Entreprendre et innover dans le tourisme post-Covid? C'est maintenant ou jamais...?

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Covid et tourisme, n'ont pas fait bon ménage

Alors, soyons clair, l'industrie du tourisme a été frappée de plein fouet par la crise du Covid 19. Quand je dis de plein fouet, c'est pour ne pas dire en pleine poire. Nombre d'acteurs ont périclité, d'autres sont en survie assistée par des aides Covid.Bref, rares sont ceux qui s'en sont sortis sans éclaboussures et le scénario global est plutôt noir, inutile de mentir, ou de faire croire que cela repart comme en l'an quarante, contrairement à quelques sorties de route de personalités du tourisme qui disent que ca va ca va....(oui, ça pourrait être pire en fait!)

Quelques effets bénéfiques du Covid 19 sur le voyage. Si, si!

Je ne vais pas me faire que des amis, mais, je pense cette crise aura finalement eu pas mal de bon pour le secteur du tourisme:

- limiter les déplacements lointains et faire prendre conscience de l'impact désastreux du tourisme de masse sur notre planète (bon petit effet collatéral, vous verez, nombre de sites internet sont en train de fleurir dans le secteur et s'improvisent durables ou éthiques en voulant surfer sur ces voyages faussement écolo...mais bon tant qu'on prend encore l'avion long courrier pour le réaliser, qu'on prend 3 serviettes à l'hôtel, qu'on plonge dans des piscines chauffées, qu'on s'amasse tous au même endroit et j'en passe...difficile d'être fondamentalement bon pour la planète)

- limiter les déplacements pro pas toujours 100% utiles. Certes le secteur du voyage d'affaires souffre et c'est bien dommage, mais quelle bulle de tranquilité pour bon nombre de mes amis qui passaient 30% de leur temps dans un avion ou dans un aéroport. Leur vie change, ils ont un temps de cerveau disponible beaucoup plus important, et ça, ce n'est pas rien

- enlever de la carte un trop grand nombre de services intermédiaires, copy-cat ou de services sans valeur ajoutée, qui prennent une part de valeur dans la chaine. Oui, quand booking, tripadvisor ou airbnb ou getyourguide toussent, bon nombre d'acteurs qui vivent à leurs crochets et sans apporter de valeur ajoutée éternuent par effet boule de neige.

- remodeler les rapports de force entre exploitants touristiques et salariés. Recruter devient difficile, et c'est peut-être tant mieux, car abus il y a eu dans certains secteurs ou la précarité était de mise. Le plus dur reste sans doute à venir avec un grand nombre de vocations qui se sont atténuées avec la crise dans ce secteur.

- renforcer l'innovation dans le voyage. Clairement, le voyage est un secteur qui innove peu.Certes, il y a bien des start-up qui s'agitent, d'autres qui réussissent, mais globalement, je pense quand même que ce secteur à forts voire très forts volumes est né avec une cuillère en or dans la bouche, ce qui l'empêche parfois d'innover, comme dans d'autres secteurs. Certes, il y a des innovations d'usage, de business model...mais peu de vraies innovations au service du voyageur. Il reste compliqué de réserver un voyage sur internet, parfois on se croirait toujours dans les années 2000!

Une période propice à la transformation, à l'entrepreneuriat, à l'innovation dans le voyage

Mais avec toute crise, il y a des opportunités: des opportunités pour entreprendre dans le voyage, se former, se transformer, pour se reconcentrer sur sa valeur ajoutée, pour innover. Bref, le voyage ne mourra jamais, même s'il est aujourd'hui blessé, il ne risque pas de disparaître. Le secteur va probablement se concentrer suite à cette prise de conscience et je l'espère innover plus que jamais (et je l'espère aussi dans une logique de tech for good).

Bon voyage!

Julien Laz

Fondateur Cityzeum.com