À qui sert vraiment le tourisme médical?

 

La France se trouve actuellement au coeur de l'expansion du tourisme médical, ce phénomène culturel souvent considéré comme tabou. Mais finalement, pourquoi ce terme porte-t-il une telle connotation péjorative? 


L’accès aux soins est un droit universel et fondamental. Et pourtant, le tourisme médical répond à la demande croissante de patients dans l’incapacité de se faire soigner - en raison de coûts trop élevés, de temps d’attente contraignants ou de systèmes de santé peu performants. 
Contrairement à ce qui se dit du côté des défenseurs du secteur public, le tourisme médical n'est pas une création capitaliste destinée à faire de l'hôpital une entreprise.
Bien au contraire, le tourisme médical est au service du patient. Il permet aux patients du monde entier de comparer, choisir et prendre une décision informée et personnelle. 
Le tourisme médical apporte aux patients des quatre coins du monde l'opportunité de choisir. Il leur offre la possibilité d'accéder à un soin, d'exiger une qualité irréfutable, et dans certains cas, de se faire soigner dans la semaine plutôt que dans l'année. 

Les patients très solvables, récemment mis en avant par l’économiste Jean de Kervasdoué, sont, quant à eux, à la recherche de soins d’une qualité supérieure à celle disponible dans leur pays d’origine - et ce, peu importe le budget. Mais le tourisme médical touche aussi les patients français. Faute de moyens, de plus en plus de français sont contraints de renoncer à certains soins médicaux. D’après France Inter, en 2011, plus de 19 000 français se sont rendus à l’étranger pour des soins dentaires. 

Dans le dernier numéro de Challenges, Jean de Kervasdoué explique que la prise en charge de ces touristes médicaux pourrait rapporter à la France "un chiffre d'affaires de l'ordre de 2 milliards d'euros" et se traduirait par la “création de “25 000 à 30 000 emplois d'ici cinq ans”. Bien que cela reste à prouver, ce sont tout de même des nouvelles encourageantes dans un contexte actuel de croissance économique morose. 
Certes, nous n'aimerions pas que nos hôpitaux soient surchargés et dans l'incapacité de soigner les patients les moins riches. Mais ce n'est pas le tourisme médical qui causera un tel désastre.  La France est déjà un acteur important dans ce domaine, et les patients français locaux sont aucunement affectés.

Nous ne pouvons empêcher ces gens de partir. Mais nous devons les encadrer. 
Face à la croissance de cette demande, certaines entreprises se positionnent en tant que facilitateurs, offrant aux patients une plateforme informative ainsi qu’un service client dédié à l’organisation du voyage. C’est notamment le cas de MEDIGO, une start-up Berlinoise qui vient récemment d’annoncer une levée de fonds de 5M€. Cette entreprise a déjà aidé plus de 200 patients français à se mettre en relation avec une clinique à l’étranger.
Le tourisme médical n’est pas prêt de disparaître, pas tant que l’offre de soins sera inférieure à la demande ou que les prix exorbitants de certains traitements continueront de forcer nos propres patients à renoncer à leurs soins médicaux. 

À présent, c'est aux différents gouvernements du monde de s'assurer que ces flux seront réglementés.

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