Road trip en Australie : prendre le volant sans mauvaise surprise

Photo Road trip en Australie : prendre le volant sans mauvaise surprise ©

Rouler des heures sur une route déserte, s'arrêter sur une plage déserte, dormir en van face à l'océan et repartir au petit matin vers un parc national : le road trip australien fait partie de ces voyages qui se gravent pour la vie. Ici, la route n'est pas un moyen de transport, c'est une destination. Des falaises de la Great Ocean Road aux pistes rouges de l'Outback, l'Australie regorge de paysages vraiment incroyables.

Mais avant de partir à l'aventure, quelques préparatifs s'imposent. Conduite à gauche, distances, faune et règles administratives : prendre le volant en Australie demande un minimum d'anticipation.

 

Conduire à gauche : le premier réflexe à acquérir

 

En Australie, on roule à gauche, et le volant est à droite. Pour un conducteur européen, l'adaptation prend quelques heures. Le temps d'apprivoiser les ronds-points (à prendre dans le sens des aiguilles d'une montre), les changements de file et le réflexe de regarder du bon côté aux intersections. Les premiers kilomètres en ville sont les plus déroutants.

 

Quelques informations utiles : la vitesse est limitée à 50 km/h en ville (parfois moins près des écoles), et jusqu'à 100 ou 110 km/h sur autoroutes. La ceinture est obligatoire pour tous les passagers, et la tolérance à l'alcool au volant est faible (0,05 g/l pour un conducteur expérimenté, zéro pour les jeunes permis). Le téléphone est interdit au volant. Les contrôles sont fréquents et les sanctions sévères.

 

Les distances et la faune : deux particularités à ne pas sous-estimer

 

L'Australie est un pays-continent. Sur la carte, deux points peuvent sembler proches ; sur la route, des centaines de kilomètres les séparent, parfois sans station-service ni réseau mobile. Avant chaque trajet dans des zones reculées, on fait le plein, on emporte de l'eau en quantité, et on prévient quelqu'un de son itinéraire.

La faune est l'autre grande spécificité locale. Kangourous, wombats et bétail traversent sans prévenir, surtout à l'aube et au crépuscule. La règle d'or des Australiens : éviter de conduire de nuit hors des villes. Sur les longues routes de l'Outback, on croise aussi des « road trains », ces camions de plusieurs remorques qu'il faut doubler avec une grande marge de sécurité.

 

Permis de conduire : ce que les voyageurs étrangers doivent savoir

 

En tant que visiteur (touriste, étudiant ou détenteur d'un Working Holiday Visa), vous pouvez conduire en Australie avec votre permis national en cours de validité. 

Il y a toutefois une condition essentielle, souvent négligée. Comme votre permis n'est pas rédigé en anglais, les autorités australiennes exigent qu'il soit accompagné d'un document officiel en anglais. Sans cela, en cas de contrôle, vous êtes en infraction. Et les loueurs de véhicules refuseront tout simplement de vous remettre les clés.

Deux options existent pour être en règle : le permis de conduire international, à demander dans votre pays avant le départ, ou bien faire traduire officiellement son permis de conduire par un traducteur agréé. C'est ici que les choses se compliquent un peu, car toutes les solutions ne se valent pas selon l'État où vous roulez.

 

En effet, l'Australie est une fédération : chaque État fixe ses propres règles. Et c'est un point crucial. Certains États, notamment le Queensland et le Western Australia, n'acceptent plus le permis international seul et exigent une traduction certifiée du permis national. Le gouvernement du Queensland précise d'ailleurs que tout permis non rédigé en anglais doit être accompagné d'une traduction reconnue, à présenter à la police lors d'un contrôle. Dans ces États, voyager avec un simple permis international peut vous valoir une amende. La traduction officielle, elle, est reconnue partout sur le territoire australien, ce qui en fait l'option la plus sûre et la plus polyvalente pour un road trip qui traverse plusieurs États.

Dans tous les cas, gardez toujours sur vous votre permis national original : la traduction (comme le permis international) ne le remplace pas, elle l'accompagne. Lors d'un contrôle, la police demande les deux documents ensemble.

La traduction officielle s'obtient en quelques jours. Lancez la démarche avant votre départ pour partir l'esprit tranquille. De son côté, France Diplomatie rappelle également aux voyageurs de se munir d'un permis international ou d'une traduction officielle en anglais avant de prendre la route en Australie.

 

Louer un van ou une voiture : les bons réflexes

 

La location est le moyen le plus simple de prendre la route à l'arrivée. La plupart des agences exigent que le conducteur ait au moins 21 ans (avec un supplément fréquent pour les moins de 25 ans). On vous demandera votre permis original accompagné de sa traduction en anglais, votre passeport et une carte de crédit pour la caution.

Le choix du véhicule dépend de votre style de voyage. Une petite voiture suffit pour explorer une région depuis une base fixe. Pour un vrai road trip itinérant, le van aménagé reste le grand classique du backpacker en Australie : il combine transport et hébergement, et fait partie intégrante de l'expérience. Pensez à bien vérifier l'état des lieux du véhicule au départ et à souscrire une assurance adaptée. Les franchises peuvent être très élevées en cas de pépin.

 

Trois itinéraires de road trip à ne pas manquer

 

L'Australie regorge de routes mythiques. Parmi eux, en voici trois qui font l'unanimité :

La Great Ocean Road, dans le Victoria, déroule ses 240 kilomètres de falaises spectaculaires, de plages et de forêts. Le clou du spectacle : les Douze Apôtres, ces piliers de calcaire dressés dans l'océan.

La côte Est, de Sydney à Cairns, est l'itinéraire favori des backpackers. On y enchaîne Byron Bay, les plages du Queensland, les îles Whitsundays et la Grande Barrière de corail, sur des semaines de voyage si le temps le permet.

Le Red Centre, autour d'Uluru et d'Alice Springs, offre une plongée dans l'Outback profond, ses paysages rouges et son ciel étoilé incomparable. Un itinéraire plus exigeant, qui demande une vraie préparation logistique, mais inoubliable.

 

Préparez vos papiers avant de partir

 

Conduire en Australie, c'est s'offrir une liberté sans équivalent. Pour en profiter pleinement, l'essentiel se joue avant même de prendre le volant : s'adapter à la conduite à gauche, respecter les distances et la faune, choisir le bon véhicule, et surtout réunir les bons documents. Permis national, traduction officielle en anglais reconnue dans tout le pays, passeport : avec ces papiers en règle, la route australienne n'attend plus que vous.