Quand le seigneur de Flamanville permit l’extension de la pêche au début du XVIIème siècle, on construisit à Diélette une première petite jetée pour abriter les navires qui se mirent à commercer de plus en plus avec les îles Anglo-Normandes et l’Angleterre. Doucement, l’activité du port voit défiler des quantités croissantes de sacs de céréales normandes (blé, avoine, orge...) expédiées vers les îles, puis de blocs de granit, envoyés pour la construction des grands ports de la Manche comme Dieppe et Le Havre ou pour paver quelques grandes places parisiennes. Sous Colbert, les fermiers généraux réglementèrent le commerce maritime afin d’alimenter la caisse royale. Le nombre de flibustiers augmenta donc inévitablement dans la presqu’île du Cotentin. Beaucoup de marchandises (alcool, tabac, porcelaine…) échappaient à tout contrôle et, en 1853, une dizaine de douaniers s’installèrent avec leur famille à Diélette pour surveiller la côte ouest de la Hague, terre de passage propice à toutes sortes de trafics lucratifs. Au milieu du XIXème siècle, un ingénieur des ponts, Bérard, s’intéressa aux ressources minières de la région. Il remarqua en effet des veines de minerai de fer sous le granit du port actuel. Afin de sonder le sous-sol, il creusa un puits de 40 m de profondeur recouvert d’une plaque en acier étanche que les ouvriers refermaient avant la marée haute. Sur le côté du puits, un long tube émergeait de l’eau assurant ainsi le renouvellement de l’air. Débuta alors l’exploitation du minerai très riche en fer, avec ses galeries, forages et exportations par bateaux vers l’Angleterre et la Hollande. Les multiples infiltrations d’eau, les guerres et les crises économiques contraignirent la mine à de nombreuses faillite. En 1910, pour répondre aux problèmes d’exportation liés aux infrastructures ferroviaires et portuaires peu développés, la société des Mines et Carrières de Flamanville mit en place un port en eau profonde à quelques centaines de mètres du rivage. Des pylônes se dressèrent au dessus de l’eau, reliés par des câbles métalliques supportant le transport aérien du fer jusqu’au terminal où l’on chargeait les cargos. L’activité s’éteindra en 1962 à cause des coûts d’exploitation devenus trop élevés. Pendant plus d’un siècle, Flamanville aura vécu aux rythmes saccadés de cette mine sous marine singulière. Aujourd’hui, les seuls vestiges de cette industrie minière sont les bâtiments, froids et imposants, de la centrale électronucléaire d’EDF. Le musée de Flamanville (2 €) retrace l’histoire de la mine à travers témoignages, photos, objets, etc. Conseillé par Le Bourlingueur. Plus d'infos sur www.lebourlingueur.com
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Avis Dielette
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : juin 2026
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