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Institution blockbuster de la Suisse romande, la Fondation Pierre Gianadda a le talent d'attirer des tableaux d'importance mondiale et de pulvériser tous les records de fréquentation. Si le lieu est plutôt détestable et la muséographie perfectible, les expositions programmées sont l'occasion de voir des tableaux spectaculaires drainant un public international : Picasso, Chagall, Renoir, Balthus... La Fondation sait également mettre l'accent sur le patrimoine local, cher aux coeurs des Suisses. Offre encore complétée par un parc de sculptures, un musée de l'automobile et un musée gallo-romain.
Située à Martigny, dans le canton du Valais, la Fondation Pierre Gianadda est une institution culturelle hors norme, devenue au fil des décennies l’un des phares artistiques de la Suisse romande. Nichée dans un écrin alpin au croisement des civilisations celtiques, romaines et contemporaines, elle réussit le tour de force d’attirer les plus grands noms de l’histoire de l’art, tout en préservant un ancrage local fort, à la fois patrimonial et affectif.
La fondation a vu le jour en 1978, à l’initiative de Léonard Gianadda, ingénieur, mécène et collectionneur, en hommage à son frère Pierre, tragiquement disparu dans un accident d’avion. Le bâtiment initial, construit sur les vestiges d’un temple gallo-romain, est à l’image de son fondateur : un carrefour entre mémoire, beauté, et innovation culturelle.
Depuis son ouverture, la fondation a acquis une réputation internationale en programmant des expositions temporaires de tout premier plan, souvent en partenariat avec les plus grands musées du monde : le Centre Pompidou, le musée d’Orsay, la Fondation Beyeler ou encore le musée Picasso.
La Fondation Gianadda est l’un des rares lieux d’art en Suisse à régulièrement accueillir des œuvres de Monet, Renoir, Cézanne, Van Gogh, Chagall, Giacometti ou Picasso, avec un souci de médiation parfois inégal, mais un choix d’œuvres d’une qualité remarquable. Les expositions temporaires y sont spectaculaires, denses, souvent chronologiques ou monographiques, et s’inscrivent dans une volonté de rendre l’art accessible à un large public.
Cette programmation « blockbuster » attire une fréquentation record, avec parfois plus de 300 000 visiteurs par an, ce qui en fait un lieu vivant, populaire, mais aussi très fréquenté, notamment en haute saison.
Le bâtiment principal, de béton brut et lignes géométriques simples, peut surprendre par son aspect austère, voire daté. La muséographie, bien que fonctionnelle, reste classique et parfois peu immersive — les amateurs de scénographie contemporaine pourront y voir une certaine froideur. Mais c’est aussi ce contraste entre la puissance des œuvres exposées et la neutralité du lieu qui donne à l’expérience sa singularité.
Il ne faut pas négliger l’environnement naturel, splendide en toute saison : les cimes enneigées en hiver, les vignes en terrasse au printemps et les forêts aux couleurs mordorées en automne participent à l’atmosphère poétique du site.
L’un des joyaux méconnus du lieu est le jardin de sculptures qui entoure la fondation, aménagé avec un sens subtil de la mise en espace. On y découvre des œuvres majeures de Calder, Miró, Henry Moore, Jean Arp, César, Richier ou Rodin, dans un dialogue saisissant avec les montagnes environnantes.
Le parc se visite été comme hiver, et le silence qui y règne contraste agréablement avec l’effervescence des salles d’exposition. C’est un lieu idéal pour flâner, contempler ou tout simplement respirer entre deux accrochages muséaux.
Autre surprise de taille : la collection privée d’automobiles anciennes de Léonard Gianadda, visible dans une aile à part. Plus de 50 véhicules d’époque, soigneusement restaurés, de la Bugatti à la Rolls-Royce, témoignent de l’élégance mécanique du XXe siècle. Ce musée ravira autant les passionnés de design automobile que les visiteurs curieux d’explorer un pan inattendu de la fondation.
Enfin, n’oubliez pas que la Fondation Gianadda repose littéralement sur les fondations d’un temple gallo-romain, mis au jour en 1976. Une salle en sous-sol est consacrée à ce passé antique et présente des fragments de colonnes, des statues, des inscriptions latines et d’autres objets exhumés sur place. Un lien discret mais puissant avec l’histoire profonde de Martigny, anciennement Forum Claudii Vallensium.
Lieu : Martigny, accessible en train (gare à 15 minutes à pied), ou en voiture depuis Lausanne (1h) ou Genève (1h30).
Horaires : ouvert tous les jours, même les jours fériés. La billetterie est fluide mais la réservation est conseillée lors des grandes expositions.
Billet unique : donne accès à toutes les sections de la fondation (exposition temporaire, sculpture, automobile, archéologie).
Durée de visite idéale : 2h30 à 3h. Prévoir un peu plus de temps si vous flânez dans le parc ou faites une pause au café du musée.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Ouverture : Tous les jours de 10h00 à 18h00
Note : La section d'Art ferme temporairement entre les expositions.
Adultes : 20 CHF
Personnes âgées : 18 CHF
Familles : 42 CHF
Étudiants : 12 CHF
Avis de voyageurs sur Fondation Pierre Gianadda, Canton du Valais
L'entrée est très (trop chère) à 20 CHF (pas loin de 17 euros en ce moment), le personnel n'est pas hyper convivial (enfin au moins trois personnes désagréables en une heure trente de visite), les pièces des collections sont superbes et les expositions temporaires en général de bonne qualité (même si la notion même de conservation pêche un peu). La collection de voitures anciennes est impressionnante, les statues en extérieur dans le jardin signées de grand noms.