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Cette section se tient au 4ème étage, dans les salles 18 à 45. Elle expose les œuvres recouvrant la période de 1940 à aujourd'hui. On s'arrêtera devant l'abstraction géométrique comme les œuvres de Poliakoff dans la salle 13. En salle 17, la Figura Tumbada de Bacon, et enfin, dans la salle 19, on contemplera les monochromes d'Yves Klein.
Le Centre national d’art Reina Sofía consacre une section passionnante aux mouvements artistiques de l’après-guerre civile espagnole, retraçant l’évolution de la création contemporaine de 1940 à aujourd’hui. Située au 4ᵉ étage du musée, cette exposition occupe les salles 18 à 45 et offre un vaste panorama des courants qui ont émergé en réaction aux bouleversements politiques et sociaux du XXᵉ siècle.
L’après-guerre civile espagnole a été marqué par une censure rigoureuse du régime franquiste, freinant toute forme d’expression avant-gardiste. Pourtant, malgré cet étouffement culturel, l’Espagne n’est pas restée en marge des grandes tendances artistiques internationales. De nombreux artistes, parfois contraints à l’exil, ont contribué à faire évoluer les langages artistiques en s’inscrivant dans des courants majeurs tels que l’abstraction géométrique, l’expressionnisme ou encore l’art conceptuel.
L’un des moments forts de cette section du musée est sans aucun doute l’exploration de l’abstraction géométrique, un courant qui s’est imposé dès les années 1940 et qui trouve une place centrale dans ces salles. En salle 13, on peut admirer les compositions épurées et équilibrées de Serge Poliakoff. Cet artiste d’origine russe, proche de l’École de Paris, joue sur la juxtaposition de formes colorées et imbriquées, donnant naissance à une œuvre d’une grande densité visuelle. Son travail s’inscrit dans une quête d’harmonie, loin du chaos de l’après-guerre.
La salle 17 est dédiée à l’un des peintres les plus marquants du XXᵉ siècle : Francis Bacon. Sa Figura Tumbada (Figure allongée) est une pièce saisissante, illustrant l’angoisse et la fragilité de la condition humaine. Fidèle à son style torturé, Bacon déconstruit les formes, les tord, les altère, traduisant une tension permanente entre la chair et l’espace. Ses figures sont souvent enfermées dans des cadres oppressants, symboles d’un monde où l’homme semble prisonnier de ses propres souffrances.
Cet expressionnisme brut fait écho aux expérimentations d’artistes espagnols comme Antonio Saura ou Luis Feito, dont les œuvres, présentées dans d’autres salles, s’inscrivent dans une volonté de réinterpréter la figuration en la rendant plus gestuelle et violente.
La salle 19 offre un moment de contemplation unique avec les œuvres d’Yves Klein. Maître incontesté de l’art du monochrome, Klein a exploré la force du pigment pur pour créer des toiles d’une intensité hypnotique. Ses célèbres IKB (International Klein Blue) plongent le spectateur dans une immersion totale dans la couleur. En réduisant son langage à l’essentiel, Klein cherche à transcender la matérialité de l’œuvre pour toucher une dimension spirituelle.
Son travail s’inscrit dans une rupture radicale avec l’art narratif et figuratif. À travers ces monochromes, il revendique une forme d’absolu artistique, où seule la couleur compte, abolissant ainsi toute frontière entre l’œuvre et le spectateur.
Au-delà de ces figures majeures, cette section du musée permet également d’explorer d’autres courants essentiels de la seconde moitié du XXᵉ siècle, tels que l’art conceptuel, l’arte povera ou encore les nouvelles formes d’abstraction lyrique. On y retrouve des œuvres de figures incontournables comme Antoni Tàpies, Eduardo Chillida ou encore Jorge Oteiza, qui ont marqué la scène artistique espagnole et internationale.
Ce parcours offre une lecture passionnante des évolutions artistiques après la guerre civile, en mettant en lumière des dialogues entre différentes générations et écoles de pensée. Le Centre national d’art Reina Sofía réussit ainsi à retracer avec finesse les mutations profondes qui ont traversé l’art contemporain, en s’appuyant sur des œuvres emblématiques qui continuent d’inspirer et d’interroger.
Ce lieu se trouve dans le guide Madrid .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Le lundi et du mercredi au samedi : 10h à 21h. Dimanche : 10h à 14h30. Fermé le mardi, le 1er janvier, les 24 et 25 décembre, le 31 décembre et les jours fériés.
Tarif plein : 3 € - Tarif réduit : 1,50 € - A noter : les visites sont gratuites le samedi après-midi et le dimanche ainsi que le 18 mai (Journée des Musées), le 12 octobre (Fête Nationale) et le 6 décembre (Fête de la Constitution).