Galerie photos
Construite en 1450 dans le style gothique méridional, l’église saint Césaire appartenait au couvent des Grands Augustins. Elle est agrandie en 1492 et 1511, un incendie au XVIIéme siècle entraîne la suppression des deux premières travées. Son nom lui est donnée en 1839 lors de son rétablissement au culte après la révolution. Les reliques de Saint Césaire, évêque d’Arles au VIéme siècle, n’y seront transférées qu’en 1980. L’église se compose d’une nef à 4 travées voûtées d’ogives et de chapelles latérales. Le chœur soutient une coupole octogonale à lanternon. Admirez les dalles du sol d’origine avec blasons et épitaphes funéraires. Le mobilier et les œuvres qu’elle contient proviennent de deux autres anciennes églises du quartier. Au fond du chœur vous pourrez voir l’ancien tableau du maître autel de Saint-Laurent peint par Trophime Bigot en 1638. Prés de l’église, on peut encore apercevoir les vestiges du cloître des Grands-Augustins.
Discrètement nichée dans le tissu ancien d’Arles, à l’écart des circuits les plus fréquentés, l’église Saint-Césaire est un joyau d’architecture gothique méridionale à l’histoire mouvementée. Témoignage précieux de la vie religieuse d’un quartier aujourd’hui transformé, elle incarne une reconstruction patiente après les bouleversements de la Révolution, les incendies et les remaniements successifs. En poussant la porte de cette église sobre et authentique, le visiteur entre dans un espace de recueillement chargé de mémoire, où chaque pierre raconte les mutations de la ville et les persistances de la foi.
L’édifice est initialement construit à partir de 1450, en tant qu’église conventuelle rattachée au couvent des Grands Augustins, ordre mendiant actif à Arles dès le XIVe siècle. Elle appartient pleinement au gothique méridional, identifiable à sa nef unique sans transept, à ses voûtes d’ogives peu élancées, et à son plan épuré destiné à favoriser la prédication.
Dès la fin du XVe siècle, les besoins liturgiques et l’importance croissante du couvent imposent des agrandissements en 1492 et 1511. Cependant, un incendie majeur au XVIIe siècle entraîne la destruction des deux premières travées de la nef. L’église sera alors raccourcie, modifiant définitivement son plan initial.
L’intérieur de l’édifice est aujourd’hui composé de quatre travées principales, bordées de chapelles latérales modestes. L’ensemble, bien que sobre, conserve une réelle élévation spirituelle, renforcée par la qualité de la lumière filtrant à travers les baies en plein cintre.
Comme beaucoup de bâtiments religieux français, l’église est désaffectée pendant la Révolution française. Elle sert alors d’entrepôt, perd son mobilier, et connaît une longue période d’abandon. Ce n’est qu’en 1839 qu’elle est rendue au culte et prend officiellement le nom de Saint-Césaire, en hommage à l’un des plus grands évêques de l’Antiquité chrétienne d’Arles.
Le choix de ce patronage ne s’accompagne cependant pas immédiatement de la présence des reliques du saint : celles-ci ne seront transférées dans l’église qu’en 1980, marquant ainsi un retour symbolique fort de la figure de Saint Césaire (vers 470–542), célèbre pour sa défense de l’orthodoxie, ses sermons populaires et son influence au sein de l’Église gallicane.
L’élément architectural le plus remarquable de l’église est sans doute son chœur à coupole octogonale, surmontée d’un lanternon laissant pénétrer une lumière naturelle verticale, particulièrement spectaculaire lors des offices en fin de journée. Cette coupole, probablement construite au moment de la reconstruction post-incendie, contraste avec la simplicité de la nef, et guide le regard du visiteur vers l’autel.
Le sol de l’église, en dalles de pierre d’origine, présente un intérêt particulier : il est ponctué de blasons gravés, de pierres funéraires et d’épitaphes, vestiges silencieux d’un passé paroissial où l’on enterrait les notables sous la nef. Ces inscriptions, parfois à demi effacées, témoignent de la densité sociale et religieuse du quartier aux XVIe et XVIIe siècles.
L’église Saint-Césaire n’a pas conservé son mobilier d’origine. La majorité des éléments visibles aujourd’hui provient de deux autres églises du quartier, aujourd’hui disparues ou désaffectées. Ce transfert d’objets liturgiques crée une atmosphère muséale particulière, où chaque œuvre porte en elle une double histoire : celle de son origine et celle de son intégration dans un nouvel espace.
Parmi les pièces notables, on trouve plusieurs statues polychromes en bois du XVIIe siècle, un confessionnal sculpté à la main en noyer, et surtout, au fond du chœur, l’ancien tableau du maître-autel de l’église Saint-Laurent, œuvre de Trophime Bigot réalisée en 1638. Bigot, natif d’Arles, est un représentant du caravagisme français : son traitement dramatique de la lumière et des ombres confère à la scène religieuse une intensité silencieuse, en harmonie avec l’austérité du lieu.
Juste à côté de l’église, en contrebas ou en bordure de ruelle, on peut encore apercevoir les restes du cloître des Grands Augustins. Peu visités mais d’un grand intérêt historique, ces vestiges permettent d’imaginer la disposition du couvent tel qu’il existait au XVe siècle : galeries en enfilade, jardin central, accès aux cellules et aux salles communautaires. Ce cloître, dont il subsiste quelques arcatures et une portion de mur, pourrait à terme faire l’objet d’une valorisation patrimoniale complémentaire à la visite de l’église.
Contrairement à d’autres lieux religieux très fréquentés d’Arles, l’église Saint-Césaire reste relativement confidentielle. Elle offre au visiteur curieux un espace de silence, de méditation et d’histoire, idéal pour une pause hors des foules, notamment en été. Son emplacement, légèrement en retrait, permet aussi de découvrir des ruelles moins connues du centre historique.
La visite est libre, mais des explications écrites sont souvent disponibles à l’entrée. Il est conseillé de venir en journée, lorsque la lumière naturelle met en valeur les volumes intérieurs. Le lieu accueille parfois des concerts de musique ancienne ou sacrée, qui révèlent toute l’ampleur acoustique de la nef gothique.
L’église Saint-Césaire, par sa discrétion, sa complexité historique et la beauté silencieuse de ses pierres, constitue une étape essentielle pour qui souhaite comprendre la stratification religieuse et architecturale d’Arles, au-delà des grands monuments visibles. Un lieu de mémoire recomposé, où l’histoire, la foi et l’art dialoguent encore.
Ce lieu se trouve dans le guide Arles .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Ouvert lors des offices et de manifestations ou expositions.
gratuit