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Vous êtes maintenant face à la cathédrale du Saint-Sauveur et l’Institut d’Études Politique est dans votre dos. Au premier coup d’œil, que voit-on ? On voit une longue façade qui ne semble pas se développer en profondeur, mais tout en longueur et faite de bric et de broc. Irrégularité, mauvais goût ? Jadis, le manque d‘homogénéité de la cathédrale fut perçu comme un défaut, un jugement somme toute superficiel qui revient à lier « beauté » et « homogénéité ». Que dire alors du palais du Louvre ? Non, ce qu’il faut retenir, c’est que l’irrégularité de la façade de la cathédrale d’Aix rend lisible l’histoire complexe de l’édifice et donc de la ville. Au même titre que les façades des palais baroques racontent l’histoire, cette cathédrale est un grand livre ouvert.
L’épaisseur historique laisse rêveur: les éléments d’architecture vont du 4e au 18e siècle, de Constantin le Grand à Louis 14 ! Rien que ça ! Alors, regardons respectueusement cette longue et vieille façade. Et ensuite nous entrerons dans la cathédrale. Restez sur la place de l’université, mais placez-vous juste dans l’axe de la porte d’entrée de la cathédrale, juste à droite du grand portail gothique. Concentrons sur cette façade, il semble bien qu’à Aix-en-Provence, on ne détruise pas ! Non, ici on préfère réemployer, superposer, juxtaposer et la façade est composée d’au moins 3 époques. Tout d’abord, portez votre regard à droite de l’entrée.
Vous voyez un grand mur noirci par le temps et rythmé par des fenêtres. Ce mur est composé de grosses pierres à bossage c'est-à-dire d’un léger relief disposé soigneusement les unes contre les autres, avec une grande régularité. Ces pierres sont très différentes du reste de la façade. En fait, elles proviennent du forum romain, lequel se trouvait justement à cet endroit de la ville. Elles ont été réemployées au 12e siècle dans la construction de ce mur fermant le cloître de la cathédrale du Saint-Sauveur. Juste à côté, à gauche, se trouve la partie de la façade qui correspond à l’entrée actuelle de la cathédrale. Comparez les deux murs : cette fois, c’est moins la monumentalité que la simplicité qui retient votre regard. Regardez, il s’agit d’une façade lisse couronnée par un oculus, une sorte de fenêtre circulaire et décorée d’un portail très délicat.
Ce portail est encadré par deux délicates colonnes. Celle de droite est torsadée, celle de gauche cannelée. Au-dessus, la corniche de la porte est soulignée par un décor composé d’une succession d’oves de petits œufs alignés et de denticules, de petites dents, et de minuscules consoles, comme dans les décors des temples païens. Un décor plutôt antiquisant donc pour une porte qui date elle du 12e siècle, c'est-à-dire de l’époque romane. Cela à de quoi surprendre ! Et bien pas tant que cela, car en Provence, l’art antique n’a jamais cessé d’inspirer les architectes et les sculpteurs. Après tout, les vestiges romains étaient conservés en grand nombre dans la région par exemple à Arles, Nîmes, Saint-Rémy-de-Provence et bien sûr à Aix-en-Provence.
Mais non contents d’observer les ruines du passé, les artisans médiévaux en assimilèrent l’esprit au point de créer une synthèse originale entre le passé et leur époque. C’est vérifiable dans la qualité technique de la porte de la cathédrale : voyez comme le travail est maîtrisé, comme la forme est comprise : la main du sculpteur ne tremblait pas. Finalement, on peut dire, qu’au 12e siècle dans l’art roman, on assiste à une véritable renaissance de l’art antique ! Et la Provence fut à la tête de ce mouvement ! Comme quoi, il ne faut pas tout donner à l’Italie…
La cathédrale Saint-Sauveur de Bruges (Sint-Salvatorskathedraal) est bien plus qu’un simple édifice religieux : elle est le reflet vivant de l’histoire de la ville, de son évolution artistique et de sa ferveur spirituelle. Dominant le centre historique de Bruges, cette cathédrale impressionne par sa silhouette robuste et sa riche décoration intérieure, mêlant harmonieusement art roman, gothique et baroque. Une visite de cet édifice invite à un voyage dans le temps, entre piété médiévale et splendeur artistique.
La construction de la cathédrale Saint-Sauveur s’est étalée sur plusieurs siècles, débutant au XIIe siècle et s’achevant à la fin du XVe siècle. Ce long processus a conféré à l’édifice une architecture éclectique. Les parties les plus anciennes, notamment la nef et le transept, témoignent d’un style roman austère, avec des murs épais et des ouvertures étroites. Au fil des agrandissements, le style gothique s’est imposé, visible dans les arcs brisés et les hautes fenêtres qui inondent l’intérieur de lumière.
L’imposante tour en briques rouges, culminant à 99 mètres, est l’une des caractéristiques majeures de la cathédrale. Achevée au XIXe siècle après un incendie, elle fut conçue pour rivaliser avec celle de l’église Notre-Dame de Bruges. Cette tour, plus massive que fine, reflète la volonté de réaffirmer le statut de la cathédrale comme cœur spirituel de la ville.
Dès l’entrée, l’intérieur de la cathédrale impressionne par la richesse de son décor. Le jubé, élément rare en Europe, sépare la nef du chœur et constitue une véritable œuvre d’art. Cet ouvrage sculpté est surmonté d’un orgue majestueux, réalisé par le facteur d’orgue Jacobus Van Eynde au XVIIIe siècle. Sa présence évoque l’époque où les jubés servaient à marquer la séparation symbolique entre les laïcs et le clergé, avant que le concile de Trente n’en ordonne la suppression dans la majorité des églises.
Les stalles en bois sculpté, datant du XVe siècle, sont finement décorées de motifs floraux et de figures religieuses. Elles témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans brugeois. Les tapisseries qui ornent la nef et le chœur, tissées aux XVIIe et XVIIIe siècles, illustrent des scènes bibliques et ajoutent une touche de chaleur et de couleur à la solennité des pierres.
Le chœur abrite plusieurs mausolées, notamment ceux des évêques de Bruges, sculptés dans des marbres délicats. Ces tombeaux, richement ornés, sont de véritables chefs-d’œuvre de la sculpture funéraire, offrant un aperçu des rites et des coutumes liés à la mort et au pouvoir ecclésiastique à travers les siècles.
La cathédrale Saint-Sauveur est également célèbre pour son musée d’art sacré, installé dans les chapelles annexes. Ce musée conserve une remarquable collection de peintures, de tapisseries et d’objets liturgiques. Parmi les trésors exposés, on peut admirer des œuvres de grands maîtres flamands tels que Dirk Bouts et Hugo van der Goes, figures majeures de la peinture du XVe siècle. Ces toiles illustrent des scènes religieuses d’une grande intensité émotionnelle et offrent un témoignage précieux de la piété médiévale.
Les reliquaires exposés dans le musée sont d’une finesse remarquable. En or, argent ou pierres précieuses, ils étaient conçus pour abriter les restes sacrés des saints et reflètent la richesse et la dévotion des confréries brugeoises. L’orfèvrerie religieuse, souvent réalisée par des maîtres locaux, est ici représentée dans toute sa splendeur.
Au-delà de ses richesses artistiques, la cathédrale Saint-Sauveur a toujours joué un rôle central dans la vie religieuse et sociale de Bruges. Église paroissiale jusqu’au XIXe siècle, elle devint cathédrale après la suppression de l’évêché de Bruges en 1834. Elle a traversé les époques sans jamais perdre son importance, résistant aux guerres, aux incendies et aux transformations urbaines.
L’église a également été le témoin de nombreux événements historiques. Elle accueillait les grandes processions religieuses et les cérémonies solennelles de la ville. Sa position centrale faisait d’elle un point de repère essentiel dans la vie quotidienne des habitants.
1. Prendre le temps d’observer les détails :
La richesse de la décoration intérieure mérite une visite attentive. Le jubé, les stalles et les tapisseries regorgent de détails fascinants. Prendre le temps de contempler les sculptures et les peintures permet de mieux saisir la profondeur artistique du lieu.
2. Visiter le musée d’art sacré :
Le musée abrite des œuvres souvent méconnues mais d’une grande valeur historique et artistique. Une visite guidée peut s’avérer précieuse pour comprendre le contexte de ces chefs-d’œuvre.
3. Assister à un concert d’orgue :
Le grand orgue de la cathédrale est régulièrement utilisé pour des concerts. Ces événements permettent de découvrir la puissance sonore de l’instrument et d’apprécier l’acoustique exceptionnelle du lieu.
4. Explorer les alentours :
La cathédrale est idéalement située dans le centre historique de Bruges. Une promenade dans les rues pavées environnantes permet de découvrir d’autres joyaux architecturaux, comme l’église Notre-Dame ou le beffroi.
Souvent éclipsée par des édifices plus célèbres de Bruges, comme le beffroi ou l’église Notre-Dame, la cathédrale Saint-Sauveur mérite pourtant toute l’attention des visiteurs. Elle offre une immersion unique dans l’histoire religieuse et artistique de la ville, alliant sobriété architecturale et richesse décorative. Ce lieu, à la fois majestueux et intime, est le reflet d’une Bruges spirituelle et raffinée.
Visiter la cathédrale Saint-Sauveur, c’est entrer dans un sanctuaire chargé d’histoire, où chaque pierre et chaque œuvre raconte la foi et la créativité d’un peuple. Une expérience authentique pour tout amateur d’art, d’histoire et de patrimoine.
Ce lieu se trouve dans le guide Aix-en-Provence .
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Du lundi au vendredi :
Matin : 10h00 à 13h00
Après-midi : 14h00 à 17h30
Samedi et dimanche : Horaires plus restreints (à vérifier selon les périodes).
Accès libre : Pour les espaces principaux.
Accès au Trésor : Payant (tarifs spécifiques à consulter sur place).