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Comme vous le constatez l’église est presque circulaire. Pour être exacte, elle est octogonale. Ce type de plan d’église se nomme plan centré. Au centre, nous avons la nef qui est recouverte de la vaste coupole sous laquelle nous sommes assis. Tout autour, nous avons des alcôves – ces grandes ouvertures ornées d’arcs en marbre polychromes soutenant des galeries. N’est-ce pas une superbe image d’abondance ? Ensuite, levons la tête : nous remarquons que la coupole repose elle même sur 8 grands arcs soutenus par les piliers qui séparent les alcôves. Regardons au sommet de ces piliers : nous pouvons voir de grandes statues blanches ! En tout, nous voyons 8 sculptures de personnages historiques. Il s’agit de 4 religieux réformateurs et de 4 princes allemands qui aidèrent au développement de la réforme protestante. Nous pouvons lire les noms de ces figures sur le socle les supportant. Commençons par regarder à droite du chœur: Nous reconnaissons Huldrych Zwingli et Martin Luther ; Puis à gauche du chœur : Philippe Melanchthon et Jean Calvin. De l’autre côté, c’est à dire en face du chœur. Nous voyons à droite de l’entrée par laquelle nous sommes venus : Albrecht de Prusse et Joachim 2 de Prusse et enfin à gauche de l’entrée Frédéric le Sage et Philippe le bon. Disons quelques mots rapides sur chacune de ses personnalités si importantes pour le monde protestant. Zwingli est né en Suisse en 1484 et poursuivit des études de théologie. Il fut ordonné prêtre et nommé à Zurich en 1519. Il était convaincu de l’importance de la Bible et commença rapidement à prêcher contre tout ce qui n’était pas biblique. C’est à dire qu’il rejeta les images, les saints et les reliques. Il s’engagea ouvertement contre le célibat des prêtres et l’eucharistie. En 1522, malgré les protestations de pape, le conseil de Zurich reconnut les thèses de Zwingli. En 2 ans, la réforme était en place dans la cité et le catholicisme exilé. En 1529, une guerre civile éclata entre les cantons catholiques et les protestants. Zwingli mourut au combat. Nous connaissons déjà Melanchthon et Luther que nous avons rencontrés sur la façade. Le dernier personnage, Jean Calvin était français. Il naquit à Noyon et entreprit des études de droit et de langues classiques. Il se pencha sur les mouvements réformateurs qui secouaient l’Allemagne et la Suisse et rompit en 1532 avec le catholicisme pour se proclamer évangélique. Il se réfugia alors à Bâle où il publia son ouvrage "Christianae religionis institutio" (Institution de la Religion chrétienne). Il acquit d'un coup le renom international d'un grand théologien. En 1536, il s’installa à Genève, mais 2 ans plus tard, les habitants excédés par sa doctrine sévère le renvoyèrent. Ses proches ayant pris le pouvoir, il revint en 1541 à la demande des genevois et transforma de fond en comble l'Eglise et l'Etat de Genève et en fit la "Rome protestante". Il mourut en 1564 laissant une ville florissante, mais où régnait une doctrine particulièrement sévère et rigide. Penchons nous maintenant sur le cas des princes, moins connus bien sûr, mais sans qui les Luther et Melanchthon auraient été de simples hérétiques broyés par l’institution religieuse. Albrecht de Prusse est le premier électeur protestant du Brandebourg, il était à l’origine calviniste. Joachim 2, son fils amena la Réforme dans ses états et en particulier à Berlin. Frédéric le sage fut prince électeur de Saxe et surtout le protecteur de Luther. C’est sur les portes de l’église de son château à Wittenberg que Luther accrocha en 1517 ses 99 thèses qui déclenchèrent la Réforme. Le dernier souverain, Philippe le bon était landgrave de Hesse à l’époque de Luther et il mit ses armées au service des protestants. Il étudia la bible comme aucun autre prince de son temps. Il fut également très respecté par son ennemi juré : Charles Quint, chef des catholiques. Et maintenant, juste au dessus de ces statues, regardons les 4 bas reliefs blancs qui se trouvent au dessus des arcatures soutenant la coupole. Admirons la délicatesse de ce travail. Ces reliefs ont été réalisés par le sculpteur Otto Lessing dans une technique moderne. Les reliefs sont réalisés dans une sorte de pâte faite d’un mélange de métal et de sable et non de stuc. C’est un peu comme un ancêtre du ciment. Commençons par le relief au dessus de l’arcade située à gauche du chœur. Voyez-vous ce relief ? Nous y voyons plusieurs personnes ramassant des pierres sur le sol pour les lancer sur un homme blessé : il s’agit de la lapidation de Saint Etienne. Puis, à droite de ce relief: Pierre et Jean soignant l’agneau. Puis au dessus de la troisième arcature: nous voyons un homme en toge qui tient un discours devant une foule assemblée, il s’agit de Paul prêchant à Athènes et enfin à droite du chœur : nous voyons un personnage en armure romaine qui tombe de cheval. C’est Paul, centurion romain, qui a la révélation.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : juin 2026