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Carthage, fondée par de grands navigateurs qu'étaient les Phéniciens, connue sa grandeur en grande partie grâce à sa maîtrise de la mer. Les vestiges de l'époque punique sont plutôt rares et il n'en reste souvent pas grand chose, comme c'est le cas pour les deux ports puniques de Carthage. On distingue tout de même très clairement les deux bassins de formes différentes, l'un à utilité militaire (le rond), l'autre, de forme rectangulaire, accueillait les activités commerciales. Les ports furent réaménagés et transformés par les Romains suite à la victoire sur Carthage. En se rendant sur le site, on est loin de s'imaginer la complexité et l'ampleur de ces ports capables du temps de leur grandeur d'abriter 220 navires et de supporter d'intenses échanges commerciaux. Un petit musée se tient près du site. Les maquettes qu'il abrite, reconstituant le port dans son ensemble d'après les recherches archéologiques effectuées sur le site, sont les bienvenues pour se faire une idée plus précise (ouvert de 9h à 19h). Les ports puniques se situent au sud-ouest de Carthage, direction Salambo, entourés de villas cossues qui composent l'essentiel des habitations de la ville, riche banlieue de Tunis.
Au sud-ouest de l’ancienne Carthage, entre la Méditerranée brillante et les collines paisibles du quartier de Salambo, deux bassins d’eau silencieuse subsistent, enchâssés dans un décor résidentiel aux villas blanches et luxuriantes. Ces étendues calmes, aujourd’hui cernées de palmiers et de murs, furent pourtant au cœur de l’une des plus puissantes civilisations maritimes de l’Antiquité. Les ports puniques de Carthage, vestiges discrets mais évocateurs, rappellent qu’avant d’être détruite par Rome, Carthage régnait sur les mers, grâce à une maîtrise sans égale de la construction navale, de la navigation et du commerce maritime.
Fondée au IXe siècle av. J.-C. par des colons phéniciens venus de Tyr, Carthage devint en quelques siècles une puissance hégémonique en Méditerranée occidentale. Sa force reposait en grande partie sur sa flotte commerciale et militaire, qui nécessitait des infrastructures d’un niveau technique impressionnant.
Le système portuaire carthaginois, unique en son genre dans l’Antiquité, était organisé autour de deux bassins distincts mais connectés :
Le port marchand, de forme rectangulaire, s’ouvrait directement sur la mer. Il servait à l’accueil des navires de commerce, au déchargement des marchandises, aux réparations et aux transactions. Il disposait probablement de quais aménagés, d’entrepôts et de grues en bois, dont les traces ont disparu, mais qui sont attestés par des descriptions anciennes.
Le port militaire, de forme circulaire, était relié au précédent par un canal contrôlé, mais fermé au regard extérieur. Ce bassin rond, au centre duquel se trouvait une île artificielle, abritait les galères de guerre. Il comptait jusqu’à 220 cales couvertes, chacune destinée à abriter un navire et à en faciliter l’entretien, preuve d’une organisation logistique et architecturale exceptionnelle.
La configuration circulaire du port militaire, qui permettait de disposer les galères tout autour d’un axe central, est un exploit d’ingénierie rarement égalé dans l’Antiquité. Des postes d’observation, des zones de commandement et de coordination étaient installés sur l’îlot central, garantissant un temps de réaction militaire très court.
Les traces visibles aujourd’hui sont modestes en comparaison de la grandeur supposée du complexe antique. Pourtant, la topographie d’origine est bien lisible : le bassin circulaire est encore en eau, ceinturé par un chemin de promenade. Il est facile d’imaginer, à cet endroit, l’agitation des calfatages, des commandements, des rameurs en formation. Le bassin rectangulaire, plus en retrait, garde une ambiance plus silencieuse, propice à l’évocation de la puissance commerciale carthaginoise.
Les ports furent en grande partie détruits par les Romains en 146 av. J.-C., lors de la Troisième Guerre punique. Rome rasera Carthage jusqu’à la pierre, et reconstruira une ville nouvelle sur ses ruines, modifiant profondément les infrastructures portuaires. Néanmoins, certains éléments du port punique furent conservés ou intégrés aux aménagements romains ultérieurs.
Pour mieux appréhender l’ampleur et la complexité de ces installations, la visite du petit musée attenant est fortement recommandée. Installé à proximité du site archéologique, ce pavillon modeste mais instructif présente :
Des maquettes détaillées du double port, reconstituées à partir des relevés archéologiques et des textes antiques, notamment ceux d’Appien.
Des panneaux explicatifs trilingues (français, arabe, anglais) qui retracent l’histoire maritime de Carthage.
Des fragments d’architecture retrouvés sur le site : morceaux de colonnes, vestiges de quais, fragments d’amphores.
Une cartographie de l’expansion navale carthaginoise, illustrant les routes commerciales vers la péninsule Ibérique, la Sardaigne, la Sicile, jusqu’au détroit de Gibraltar.
Ce musée, discret mais pédagogique, permet de mesurer le génie logistique des Carthaginois, capables d'entretenir une flotte de guerre impressionnante tout en orchestrant un réseau commercial méditerranéen sans équivalent.
La visite du site peut se poursuivre par une marche à pied le long des bassins, dans les rues tranquilles de Salambo. Loin de l’agitation urbaine, on circule aujourd’hui là où autrefois des galères légères, des trirèmes et des cargos à voile assuraient les liaisons entre Carthage et ses colonies. Le quartier est résidentiel, arboré, ponctué de quelques cafés discrets et d’accès à la mer.
Pour les passionnés d’histoire, il est possible de prolonger la visite vers d’autres sites carthaginois tout proches : les thermes d’Antonin, le Tophet (lieu de culte phénicien), ou le musée national de Carthage, situé sur la colline de Byrsa, qui conserve de nombreux artefacts issus des fouilles des ports.
Horaires du musée : tous les jours de 9h à 19h, sauf certains jours fériés.
Accès : depuis Tunis, le site est accessible en train de banlieue TGM (station Carthage-Salambo) ou en taxi (~25 min depuis le centre).
Entrée payante, tarif modéré, incluant l’accès au musée.
Temps de visite conseillé : 1h30 à 2h (site + musée).
Recommandation : éviter les heures les plus chaudes en été, le site est peu ombragé.
Les ports puniques de Carthage offrent une expérience de visite rare : un site à la fois paisible et habité par la mémoire d’une civilisation disparue, que les pierres seules ne suffisent pas à évoquer, mais que l’imaginaire, aidé par les maquettes et les textes, peut raviver. Ce lieu est un passage obligé pour comprendre l’âme de Carthage, non pas celle de ses temples, mais celle de ses marins, de ses stratèges, de ses artisans du large.
À qui sait regarder au-delà de ce qui reste, les ports de Carthage murmurent encore le récit d’une puissance tombée, mais jamais oubliée.
Ce lieu se trouve dans le guide Tunisie .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Le port punique de Carthage est un site historique de la Tunisie. Il a été construit au VIIIe siècle avant J.C. par les Phéniciens pour servir de point de départ à leurs voyages commerciaux en Méditerranée. Au fil des siècles, le port punique de Carthage est devenu un important centre de commerce et de transport maritime. Le port punique de Carthage se situe au pied de la colline de Byrsa. Il est connu pour sa forme en U qui le protégeait des vagues et des tempêtes. Ce port antique a été rénové et agrandi plusieurs fois au cours de l'histoire, notamment sous l'empereur romain Auguste. Aujourd'hui, les vestiges du port punique de Carthage sont encore visibles. On peut y admirer les quais, les entrepôts et les canaux de drainage qui témoignent de l'ingéniosité de ses bâtisseurs. Le site est une destination populaire pour les amateurs d'histoire et de culture, ainsi que pour les passionnés de plongée sous-marine. Outre le port punique, Carthage abrite également un autre port important, le port de Carthage. Ce port moderne est situé à environ 10 km du port punique et est un centre économique majeur pour la Tunisie. Il offre des installations modernes pour le transport de marchandises et pour le tourisme. En somme, le port punique de Carthage est un lieu emblématique de l'histoire antique de la Tunisie. Il témoigne de l'importance de Carthage comme centre de commerce et de transport maritime dans la Méditerranée. Aujourd'hui, il attire les visiteurs du monde entier pour son patrimoine culturel et son ambiance unique.