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Au coeur de la vallée de la Seine et en bordure de forêt, l' Abbaye Saint-Georges de Boscherville a été fondée au XII ème et XIII ème siècles sur un site païen, et à l'apogée de l'école romane normande. Elle a ensuite été occupée jusqu'au XVIII ème siècle pour accueillir à présent les visiteurs, dans un cadre naturel enchanteur. Cette belle abbaye bénédictine abrite toujours une église abbatiale sur un domaine de sept hectares, des bâtiments monastiques conçus par les moines mauristes, une chapelle des Chambellans et de magnifiques jardins à la française. Restaurés depuis peu et dévoilant un panorama sur les vallées de la Seine, ils comportent notamment quatre terrasses, le pavillon des vents, un potager, des plantes médicinales et un labyrinthe planté en ifs. Pour vous permettre de visiter l'Abbaye au mieux, vous sont proposés des visites pédagogiques et des parcours thématiques pour adultes et enfants. L'Abbaye accueille également de nombreuses expositions et concerts tout au long de l'année.
Accrochée au flanc d’un coteau dominant les boucles de la Seine, entourée de forêts profondes et de prairies ouvertes, l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, dans la commune de Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime), incarne l’un des plus beaux témoignages de l’architecture romane normande. Fondée sur les vestiges d’un site païen antique, elle offre aux visiteurs une expérience complète, mêlant histoire monastique, patrimoine architectural, jardins historiques et panoramas naturels saisissants.
Le site de Boscherville est habité depuis l’époque gallo-romaine, comme en témoignent les vestiges d’un temple païen découverts sur le plateau. À partir du VIIIe siècle, il accueille une première communauté religieuse. Mais c’est au début du XIIe siècle, vers 1113, que le site connaît une transformation décisive avec la fondation d’un monastère bénédictin, impulsée par Raoul de Tancarville, chambellan du duc de Normandie et compagnon d’armes de Guillaume le Conquérant.
L’abbaye prend rapidement son essor grâce à l’implication des seigneurs locaux et du pouvoir ducal, devenant un centre spirituel et agricole influent dans la région. Elle est agrandie aux XIIIe et XIVe siècles, puis profondément remaniée au XVIIe par les moines mauristes, qui modernisent les bâtiments tout en respectant le style roman originel. La communauté décline lentement au XVIIIe siècle, jusqu’à sa dissolution à la Révolution. Le site devient alors carrière de pierres, puis propriété privée, avant d’être restauré à partir des années 1960 et ouvert au public.
L’église abbatiale, dédiée à saint Georges, constitue l’un des plus beaux exemples d’art roman en Haute-Normandie, parfaitement conservée dans sa structure originelle. Construite entre 1113 et 1140, elle frappe par sa sobriété monumentale, son élévation claire et ses volumes équilibrés. Le plan est en croix latine, avec trois nefs, un transept saillant, un chevet plat, et un clocher carré sur croisée.
À l’intérieur, la blancheur du calcaire de Vernon, la légèreté des voûtes en berceau brisé, les colonnes massives aux chapiteaux sculptés et la clarté des ouvertures produisent une atmosphère d’une grande sérénité. Certains chapiteaux, ornés de motifs végétaux, de chimères ou de scènes bibliques, illustrent l’influence des ateliers de sculpture normands de l’époque, déjà imprégnés de culture anglo-normande.
Les restaurations ont respecté l’esprit roman, tout en rendant lisibles les phases ultérieures d’aménagements : notamment les ajouts mauristes du XVIIe siècle dans les tribunes et la sacristie, ou les vitraux modernes installés au XXe siècle.
Autour de l’église, les visiteurs peuvent explorer les anciens bâtiments monastiques : le réfectoire, la salle capitulaire, la cuisine, ainsi que les cellules des moines, reconstituées et aménagées selon les plans des mauristes, connus pour leur rigueur architecturale et leur sens pratique. Ces constructions témoignent de l’organisation quotidienne de la vie monastique : prière, lecture, travail manuel, silence.
Un édifice à part attire particulièrement l’attention : la chapelle des Chambellans, conçue pour accueillir les sépultures des seigneurs de Boscherville. Située à l’écart, elle associe une architecture sobre à une fonction mémorielle et aristocratique, rare dans un contexte monastique. Des fragments de gisants, des inscriptions funéraires et des cippes romans y ont été rassemblés.
L’un des joyaux de l’abbaye est son ensemble de jardins à la française, recréés sur le modèle des jardins monastiques du XVIIe siècle et aménagés en quatre terrasses successives, descendant doucement vers la vallée. Offrant une vue panoramique exceptionnelle sur la Seine et les villages environnants, ces jardins mêlent rigueur géométrique et usage symbolique, comme le souhaitaient les moines.
On y trouve :
Un jardin de plantes médicinales, appelé aussi jardin des simples, inspiré des herbiers médiévaux.
Un potager structuré, cultivé en permaculture et produisant légumes et herbes en toute saison.
Des parterres fleuris conçus comme autant d’évocations de la Création et de la lecture symbolique du monde naturel.
Un labyrinthe d’ifs, lieu de méditation et de jeu, qui évoque à la fois la pénitence et le parcours initiatique du croyant.
Un pavillon octogonal, nommé “pavillon des vents”, surplombe les terrasses et offre un point de vue imprenable sur la vallée. Il permettait autrefois aux moines d’observer les conditions météorologiques pour la gestion des cultures et du domaine.
L’abbaye Saint-Georges de Boscherville est aujourd’hui bien plus qu’un lieu de mémoire : c’est un espace vivant, culturel et pédagogique. Tout au long de l’année, elle accueille :
Des visites guidées thématiques, adaptées aux adultes, aux scolaires et aux familles.
Des parcours scénographiés, avec supports audio et jeux d’observation.
Des expositions temporaires dans les bâtiments conventuels, souvent consacrées à l’art sacré, à la botanique ou à la photographie.
Des concerts de musique ancienne ou sacrée, qui tirent parti de l’acoustique exceptionnelle de l’église romane.
Des ateliers de jardinage, de taille topiaire, de reconnaissance des plantes, en lien avec les jardiniers de l’abbaye.
L’abbaye est située à 12 kilomètres à l’ouest de Rouen, facilement accessible en voiture. Un parking gratuit est disponible à proximité immédiate du site. La visite complète (église, bâtiments conventuels, jardins) nécessite environ 2 heures, voire davantage si vous souhaitez participer à un atelier ou à une visite guidée.
Le printemps et l’automne sont les saisons idéales pour profiter pleinement des jardins, mais l’abbaye conserve un charme serein en toute saison. Il est recommandé d’apporter de bonnes chaussures, certaines zones extérieures étant en pente ou en gravier.
Des formules de visite couplées avec d’autres abbayes normandes (Jumièges, Saint-Wandrille) sont parfois proposées, notamment en période estivale.
Ouvert tous les jours sauf les 25 décembre et 1er janvier. Du 1er novembre au 31 mars : de 14:00 à 17:00. Du 1er avril au 31 octobre : de 9:00 à 18:30
Plein tarif : - Du 1er avril au 31 octobre : 5,5€. - Du 1er novembre au 31 mars : 5€. Tarif réduit (jeunes de 12 à 18 ans et étudiants) : 4€. Tarif famille (minimum deux adultes et un enfant de plus de 12 ans): 4,5 € par personne. Entrée gratuite pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés, les chômeurs et les handicapés
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : juin 2026