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La chapelle San Antonio de la Florida fut édifiée en 1798 par Charles IV et peinte par Goya. De plus, elle abrite les restes du peintre. La coupole est décorée de fresques à thème religieux montrant un miracle de saint Antoine de Padoue. La façon de représenter les madrilènes du 18ème en fait un document sur la vie de Madrid à cette époque. Un astucieux système de miroirs grossissants permet d'en apprécier les détails.
À l’abri de l’agitation madrilène, sur les rives du Manzanares, la chapelle San Antonio de la Florida est un chef-d’œuvre à la fois artistique et historique. Commandée par Charles IV en 1798, elle est surtout célèbre pour ses fresques réalisées par Francisco de Goya, qui y repose depuis 1919. Ce lieu discret mais fascinant est un incontournable pour les amateurs d’art et d’histoire, offrant une immersion dans la Madrid du XVIIIe siècle à travers le regard du maître.
Construite sous le règne de Charles IV, la chapelle San Antonio de la Florida est un édifice néoclassique à l’architecture sobre et harmonieuse. Sa façade en pierre, d’apparence modeste, contraste avec la richesse artistique qu’elle renferme. Son plan en croix grecque et son unique coupole centrale en font un espace à la fois intime et majestueux, propice à la contemplation.
Ce qui fait la renommée de la chapelle, ce sont les fresques spectaculaires qui ornent sa coupole, réalisées par Francisco de Goya en 1798. Ce chef-d’œuvre monumental représente le miracle de saint Antoine de Padoue, un épisode légendaire dans lequel le saint ramène à la vie un homme assassiné afin qu’il disculpe son père injustement accusé du meurtre.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la manière dont Goya modernise l’art religieux en intégrant des éléments de la vie quotidienne madrilène de son époque. Au lieu d’un cadre sacré et idéalisé, il peint une foule de curieux vêtus à la mode du XVIIIe siècle, donnant ainsi une dimension réaliste et vivante à la scène. On y distingue des majas aux robes colorées, des hommes en habits traditionnels, des enfants observant la scène avec insouciance et même quelques mendiants en arrière-plan.
Le jeu de lumière et la technique du sfumato confèrent aux fresques une douceur et une profondeur remarquables. Le rendu des étoffes, des visages et des expressions témoigne du génie de Goya, qui parvient à insuffler un souffle dramatique à cette scène religieuse.
Plus qu’une simple fresque religieuse, l’œuvre de Goya est une fenêtre ouverte sur la société madrilène de la fin du XVIIIe siècle. Chaque personnage est soigneusement étudié et reflète la diversité sociale de l’époque : nobles, artisans, vendeurs ambulants, femmes du peuple et enfants jouent tous un rôle dans cette grande scène urbaine.
Ce souci du détail a fait de la chapelle un document inestimable sur les modes vestimentaires, les attitudes et les interactions sociales du Madrid de l’époque. Pour mieux apprécier cette richesse, un ingénieux système de miroirs grossissants a été installé, permettant aux visiteurs d’admirer les fresques de près sans avoir à lever la tête en permanence.
En 1919, la dépouille de Goya fut transférée dans la chapelle San Antonio de la Florida, lui conférant une dimension encore plus symbolique. Toutefois, une anecdote étrange entoure sa tombe : lorsque son corps fut exhumé à Bordeaux, où il était initialement enterré, on s’aperçut que sa tête avait disparu, un mystère jamais résolu. Aujourd’hui, la chapelle est donc le lieu de repos éternel du grand peintre espagnol… mais sans son crâne.
Contrairement aux grands musées de Madrid où les œuvres de Goya sont dispersées, ici, le visiteur peut apprécier un travail monumental du peintre dans son contexte d’origine, exactement comme il l’avait conçu. L’atmosphère paisible et la taille réduite de l’édifice permettent une immersion totale, loin de l’effervescence des autres sites touristiques de la capitale.
La chapelle San Antonio de la Florida est bien plus qu’un simple monument religieux : c’est un véritable musée vivant, où Goya a laissé l’une des plus grandes empreintes de son génie. Un lieu incontournable pour quiconque souhaite découvrir Madrid sous un autre regard, à travers l’œuvre du plus grand peintre espagnol du XVIIIe siècle.
Ce lieu se trouve dans le guide Madrid .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Du Mardi-vendredi de 10h00-14h00 et de 16h00-18h00
Entrée gratuite.