La citadelle de Damas ne se visite pas vraiment puisque seule la cour centrale est accessible et pourtant, c'est un monument important de la vieille ville de Damas car, généralement, c'est de ce côté que l'on pénètre à l'intérieur des ruelles historiques délimitées par une ancienne muraille romaine qui encercle le centre historique. Située au nord-ouest de cette vieille ville, la citadelle fut tour à tour caserne pour les Ottomans puis prison jusqu'en dix neuf cent quatre vingt cinq. C'est le sultan Al-Adil, frère de Saladin dont on peut d'ailleurs voir la statue de bronze juste devant l'entrée, qui fut à l'origine de sa construction en 1207 mais les Mongols la détruisirent au cours de son histoire et les pierres qui furent remises debout, la citadelle les doit à Baïbars.
La citadelle de Damas : sentinelle de pierre aux confins du temps
Massive, silencieuse et peu fréquentée, la citadelle de Damas se dresse comme un bastion énigmatique aux marges nord-ouest de la vieille ville. Bien qu’elle ne soit que partiellement accessible au public, ce lieu recèle une importance historique et symbolique majeure : elle est non seulement un jalon dans l’urbanisme militaire du Proche-Orient médiéval, mais aussi une porte d’entrée vers les ruelles denses et vibrantes du vieux Damas, dont les fondations remontent à l’Antiquité.
Peu de visiteurs s’y attardent, et pourtant, c’est là que commence l’histoire physique de la ville ancienne pour ceux qui abordent Damas par ses murs ouest. Depuis la vaste esplanade devant l’entrée principale, on découvre la statue équestre du sultan Saladin, sabre levé, visage grave, une œuvre frappante de bronze inaugurée en 1993, qui marque la présence de cette figure mythique au cœur de la mémoire syrienne. À quelques pas de là, la cour centrale de la citadelle, seule partie aujourd’hui ouverte, invite à la contemplation d’un lieu chargé de siècles de conflits, de destructions et de reconstructions.
Une architecture militaire influencée par les croisades
La construction actuelle de la citadelle débute en 1207, à l’initiative du sultan Al-Adil Sayf ad-Din, frère de Saladin. Al-Adil fait ériger la forteresse selon les canons architecturaux défensifs de l’époque ayyoubide, influencés par les croisades et les fortifications franques : puissants bastions d’angle, murs crénelés, fossé défensif, tours de guet et courtines massives. C’est un ouvrage conçu pour résister aux sièges prolongés, capable d’abriter des troupes, des vivres et des chevaux.
La citadelle occupe une position stratégique, sur la rive nord du Barada, dominant l’entrée vers l’ouest de la ville romaine. Cette position, dans l’angle des anciens remparts, la rendait presque autonome en cas d’attaque. L’enceinte romaine de Damas, encore visible par endroits, encercle toujours la vieille ville et trouve ici l’un de ses points d’ancrage les plus solides.
Une histoire de destructions et de résurrections
La citadelle fut plusieurs fois ravagée au cours de son histoire. Les Mongols, lors de leur passage dévastateur au XIIIe siècle, n’en laissèrent que ruines. Le sultan Baïbars, emblématique souverain mamelouk et héros de la résistance face aux croisés, entreprit alors une vaste campagne de reconstruction. Ce sont ses architectes qui relevèrent les murs écroulés et consolidèrent les défenses. Les pierres dressées aujourd’hui, souvent taillées dans du basalte noir et du calcaire clair, portent encore les marques de ces reconstructions mameloukes : inscriptions en kufique, motifs géométriques sobres, et usage de consoles à muqarnas pour les entrées monumentales.
À l’époque ottomane, la citadelle change de fonction : elle perd sa vocation militaire directe pour devenir caserne, puis prison, usage qu’elle conservera jusqu’en 1985. Les cellules, cachots et passages étroits, longtemps fermés au public, évoquent aujourd’hui une histoire plus sombre du lieu, liée à la répression, aux détentions arbitraires et à la surveillance de la dissidence.
Une visite partielle, mais essentielle
Aujourd’hui, l’intérieur de la citadelle reste largement inaccessible, en partie pour des raisons de conservation et de sécurité. Seule la vaste cour intérieure est ouverte aux visiteurs. Cette cour, dont les dimensions impressionnent par leur géométrie stricte et la robustesse des matériaux, est cernée de murs imposants. Elle offre une perspective rare sur l’organisation défensive du lieu : cheminées militaires, fondations d’anciens quartiers, bases de tours. Il n’est pas rare d’y croiser des archéologues syriens ou des équipes en charge de la restauration des structures internes.
La citadelle est aujourd’hui au cœur d’un vaste programme de réhabilitation patrimoniale lancé avant la guerre, puis ralenti, mais toujours en cours de reprise. L’objectif est de restaurer non seulement les structures, mais aussi de réinsérer la citadelle dans le tissu urbain vivant de Damas, en la reliant aux souks et au tissu commerçant qui borde le quartier occidental. On y perçoit déjà cette transition à travers les échoppes de la rue Al-Hamidiyah toute proche, où le tumulte des marchands contraste avec le silence de pierre du monument.
Un espace de mémoire et de résistance
Malgré son accès limité, la citadelle reste hautement symbolique pour les Damascènes. Elle est le témoin des puissances qui se sont succédé, de la gloire des Ayyoubides à la répression ottomane, du pillage mongol aux restaurations mameloukes. Les enfants l’aperçoivent sur le chemin de l’école, les anciens la désignent comme repère, les historiens y voient une mémoire minérale du pouvoir.
Le lieu est aussi un emblème de résilience : plusieurs fois détruite, reconstruite, détournée de sa fonction initiale, elle demeure là, immobile mais vivante. Chaque pierre porte les traces des temps, et même dans l’absence d’un accès complet, elle impose une présence inébranlable.
Pour les voyageurs qui s’intéressent à l’histoire militaire, à l’urbanisme ancien ou à la géopolitique du Moyen-Orient, s’arrêter à la citadelle, même brièvement, permet de reconnecter Damas à sa dimension stratégique. Elle rappelle que cette ville, aujourd’hui encadrée de minarets et d’immeubles, fut aussi un nœud défensif, un poste d’observation, un verrou entre désert et montagne.
Le regard porté depuis la cour sur la ville offre une vue inhabituelle sur les toits de la vieille ville, un entrelacs de terrasses, de coupoles et d’antennes, avec en arrière-plan le murmure incessant de Damas. Une halte brève, mais chargée de profondeur, dans un lieu que l’on traverse souvent trop vite.
Ce lieu se trouve dans le guide Damas .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
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- Adresse : , Damas
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Avis de voyageurs sur La citadelle de Damas, Damas
De grands travaux ont été réalisé dans la citadelle de Damas .Le site a ouvert ses portes au public vers la fin Septembre de cette année .Nous avons obtenu ces informations cet été ; nous avons pu constaté de très belles salles en restant à la limite de la porte du chantier . La visite devrait être fort intéressante .