Le vin en Alsace

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L'Alsace destine aux vins de qualité ordinaire de savants dosages de cépages, sous l'appellation edelzwicker (assemblage remis au goût du jour).

L'Alsace représente l'unique région viticole française où les vins se nomment à l'identique du cépage qui les compose.

Il y en a sept permis. Quarté noble vainqueur : le riesling (sec, fin), le muscat (léger, fruité), le pinot gris (anciennement tokay) et le gewurztraminer (très parfumé et corsé).

Mais les « humbles » cépages ont leur avantage : le pinot blanc (souple, fruité) s'approprie 21 % du vignoble, le pinot noir s'utilise pour les vins rouges et les rosés friands, le chasselas reste facile à déguster. Le klevener d'Heiligenstein, précurseur du gewurz', jouit encore d'une appellation propre, indice de singularité. Le sylvaner représenta longtemps l'Alsace. De nos jours, quelques producteurs nostalgiques s'attachent à perpétuer toute sa noblesse à ce vin.

Les vins moelleux représentent une autre spécialité alsacienne. Une réglementation très stricte préservent les « vendanges tardives » issues de raisins sur mûris, quasi confits sur pied. Retarder les vendanges est audacieux : trop de pluie, une courte gelée et tout dépérit. Seulement quand ça fonctionne, c'est plus que réussi : fruit très sucré = haut degré et moelleux plein d'arôme. Précieuses aussi, les « sélections de grains nobles », qui prennent place sur le dessus du panier. Les ascètes patienteront 20 ans pour les déguster.

Champagne pour célébrer ça ? Les Alsaciens chérissent le leur, un crémant qui peut être succulent, sur base de pinot blanc, de riesling ou de chardonnay.

On observe des viticulteurs patienter jusqu'à l'hiver pour vendanger leurs raisins gelés, créant ainsi un étrange « vin de glace ». D'autres les font sécher pour réussir un « vin de paille » au goût de noix. On vous conseille enfin de déguster, en novembre, le vin nouveau de la Saint-Martin (Neier Siasser). Ce breuvage trouble et sucré, qui coulent à flots des pichets des winstubs strasbourgeoises, est un réchappé des plus anciennes traditions d'Alsace, indicateur d'un nouvel instant festif autour du lard paysan et des noix.