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Originellement quartier des délices, Yoshiwara est aujourd'hui un quartier semblable à bien d'autres depuis la loi de 1956 sur l'interdiction de la prostitution. Cependant, une facétie règlementaire fait que les nouveaux"bains turcs"perpétuent à leur manière la tradition. Notez que la maison Matsumaya, elle, organise des spectacles de geisha destinés principalement aux touristes.
Autrefois le centre névralgique du plaisir à Edo, Yoshiwara est un quartier chargé d’histoire, où le faste et la séduction régnaient en maîtres. Fondé au XVIIᵉ siècle, il fut le quartier des plaisirs officiel de la capitale durant des siècles, attirant seigneurs, samouraïs et riches marchands venus chercher divertissement et raffinement.
Aujourd’hui, après l’interdiction de la prostitution en 1956, Yoshiwara a perdu son prestige d’antan. Cependant, derrière ses façades modernes, il subsiste des vestiges de son passé sulfureux, notamment à travers des établissements aux pratiques ambiguës et des spectacles évoquant la tradition des geishas et des courtisanes de haut rang.
Dès 1617, sous l’ordre du shogun Tokugawa Ieyasu, la prostitution fut strictement encadrée et centralisée dans un quartier unique : Yoshiwara. Situé à l’origine près de Nihonbashi, il fut déplacé en 1657, après un incendie, vers son emplacement actuel dans le district de Taitō.
Yoshiwara n’était pas qu’un simple quartier de prostitution : c’était un monde à part, clos par des barrières, où les femmes ne pouvaient sortir qu’avec une permission spéciale. Les visiteurs, en revanche, étaient conviés à un univers d’élégance et de mystère, où se côtoyaient l’art, la poésie et le divertissement.
Le quartier était peuplé de courtisanes de haut rang, les oiran, dont la culture et le raffinement surpassaient de loin leur simple fonction de compagnes. Ces femmes maîtrisaient la musique, la danse, la poésie et l’étiquette, et choisir une oiran était un privilège réservé aux élites.
Après la loi anti-prostitution de 1956, Yoshiwara perdit officiellement son statut de quartier des plaisirs. Pourtant, une zone d’ombre juridique permit l’émergence des "bains turcs", des établissements proposant des services intimes sous couvert de prestations de spa. Aujourd’hui, bien que ces établissements aient été rebaptisés soaplands, ils perpétuent à leur manière l’héritage de Yoshiwara.
Cependant, au-delà de ces activités discrètes, le quartier a conservé certains éléments de son passé légendaire. On y trouve encore des rues aux allures d’antan, des lampions éclairant les ruelles le soir, et quelques bâtiments qui rappellent son histoire unique.
Si la culture des oiran s’est éteinte avec Yoshiwara, celle des geishas perdure dans quelques endroits comme la Maison Matsumaya. Cet établissement organise des spectacles de geishas, principalement destinés aux touristes, permettant de découvrir cet art raffiné de la danse, du chant et du shamisen.
Contrairement aux oiran, les geishas n’étaient pas des courtisanes, mais des artistes dédiées à l’élégance et au divertissement. Assister à un spectacle à la Maison Matsumaya, c’est plonger dans un Japon d’autrefois, où le raffinement du geste et la subtilité des conversations primaient sur toute autre forme de séduction.
Même si l’atmosphère d’Edo a disparu, quelques lieux témoignent encore de l’histoire singulière de Yoshiwara :
Yoshiwara n’est plus le centre du raffinement et du plaisir qu’il était sous Edo, mais il conserve une aura particulière, entre souvenirs du passé, traditions préservées et ambigüités modernes.
En s’y promenant, on ne peut s’empêcher d’imaginer les ruelles animées d’autrefois, où les oiran aux somptueux kimonos défilaient lentement, où les riches marchands discutaient sous la lumière des lanternes, et où l’art et la séduction s’entremêlaient dans une danse envoûtante.
Aujourd’hui, si Yoshiwara a changé, il reste un lieu chargé d’histoire, où le Japon d’autrefois semble encore murmurer à travers les rues et les spectacles qui perpétuent un peu de son passé fascinant.
Ce lieu se trouve dans le guide Tokyo .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025