Florence Insolite et Secrète : le Duomo

La Crypte de Santa Reparata

Sous la majestueuse cathédrale du Duomo se cache un trésor archéologique souvent méconnu : la crypte de Santa Reparata. Cette ancienne basilique, qui précède la construction du Duomo, révèle les strates de l'histoire florentine. En explorant la crypte, vous découvrirez des mosaïques paléochrétiennes, des tombes et des vestiges de l'église primitive. Cette visite permet de mieux comprendre l'évolution architecturale de Florence et de s'immerger dans son passé antique.

La Terrasse du Duomo

Pour une vue panoramique unique sur Florence, montez jusqu'à la terrasse du Duomo. Contrairement à la coupole de Brunelleschi ou au campanile de Giotto, la terrasse est moins fréquentée et offre une perspective différente de la ville. Depuis ce point de vue, vous pouvez admirer de près les détails architecturaux du Duomo, les toits rouges de Florence et les collines environnantes. C'est un endroit idéal pour prendre des photos et apprécier la beauté de la cité.

Les Portes du Paradis

Bien que les célèbres portes du Baptistère de Florence, appelées "Portes du Paradis" par Michel-Ange, ne soient pas directement liées au Duomo, elles méritent une mention spéciale. Réalisées par Lorenzo Ghiberti, ces portes en bronze doré sont ornées de panneaux représentant des scènes bibliques d'une incroyable précision et beauté. Les originaux sont conservés au Museo dell'Opera del Duomo pour leur protection, mais les copies exposées sur le Baptistère sont tout aussi impressionnantes.

La Sacristie des Messes

Située à l'intérieur du Duomo, la Sacristie des Messes est un lieu souvent ignoré par les visiteurs. Conçue par Filippo Brunelleschi, elle est ornée de fresques et de décorations qui témoignent du génie artistique de la Renaissance. La sacristie abrite également des objets liturgiques précieux et des œuvres d'art sacré qui méritent d'être admirés.

Le Pavement du Duomo

Le pavement du Duomo de Florence est une œuvre d'art en soi. Réalisé en marbre polychrome, il présente des motifs géométriques complexes et des dessins symboliques. Prendre le temps de contempler le sol sous vos pieds permet d'apprécier la minutie et le talent des artisans qui ont travaillé à cette œuvre magistrale. Les détails du pavement sont souvent négligés, mais ils ajoutent une dimension supplémentaire à la grandeur de la cathédrale.

Le Museo dell'Opera del Duomo

Pour approfondir votre connaissance du Duomo et de ses trésors, une visite au Museo dell'Opera del Duomo s'impose. Ce musée abrite une collection exceptionnelle de sculptures, de peintures et d'objets liturgiques provenant de la cathédrale. Parmi les pièces maîtresses, on trouve la Pietà de Michel-Ange, ainsi que des œuvres de Donatello et Luca della Robbia. Le musée offre également des maquettes et des plans originaux qui illustrent les différentes étapes de la construction du Duomo.

Les Fresques de Vasari et Zuccari

À l'intérieur de la coupole de Brunelleschi, les fresques monumentales de Giorgio Vasari et Federico Zuccari représentent le Jugement Dernier. Ces fresques, réalisées entre 1572 et 1579, sont un exemple saisissant de l'art de la Contre-Réforme. Les scènes dramatiques et les figures expressives captivent les visiteurs et ajoutent une dimension spirituelle à la visite du Duomo.

 

Une balade culturelle à Florence en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus, et pourtant, situés en plein cœur de la cité florentine. Attardons-nous par exemple autour du célèbre Duomo :

L’observation du passage du soleil dans la cathédrale

“Un phénomène astronomique exceptionnel”

En temps normal, l’activité astronomique de la cathédrale n’est pas visible : la chapelle della Croce est habituellement réservée aux fonctions liturgiques et les inscriptions sur le sol sont couvertes. Quatre fois par an environ, néanmoins, autour du solstice d’été le 21 juin, a lieu dans la cathédrale de Florence un spectacle hors du commun auquel aucun amateur de curiosités scientifiques ne peut rester indifférent. C'est un incontournable à voir à Florence.

Ayant remis au goût du jour depuis 1996 l’observation de la course du soleil dans la cathédrale, les autorités religieuses avec le soutien scientifique du Comité pour la Vulgarisation de l’Astronomie permettent à 150 personnes à la fois (mais nous étions 250 le jour où nous avons assisté à cette expérience exceptionnelle…) de voir soudain apparaître un cercle de lumière se déplaçant à vue d’oeil, pour venir se confondre avec un cercle de marbre au sol, dont l’emplacement avait été calculé par Paolo dal Pozzo Toscanelli (1397-1482) en 1475.

En dehors de ces journées, ces traces de l’activité astronomique de la cathédrale sont rarement visibles, la chapelle de la Croix étant réservée aux fonctions liturgiques et les marques au sol recouvertes par une protection en cuivre. Profitant de la configuration interne de la cathédrale et de la hauteur exceptionnelle de la coupole, des astronomes de la Renaissance furent autorisés à utiliser les lieux pour y faire des mesures jusqu’alors impossibles à réaliser.

Toscanelli, qui avait aidé Brunelleschi pour les calculs de la coupole de la cathédrale, obtint ainsi en 1475 qu’une plaque de bronze (bronzina) percée d’un trou de près de 5 cm soit scellée sous les fenêtres de la lanterne. Le rayon du soleil capté par ce trou se projetait sur le sol de la chapelle de la Croix. Un disque de marbre, encore visible aujourd’hui, indique l’endroit où le rayon atteint le sol au moment précis du solstice d’été.

En 1510, un cercle plus large fut ajouté autour de celui de Toscanelli (conservé par respect pour son œuvre) afin de mieux correspondre au diamètre du rayon solaire. L’installation permettait également de travailler sur plusieurs thèmes astronomiques dont bien sûr le calendrier et sa réforme. Il étudia aussi les taches solaires, la progression des éclipses et le passage de Vénus devant le soleil.

Infos pratiques :

  • Cathédrale Santa Maria del Fiore-Piazza del Duomo
  • Horaires de la cathédrale : du lundi au mercredi de 10 h à 17 h. Jeudi : de 10h à 15 h 30. Samedi : 10h à 16 h 45 . Dimanche et jours fériés : 13 h 30 à 16 h 45
  • Entrée gratuite
  • Observations du soleil avec les explications d’astronomes : environ 4 fois par an, au mois de juin
  • Dates exactes sur le site Internet : www.operaduomo.firenze.it
  • Entrée par la porte des Canonici (flanc sud de la Cathédrale)
  • Préciser absolument aux gardiens que l’on vient pour la meridiana

Comment fonctionne une méridienne ?

Les méridiennes sont composées d’un petit trou en hauteur, par lequel passe le soleil, et d’ une ligne exactement orientée selon l’axe nord-sud. Le trou est appelé trou gnomique (gnomon=indicateur en grec) et la lumière du soleil sur la ligne en question remplit exactement le rôle de l’ombre sur les cadrans solaires traditionnels. Pour être efficace, le trou devait être situé le plus haut possible et devait mesurer un millième de la hauteur à laquelle il était installé. Ce trou devait évidemment être installé côté sud, afin de faire rentrer le rayon du soleil, situé au sud dans l’hémisphère Nord.

Puis, la ligne méridienne part du point exactement à la verticale du trou, ce qui n était pas toujours aisé à calculer il y a quelques siècles. La longueur de la méridienne dépendait de la hauteur du trou et dans certains cas, on ajoutait un obélisque en bout de course de la méridienne, quand le bâtiment qui l'hébergeait n'était pas assez long pour pouvoir tracer totalement la ligne méridienne au sol (voir par exemple l’obélisque de Saint-Sulpice à Paris).

Évidemment, en été, quand le soleil est plus haut dans le ciel, le rayon du soleil marque la ligne méridienne plus près de la paroi du sud, donc au début de la ligne méridienne, alors qu’en hivers, à l’inverse, les rayons du soleil, plus bas sur l’horizon, viennent toucher l’extrémité de la ligne.  

Le grand principe de la méridienne est qu’à midi, heure solaire, le soleil est au sommet de sa course : ses rayons tombent verticalement à la perpendiculaire d’un axe nord-sud.

Une fois considéré cela, la ligne méridienne étant elle-même sur cet axe, on comprend mieux pourquoi, quand le rayons du soleil la touche, on sait qu’il est exactement midi, heure solaire.

Par extension, en fonction de l’emplacement du rayon sur la ligne, il est également possible de déterminer le jour de l’année : le point au tout début de la ligne sera atteint uniquement le jour du solstice d’été et le point en bout de la ligne sera le jour du solstice d’hiver. Par l’expérience, on détermina et inscrivit ensuite sur certaines méridiennes les jours de l’année correspondant à l’observation.

Le tour était joué et, par l’observation du soleil sur la ligne méridienne, on pouvait ainsi déterminer les différents jours de l'année, dont le jour de Pâques, grand enjeu historique, scientifiques et religieux de ces méridiennes. A fortiori, on pouvait également déterminer les différentes périodes correspondant aux signes du zodiaque, ce qui explique pourquoi l’on trouve fréquemment des dessins de ces signes du zodiaque le long des méridiennes.

(Baptistery of St. John next to the cathedral - Fczarnowski - Own work)

L’ange blasphématoire du Duomo

“L’ange des sodomites vous salue”

Observez bien le premier ange à droite du premier portail à droite du Duomo. Tous les portails recèlent un message, comme le requièrent les entrées d’une cathédrale. Parmi les anges du Duomo de Florence – pacifiques ou influents –, il en est un dont la bénédiction déconcerte, c’est le moins qu’on en puisse dire, puisqu’il fait manifestement un bras d’honneur. Certains voient là (David Leavitt, notamment, dans Florence, a Delicate Case – en anglais seulement) un message chiffré, quoiqu’il soit limpide : c’est bel et bien l’ange des sodomites qui vous salue.

À Florence, la sodomie est depuis longtemps répertoriée, comme en témoigne le péché de Brunetto Latini, le maître de Dante, que le poète rencontre, non sans émotion, dans le cercle infernal des sodomites. La littérature fournit bien d’autres preuves de la diffusion de cette pratique immémoriale sur les rives de l’Arno. Mais l’architecture offre ici un signe encore plus effronté par l’entremise de cet ange qui, en guise d’injure, simule une érection sur un portail du Duomo – geste qui passe inaperçu parmi les nombreuses images de la façade, mais qui n’en est pas moins un blasphème d’une rare impudence. 

Le projet avorté de Baccio d’Agnolo

« On dirait vraiment une cage à grillons » s’ exclama Michel-Ange en considérant de bas en haut la coursive de marbre qui entoure un seul des huit côtés du tambour de la coupole. Baccio d’Agnolo, l’architecte de la coursive en question, en fut si découragé qu’il renonça à achever son œuvre. A moins qu’il ne fût guère convaincu, lui non plus, par cette espèce « de ceinture » qui était censée contenir la base de la coupole à l’instar d’ une bague.

Le chemin de ronde qu’elle aurait constitué se serait avéré spectaculaire, mais l’ensemble risquait d’«étrangler» l’aspect élancé de la coupole. Sans compter que Brunelleschi n’avait pas tenu compte du poids d’un tel passage aérien qui pouvait par conséquent compromettre la stabilité de la structure. Toujours est-il que cette œuvre complexe, entreprise dix ans auparavant, fut interrompue en 1516, à la grande satisfaction de Michel-Ange et sans que la ville le regrettât le moins du monde.

C’est ainsi que le morceau de coursive de Baccio d’Agnolo est resté comme une espèce d’extravagance aérienne et solitaire, étrange à voir mais qui témoigne du chantier continu que constituait la cathédrale, et aussi des doutes, des possibilités et des discussions qui se sont prolongés pendant des siècles autour du symbole de Florence

Infos pratiques :

  • Cathédrale de Santa Marie del Fiore Piazza del Duomo
  • Premier ange à droite du premier protail à droite du Duomo

Introduction et sommaire
Autour de Santa Maria Novella


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