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Situé dans la vieille ville de la Havane dans l’ancien palais présidentiel du dictateur Batista, magnifique édifice ! Ce musée est composé de plus de 30 salles qui retrace l’Histoire de Cuba chronologiquement. De la période coloniale à la libération en insistant sur la lutte du Che et l’édification du socialisme, la richesse de la collection d’objet et de photos donne du sens à l’Histoire. Bouleversant, il constitue une étape incontournable si vous voulez vraiment comprendre l’histoire de ce peuple en lutte pour sa souveraineté. Vous ne pourrez pas passer à côté du « Granma » sans être impressionné ! Ce yacht de 18m de long servi au Che, à Fidel ainsi qu’à 80 de ses compagnons à faire la traversée du Mexique à Cuba en 1956. L’intérieur ne se visite pas
Au centre de La Vieille Havane, dans l’ancien palais présidentiel de la République de Cuba, se dresse l’imposant Musée de la Révolution (Museo de la Revolución), lieu incontournable pour quiconque souhaite comprendre les luttes qui ont façonné l’identité cubaine contemporaine. Ce musée ne se contente pas de documenter les événements : il les met en scène, les fait vivre et vibrer, dans un décor monumental qui fut jadis le cœur du pouvoir d’avant 1959.
Le bâtiment qui abrite aujourd’hui le musée n’est pas anodin : il s’agit de l’ancien palais présidentiel de Fulgencio Batista, dictateur renversé par la révolution de Fidel Castro. Construit entre 1913 et 1920 dans un style néoclassique et éclectique, il fut conçu par les architectes Paul Belau et Rodolfo Maruri, et sa décoration intérieure fut confiée à Tiffany & Co. de New York. Les salons sont somptueux : marbre, dorures, lustres de cristal, fresques… tout évoque le faste d’une république bourgeoise dont la chute brutale contraste avec l’austérité révolutionnaire qui suivit.
Marcher dans ces couloirs, c’est arpenter une page d’histoire vivante, là même où furent prises des décisions majeures, et où la révolution a fait irruption.
Le musée se déploie sur plus de 30 salles d’exposition, organisées de manière chronologique. L’objectif est clair : offrir une lecture complète de l’histoire nationale, depuis la colonisation espagnole jusqu’à l’édification du socialisme.
Les premières salles retracent la période coloniale, la traite esclavagiste, les luttes pour l’indépendance menées par des figures comme José Martí, le héros national, mort en 1895. On y voit des documents d’époque, des armes de fortune, des uniformes des mambises (les guérilleros anticolonialistes), et une riche iconographie de la fin du XIXe siècle.
Le musée accorde une place centrale à la révolution de 1953-1959, à travers des photographies saisissantes, des objets personnels du Che, de Fidel et de Camilo Cienfuegos, des documents d’archives, ainsi que des récits détaillés de la guérilla dans la Sierra Maestra. Les maquettes, les lettres manuscrites, les armes et les uniformes plongent le visiteur dans le quotidien des insurgés.
Une grande salle est dédiée à l’attaque de la caserne Moncada, tentative révolutionnaire de 1953 menée par les jeunes insurgés, prélude à l'exil et à la traversée historique à bord du Granma. Plus loin, on découvre la chute de Batista, le 1er janvier 1959, dans une scénographie dramatique qui oppose les symboles de l’ancien régime aux visages des libérateurs.
Les salles suivantes abordent les grandes réformes sociales de la révolution : alphabétisation de masse, accès universel à la santé, collectivisation des terres. On y voit également des extraits de discours, des affiches de propagande, et des objets du quotidien transformés par la pénurie et l’ingéniosité populaire.
La guerre froide, les tensions avec les États-Unis, la crise des missiles de 1962, les campagnes internationales (comme l’implication cubaine en Angola) sont aussi évoquées, dans une perspective résolument révolutionnaire et patriotique. Le musée ne masque pas son discours idéologique fort, qui fait aussi partie de l’expérience de visite.
Juste à côté du musée, dans une structure vitrée protégée comme un reliquaire, on peut admirer le mythique yacht Granma. C’est à bord de ce bateau de 18 mètres, prévu à l’origine pour 12 passagers seulement, que Fidel Castro, Ernesto “Che” Guevara, Raúl Castro et 80 compagnons ont quitté le Mexique en novembre 1956 pour débarquer à Cuba et relancer la lutte armée.
Le Granma, silencieux et émouvant dans son écrin, est un objet de culte révolutionnaire. Il ne se visite pas à l’intérieur, mais la proximité permet d’en percevoir la fragilité, et donc le courage des hommes qui l’ont embarqué pour changer l’histoire.
Autour de cette salle, d’autres objets militaires sont exposés : jeeps, chars soviétiques, avions utilisés lors de la bataille de la Baie des Cochons, illustrant la militarisation de l’île dans les années 60.
Visiter le Musée de la Révolution, c’est bien sûr s’imprégner de la mémoire officielle cubaine, mais c’est surtout comprendre la profondeur d’un combat national pour l’indépendance et la souveraineté, mené contre les empires successifs – Espagne, puis États-Unis.
C’est aussi ressentir l’impact émotionnel d’une narration très incarnée : les portraits, les témoignages, les objets intimes (montres, lettres, carnets, lunettes…) rendent le parcours profondément humain.
Bien que l’approche soit parfois univoque, elle donne accès à une clé de lecture essentielle de l’histoire cubaine contemporaine, pour peu qu’on la complète par d’autres sources et lectures.
Localisation : Vieille Havane, Calle Refugio n°1, entre Zulueta et Monserrate
Durée conseillée : 1h30 à 2h pour une visite approfondie
Horaires : généralement ouvert de 10h à 17h, du mardi au dimanche (à vérifier localement)
Tarif : modéré, paiement souvent en pesos convertibles ou en monnaie étrangère (prévoir espèces)
Langues : les panneaux sont en espagnol, mais un livret ou une application en français/anglais est souvent disponible
Conseil : combinez la visite avec une promenade dans la Vieille Havane, ou une halte au Musée des Beaux-Arts voisin, pour découvrir le contraste entre l’histoire révolutionnaire et l’héritage culturel classique.
Ce lieu se trouve dans le guide La Havane .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Ouvert tous les jours de 10:00 à 17:00.
Entrée: 4 $CU Visité guidée (anglais ou espagnol) : 2 $CU