Grands chefs français en province

Les Français et les Italiens ont ce point commun qu’ils pensent chacun proposer la meilleure cuisine du monde. Qui a tort ? Qui a raison ? A compulser le Michelin et le Gault & Millau, les récompenses pleuvent davantage du côté nord des Alpes. En dehors de Paris, les deux confondus attribuent la distinction émérite à 18 chefs français. La prééminence revient à Paul Bocuse, triple étoilé à Collonges-au-Mont-d’Or depuis 1965 ; un honneur qu’il partage avec Marc Haeberlin à l’Auberge de l’Ill depuis 1967 et Michel Troisgros dans son fief de Roanne depuis 1968. Autres figures du Commandeur, dominant le paysage culinaire français depuis les années 70 et 80 : Jacques Lameloise, lequel vient de passer le fambeau à Eric Pras dans sa Maison de Chagny, Michel Guérard aux Prés d’Eugénie, Jean-Michel Lorain à la Côte Saint-Jacques et Georges Blanc à Vonnas. Pour sa part, Anne-Sophie Pic perpétue l’excellence imposé par son père à Valence. Citons Marc Meneau, injustement dévalué au guide rouge à l’Espérance de Saint-Père en Vézelay, et Patrick Bertron, lieutenant de feu Bernard Loiseau, à Saulieu. Les autres toques reconnues ont pour nom Jean-Georges Klein à l’Arnsbourg, Gilles Goujon à l’Auberge du Vieux Puits, Michel Bras, épaulé par son fils Sébastien à Laguiole, Gérald Passédat au Petit Nice, Franck Cerrutti sous la coupe de Ducasse au Louis XV, Michel Trama à Puymirol, Régis Marcon et son fils Jacques à Larsiallas, Jean-Paul Abadie à l’Amphitryon et Thierry Marx, chantre de la cuisine moléculaire, à Château Cordeillan Bages. Marc Veyrat et Olivier Roellinger n’apparaissent pas sur la liste, seulement parce qu’ils se sont défait de leur table gastronomique.