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Quittons maintenant Carnavalet et regagnons la rue des Francs bourgeois. Pour cela, ressortons de la cour et prenons 2 fois à droite. Avançons encore un peu rue des Francs-Bourgeois, jusqu’à la grille qui nous permet de voir le jardin de l’hôtel Carnavalet. Cette grille est surmontée de l’Arc de Nazareth, petit pont des soupirs parisiens, qui provient du palais de Justice, dans l’île de la Cité. Remarquons ses sculptures Renaissance : l’arc est attribué à Jean Goujon, un sculpteur qui vous est maintenant familier. Deux autres morceaux d’architecture ont été remontés : côté jardin, au fond à gauche, la façade 17e du Bureau des Marchands-Drapiers, et, en face de l’arcade, au milieu de l’aile à colonnade, un pavillon 18e de l’hôtel de Choiseul. Maintenant, avançons rue des Francs-Bourgeois, toujours en laissant derrière nous la rue de Sévigné, et prenons la première rue à gauche, qui est la rue Pavée. Avançons jusqu’au n°24, où un grand portail, ouvert du lundi au samedi. Vous êtes dans la cour de l’hôtel de Lamoignon, siège de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. L’hôtel date de la fin du 16e siècle. Il est donc un peu plus tardif que l’hôtel Carnavalet, et présente une architecture plus monumentale avec des pilastres d’ordre colossal. «Colossal» veut dire s’élevant sur plus d’un étage : ici sur toute la hauteur de la façade. Levons les yeux et regardons les frontons dont les corniches sont interrompues par des fenêtres. Ces bizarreries sont des caractéristiques de la phase finale de la Renaissance, qu’on appelle le Maniérisme. Comme tout l’art de la Renaissance, cette phase apparaît en France bien plus tard qu’en Italie. Les sculptures des frontons font allusion à la chasse : des têtes de cerf, des chiens, on y voit aussi des croissants de lune, emblème de Diane, déesse de la chasse : l’hôtel a en effet été construit pour Diane de France, duchesse d’Angoulême, fille naturelle d’Henri 2. L’aile gauche est plus récente : elle date des années 1620, période où l’hôtel appartenait à Charles de Valois, bâtard, quant à lui, de Charles 9 et de Marie-Touchet ! Retournons maintenant rue des Francs-Bourgeois et continuons à nous éloigner de la place des Vosges. Et arrêtons vous devant l’hôtel d’Albret, au n°31 Nous voici au 31. L’hôtel d’Albret, beau morceau d’architecture Louis 15, date de 1740. C’est un exemple assez rare de construction de cette période dans le quartier, alors que le Marais n’était plus à la mode, mais il s’agit, il est vrai, de la reconstruction d’une seule aile d’un hôtel plus ancien, remontant au 16e siècle : il en reste le logis en fond de cour, très restauré. Notez que celui-ci avait des cuisines en demi-sous-sol, emplacement commode, mais qui est resté rare à Paris. En effet, la crainte des incendies faisait généralement placer les cuisines dans l’une des ailes bordant la cour aussi loin que possible des appartements, de sorte qu’il fallait souvent transporter à travers la cour les plats refroidissant : l’exemple venait d’en haut, comme on peut le voir à Fontainebleau et à Versailles.Refermons cette parenthèse culinaire ; rendons-nous un peu plus loin à droite, au n° 30, à l’hôtel d’Almeras. L’hôtel d’Almeras, au N°30, a sur la rue un beau portail de 1612 à fronton compliqué, orné de têtes de bélier, et une architecture de brique et pierre, d’autant plus à la mode du jour que 1612 est l’année de l’inauguration de la place des Vosges. Continuons sur la rue des Francs Bourgeois. Au n° 38 s’ouvre un ancien cul-de-sac médiéval, l’impasse des Arbalétriers. L’impasse des Arbalétriers, si pittoresque avec ses étages en surplomb, était au début du 15e siècle, l’une des allées d’accès de l’hôtel Barbette, la résidence d’Isabeau de Bavière. C’est là, semble-t-il, que se situe en 1407, l’épisode de l’assassinat du duc Louis d’Orléans, le frère de Charles 6, par des sbires de Jean-sans-Peur, le duc de Bourgogne, son cousin. Ils opérèrent, si l’on ose dire, à coup de hache, et avec tant d’entrain que l’écuyer du duc dut revenir le lendemain récupérer la main gauche et un morceau de la cervelle, que l’on avait oublié la veille lors du transport du corps. L’impasse, à la rouge histoire, donne aujourd’hui accès au paisible Centre Culturel Suisse. Ce lieu se trouve dans le guide Paris .
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025