
Cathédrale de Dijon depuis 1792, Saint-Bénigne est à l'origine une église abbatiale et l'un des plus grands monuments romans de son époque. L'évêque Grégoire de Langres décide en 511 de la construction d'une basilique sur l'emplacement d'une ancienne nécropole gallo-romaine. Après avoir transformé la basilique ruinée en abbatiale peu avant 870, l'évêque de Langres Isaac y installe une communauté bénédictine. En 989, Brun de Roucy, également évêque de Langres, réforme l'abbaye et décide de l'envoi d'une douzaine de moines clunésiens à Dijon, dont Guillaume de Volpiano. De Roucy, esprit très éclairé, réforme une fois de plus le monastère et y établit de rigoureuses règles bénédictines. Il acquiert une notoriété sans précédent et laisse son empreinte sur l'édifice en faisant reconstruire entièrement et pour la troisième fois le sanctuaire de Saint-Bénigne. En 1137, Dijon est ravagée par un incendie, l'abbatiale est fortement touchée. L'abbé Pierre décide sa reconstruction et insère au nouvel édifice de pur style roman : la rotonde. Mais le sort s'acharne sur les lieux. Le 14 février 1271, la majeure partie de l'édifice s'effondre, entraînée par la chute du haut clocher. Encore une fois, la rotonde résiste. L'actuelle église est construite en 1280 sous l'impulsion de l'abbé Hugues d'Arc. Sa construction prend plus d'un siècle, il faut attendre 1393 pour la consécration de l'ensemble enfin achevé. Après avoir été un temps sous le contrôle des Mauristes, l'abbaye subit la dissolution des ordres religieux en 1790 et la dispersion de ses derniers moines. Deux ans plus tard, l'évêque Volfiud décide d'en faire le siège d'un nouvel évêché et consacre l'abbatiale comme cathédrale. Quand à la rotonde, après avoir supporté de nombreuses épreuves, ses deux étages sont détruits pendant la Révolution. Transformé en Temple de la Raison le temps de la Terreur, la cathédrale est rendue au culte en 1795. Si beaucoup ont oublié l'histoire de l'édifice, la façade en est elle empreinte. De sa vocation abbatiale, la cathédrale a conservé cette austérité monastique si caractéristique. Levez les yeux vers la toiture, typiquement bourguignonne avec ses tuiles laquées multicolores. La façade s'élève, encadrée des ses deux tours jumelles hexagonales. Le portail a lui, été de nombreuses fois remanié au début du XIXe siècle. A l'intérieur y règnent sobriété et dépouillement.La nef comprend elle deux collatéraux et cinq travées. Observez les voûtes du choeur et du transept qui donnent une impression de légèreté. Ne manquez surtout pas l'orgue construit entre 1740 et 1745 par les frères Riepp. Avec son jeu de montre de 32 pieds au clavier, le grand orgue est l'un des plus importants réalisés en province à cette époque. Reconstruit en 1787 par Jean Richard de Troyes, l'orgue voit son clavier être étendu. Soucieuse de conserver un maximum de temps encore cet édifice phare de Dijon, la municipalité entreprend depuis des années des projets de restauration de la façade, noircie par le temps et la pollution. Il n'est donc pas rare de voir l'un de ses côtés caché sous les échaffaudages.
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Posté le mardi 02 décembre 2008 à 13:53