise en oeuvre : riziculture, viticulture, salins... Une salle est également consacrée aux gardians. Le tout forme une bonne initiation aux modes de vies traditionnels camarguais. Outre ces expositions permanentes, de nombreuses expositions temporaires ou autres animations viennent complétées la vie du musée à l'année. Clou de la visite, un sentier découverte part de la bergerie pour parcourir sur près de 3.5 kilomètres les terres du mas, pour une découverte en direct des activités de ce dernier : une balade à travers de beaux paysages, en libre accès qui plus est.
Au cœur du delta du Rhône, à la croisée des routes qui relient Arles aux Saintes-Maries-de-la-Mer, le Musée de la Camargue s’impose comme la porte d’entrée culturelle et sensible d’un territoire unique en Europe. Installé dans une ancienne bergerie du mas du Pont de Rousty, à une dizaine de kilomètres au sud d’Arles, ce musée singulier permet de comprendre la Camargue non seulement comme un espace naturel, mais comme un espace habité, profondément marqué par les interactions entre l’homme, l’eau, le sel et les vents.
Ici, pas de collection ostentatoire ni d’appareillage technologique envahissant : le musée séduit par son équilibre entre ethnographie, histoire rurale et écologie, et par l’humilité de son propos, parfaitement adapté à l’identité paysanne, équestre et fluide de la région.
Le musée est abrité dans un bâtiment emblématique : la bergerie du Pont de Rousty, mas typique de l’architecture camarguaise, aux murs épais et aux volumes sobres. C’est un choix hautement symbolique, puisque le lieu lui-même est un témoin direct des pratiques agricoles anciennes et des transformations modernes du delta.
L’espace d’exposition, entièrement réaménagé dans un style contemporain et aéré, s’organise selon un parcours chronologique et thématique, qui invite à comprendre la Camargue comme un lieu de tension permanente entre les forces naturelles et les ambitions humaines.
La première partie de l’exposition permanente restitue la vie quotidienne dans un mas au XIXe siècle. Reconstitué avec mobilier d’époque, objets usuels, vêtements traditionnels et outils agricoles, ce segment donne un aperçu réaliste de la vie rude mais structurée des familles camarguaises, partageant leur temps entre les cultures de céréales, l’élevage, la chasse et la pêche en étang. Les documents sonores et visuels donnent la parole à d’anciens habitants du territoire, mémoire vive d’une époque déjà lointaine.
Vient ensuite une section consacrée aux grandes mutations du XXe siècle, lorsque l’État et les coopératives ont entrepris l’aménagement intensif du territoire, souvent au prix de lourdes transformations environnementales :
La riziculture, développée à partir des années 1950 grâce à un réseau complexe de canaux d’irrigation et de pompages.
Les salins, notamment ceux de Giraud ou d’Aigues-Mortes, qui transforment les zones humides en immenses miroirs blancs.
La viticulture, plus marginale, mais bien implantée sur les terrasses sableuses.
Les marais desséchés et endigués, résultat d’une lutte constante contre les inondations et les remontées salines.
Cette partie du parcours est enrichie par des maquettes, cartes anciennes, films d’archives et témoignages d’ingénieurs, d’agriculteurs et de scientifiques. Elle permet d’aborder les enjeux écologiques actuels, notamment la montée du niveau de la mer, la salinisation des sols, ou encore le dilemme entre préservation et activité économique.
Une salle entière est dédiée à la figure du gardian, le vacher camarguais, monté sur son cheval blanc et vêtu de son traditionnel costume sombre à lavallière. Mais loin de l’iconographie folklorique, le musée explore la réalité quotidienne de ce métier exigeant : les tâches de surveillance, les rassemblements de manades (troupeaux de taureaux), les pratiques de marquage, et l’art équestre transmis de génération en génération.
Des vidéos, portraits photographiques, selles anciennes et carnets de terrain donnent à voir la diversité et l’évolution du métier, aujourd’hui partagé entre engagement traditionnel et activité touristique.
Le musée propose également des clés de lecture sur les traditions festives régionales, telles que la course camarguaise, les processions religieuses, ou les fêtes votives des Saintes-Maries, sans jamais tomber dans l’exotisme ou l’idéalisation.
Le musée de la Camargue est un établissement actif, qui renouvelle régulièrement son offre avec expositions temporaires, résidences d’artistes, rencontres scientifiques et événements familiaux.
Parmi les thématiques récemment abordées :
Le réchauffement climatique en zone deltaïque
La photographie animalière en Camargue
Les légendes et contes populaires du Rhône
Des regards croisés entre arts contemporains et paysages agricoles
Le musée développe également des partenariats avec les écoles et les associations locales, afin d’ancrer son rôle dans une éducation au territoire.
Le véritable « clou » de la visite, c’est le sentier de découverte de 3,5 km, balisé et libre d’accès toute l’année. Partant directement de la bergerie, il serpente à travers les terres du mas, alternant :
Canaux d’irrigation
Rizières et pâtures à taureaux
Roussataïos (troupeaux de chevaux en liberté)
Roselières et zones de nidification
Des panneaux pédagogiques permettent d’interpréter le paysage et ses dynamiques : migration des oiseaux, rotations culturales, pression du tourisme… Par temps calme, c’est un parcours idéal pour observer les hérons, aigrettes, flamants roses et parfois même les guêpiers d’Europe, selon la saison.
Adresse : Mas du Pont de Rousty, Route des Saintes-Maries-de-la-Mer, Arles.
Ouverture : tous les jours sauf lundi, horaires variables selon la saison.
Tarif : entrée entre 5 € et 7 €, gratuit pour les moins de 18 ans ; sentier d’interprétation gratuit.
Accès : en voiture (parking gratuit), ou via piste cyclable depuis Arles (env. 40 min à vélo).
Durée conseillée : 1h à 1h30 pour le musée, 1h supplémentaire pour le sentier.
Le Musée de la Camargue n’est pas une vitrine figée, mais un outil de transmission et de réflexion sur un territoire à la fois rude, fragile et d’une richesse rare. On y découvre la Camargue des hommes et des femmes, autant que celle des flamants, des chevaux ou des sables mouvants. Une visite intelligente et apaisante, à vivre comme une introduction essentielle avant d’explorer les autres visages du delta.
Qu’on soit randonneur, passionné d’histoire, photographe ou simplement curieux, ce musée ouvre une clé de lecture indispensable à qui veut vraiment comprendre l’âme camarguaise.
Ce lieu se trouve dans le guide Arles .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Horaires d’ouverture:
Octobre à fin mars : de 10h à 12h30 et de 13h à 17h.
Avril à fin septembre : de 9h à 12h30 et de 13h à 18h.
Dernière entrée 1h avant fermeture.
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai.
Tarif plein : 5€ / Tarif réduit : 3€ / Gratuité : demandeurs d'emploi, journalistes, enseignants,
membres de l'ICOM… Gratuité tous les 1ers dimanches du mois.
Avis de voyageurs sur Le musée de la Camargue, Arles
Très joli musée et excellent accueil
a voir absolument
JA