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Près de la grande place des Lices s'élève la Cathédrale St Pierre de Rennes, l'un des principaux lieux de culte de la Bretagne. Le catholicisme a depuis longtemps eu une place importante dans la région et ce bâtiment était d'ailleurs le seul monument réellement à la construction des remparts de Rennes. La construction de l'église d'origine commença au XIIème siècle, sous la forme d'une église gothique. Mais au fil du temps, les différentes parties de l'édifice furent restaurées et remplacées pour constituer une cathédrale plutôt néoclassique avec trois niveaux sculptés supportés par 22 colonnes doriques, ioniques et corinthiennes et deux tours en granit. A l'intérieur, le décor peint date du XIXème siècle et remplace l'austérité de l'ancien intérieur néoclassique.
La cathédrale Saint-Pierre de Rennes, discrète par son emplacement mais puissante par son histoire et son architecture, incarne l’un des édifices religieux majeurs de Bretagne. Située non loin de la place des Lices, elle s’inscrit dans un tissu urbain dense, presque dissimulée au premier regard, mais dont la richesse architecturale et symbolique mérite une attention minutieuse.
Le site occupe une place centrale dans l’histoire religieuse de la ville depuis le haut Moyen Âge, même si les premières traces de l’édifice datent précisément du XIIe siècle. À cette époque, il s’agissait d’une église romane à transept, progressivement remaniée en style gothique. Ce n’est cependant qu’à partir du XVe siècle que Rennes entreprend la construction d’une cathédrale digne de ce nom, pour affirmer son rôle de siège de l’évêché puis de l’archevêché à partir de 1859. Sa silhouette est restée intimement liée à la physionomie médiévale de la ville, au point qu’elle fut pendant longtemps le seul monument intégré aux fortifications de Rennes.
L’un des éléments les plus saisissants de la cathédrale est sa façade occidentale, achevée dans la première moitié du XIXe siècle, dans un style néoclassique monumental. Cette façade, à la fois imposante et raffinée, est unique dans le panorama des cathédrales françaises. Elle se compose de trois niveaux superposés, chacun rythmé par des colonnes d’ordres différents : doriques, ioniques et corinthiennes, dans une progression inspirée des canons de Vitruve et Palladio.
Cette façade est encadrée par deux tours carrées en granit massif, sobres mais puissantes, dont les bases remontent au XVe siècle. Leur austérité tranche avec l'élégance savante de la façade, créant un contraste surprenant mais harmonieux. C’est aussi une rare illustration du classicisme breton, souvent occulté par le foisonnement gothique dans les autres cathédrales de la région.
Le portail principal, relativement dépouillé en apparence, s’ouvre sur une nef qui révèle une tout autre atmosphère : un univers richement décoré, à mille lieues de l’austérité extérieure.
L’intérieur de la cathédrale Saint-Pierre est à couper le souffle. Après la sobriété initiale du style néoclassique, les décors intérieurs peints du XIXe siècle, réalisés principalement entre 1841 et 1870, offrent une expérience visuelle immersive. L’archevêque Paulinier souhaitait alors rompre avec le dépouillement antérieur, pour donner à l’édifice un éclat digne des cathédrales italiennes.
La nef à trois vaisseaux, longue de près de 50 mètres, est couverte de voûtes peintes en bleu profond, parsemées d’étoiles dorées. Ce motif céleste évoque la voûte du paradis et renvoie à une symbolique mariale forte dans la tradition catholique. Les colonnes cannelées, aux chapiteaux corinthiens finement sculptés, accentuent l’impression de verticalité et de majesté.
Le maître-autel, de style baroque, est un joyau de marbre polychrome réalisé à Rome au XVIIe siècle. Il fut installé ici sur décision de l’archevêque de La Motte d’Argencé, afin d’affirmer la puissance symbolique de Rennes dans la hiérarchie ecclésiastique de l’époque. Ce maître-autel, qui provient de l’église des Jésuites de Rome, est entouré d’anges en stuc, de colonnes torsadées et de feuilles d’or. Il constitue une œuvre d’art liturgique à part entière.
Parmi les trésors les plus remarquables de la cathédrale, on trouve les stalles du chœur du XVIIIe siècle, finement sculptées, illustrant des scènes bibliques et des motifs floraux. Le trône archiépiscopal, en bois doré, rappelle le rôle éminent de Rennes au sein de l’Église de France, surtout après la création de l’archevêché.
Un orgue Cavaillé-Coll installé au XIXe siècle surplombe la nef. Ce prestigieux facteur d’orgues, connu pour ses instruments à la sonorité puissante et nuancée, a également œuvré à Notre-Dame de Paris et à Saint-Sulpice. À Rennes, son œuvre donne lieu à de nombreux concerts liturgiques ou profanes, notamment lors des Nuits musicales de la cathédrale, un rendez-vous prisé des mélomanes.
Les vitraux de la cathédrale, bien que majoritairement récents (XIXe et XXe siècles), méritent l’attention : certains racontent l’histoire de Saint Pierre, patron de l’édifice, d'autres mettent en scène des épisodes de la vie du Christ, dans un style narratif aux couleurs éclatantes.
Enfin, dans une chapelle latérale, une Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XVIIe siècle attire le regard des fidèles et des amateurs d’art religieux. L'expression douce et la posture élancée de la Vierge sont typiques de l'art baroque français.
Loin d’être figée dans le passé, la cathédrale Saint-Pierre demeure un lieu de culte actif, animé par une vie religieuse intense : messes dominicales, concerts, temps de prière, mais aussi célébrations solennelles comme les ordinations, les Te Deum diocésains ou les offices de Noël.
Elle est également inscrite dans les circuits touristiques de la ville, mais reste moins fréquentée que d’autres monuments bretons, ce qui en fait un havre de calme et de spiritualité, même en pleine saison. L’accès est libre en dehors des offices, et des visites guidées sont proposées ponctuellement, notamment lors des Journées européennes du patrimoine.
Les amoureux de photographie apprécieront les jeux de lumière du matin, lorsque le soleil pénètre par les vitraux orientaux, baignant la nef d’une clarté chaude et dorée. Il est aussi conseillé de s’attarder dans la rue Saint-Sauveur toute proche, pour profiter d’une vue en contre-plongée sur les tours de la cathédrale, encadrées par les maisons à pans de bois du vieux Rennes.
Ce lieu se trouve dans le guide Rennes .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
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