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L'église Saint-Etienne de Beauvais est sans doute l'un des plus beaux édifices religieux de la ville avec la cathédrale. Construite dès le haut Moyen-Age, en dehors de la cité épiscopale, elle a toujours bénéficié d'un statut à part. Son style est à la fois roman et gothique et témoigne de sa longue histoire architecturale. La vie locale s'organise autour du nouvel édifice, avec entre autre la présence d'un cimetière au nord et d'une tribune aux harangues d'où s'exprimaient les personnalités importantes de la ville, située contre le bras nord du transept. Au début du XVIe siècle, l'architecte Michel de Lalict construit un nouveau chœur dans un style gothique flamboyant. C'est à cette époque que l'église se dote de ce qui fait sa réputation: sa magnifique verrière qui éclaire le chœur et a été réalisée par la famille Leprince, réputée pour avoir produit de nombreux maîtres verriers illustres. Le plus beau vitrail y représente l'Arbre de Jessé, c'est à dire l'arbre généalogique du Christ, et est dû à Engrand Leprince. A la fin du XVIe et au XVIIe siècle, l'ancien clocher est détruit et remplacé par une tour monumentale construite à l'emplacement des deux premières travées nord de la nef. La révolution voit l'église assez lourdement endommagée, en particulier ses vitraux et ses statues dont une partie importante disparaît dans la tourmente (par exemple la partie basse de l'arbre de Jessé). Deux campagnes importantes de restauration ont lieu à la fin du XIXe et au début du XXe siècle tout d'abord, à l'occasion desquelles des traces gallo-romaines sont mises au jour, puis durant les années 1950 suite aux importantes destructions dues aux deux guerres mondiales. Cette église originale, au style architectural éclectique, dispose de dimensions imposantes, puisqu'elle fait 86m de long. Elle surprend par l'alliance de sa nef et de son transept romans et de son chœur gothique. Ses magnifiques vitraux, ainsi que quelques belles statues, comme la pietà en pierre polychrome, ou la statue en bois peint de Sainte Wilgeforte datant du XVIe siècle, mais aussi la sculpture de la Roue de la Fortune qui orne le pignon du transept nord et qui surplombait autrefois la tribune aux harangues, et huit magnifiques petits tableaux peints sur bois datant des années 1510 et provenant sans doute d'un retable, valent singulièrement le coup d'œil. A voir pour les amateurs de belle architecture !
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : juin 2026