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Bien, après ce lieu quelque peu insolite, nous voici à nouveau sur la rue Payenne : avançons un peu, du côté des numéros pairs s’ouvre un square. C’est le square Georges Cain, meublé de quelques vestiges du palais des Tuileries et de l’ancien Hôtel de Ville, tous deux incendiés en 1871. Au fond du square, nous voyons la façade arrière de l’hôtel Le Pelletier de Saint-Fargeau, annexe du musée Carnavalet : c’est une grande bâtisse sévère, fin 17e, construite par l’architecte Pierre-Bullet, l’auteur de la Porte Saint-Martin. Le bâtiment bas, plus élégant, qui se raccorde à la façade à gauche est l’ancienne orangerie : elle abrite les collections archéologiques du musée Carnavalet et notamment les fameuses pirogues du néolithique trouvées à Bercy dans les années 90. Maintenant, revenons aux numéros impairs de la rue Payenne et d’abord au N°9: Le n°9 de la rue Payenne nous montre le côté jardin de l’hôtel Donon, un petit hôtel Renaissance de 1575, dont la cour s’ouvre au 8 rue Elzevir, et qui est devenu, il y a quelques années, le nouveau siège du musée Cognacq-Jay. Ce musée présente une belle collection, surtout d’art du 18e siècle, formée par Ernest Cognacq, le fondateur de La Samaritaine. On y trouve à la fois de beaux meubles et de très bons tableaux, dont un petit Rembrandt, de sa période de jeunesse et de superbes pastels de Maurice Quentin de la Tour. Allons maintenant jusqu’au n° 11 voisin. Là, nous sommes maintenant devant l’hôtel de Marle, le siège du Centre Culturel Suédois. C’est aussi un hôtel de la Renaissance, mais transformé au 17e et au 18e siècle. Du mardi au dimanche, sauf entre le 11 juillet et fin août, nous pouvons entrer. Dirigeons-nous à gauche jusqu’au fond de la cour puis franchissons la porte et nous serons au pied de l’escalier. Arrivé au bas de l’escalier, adressez-vous au comptoir d’accueil tout de suite à gauche, et demandez à voir la salle de l’Institut Tessin au 1er étage, au dessus de l’entresol. Montons. Et nous pourrons alors voir, certes une exposition temporaire d’art ou de design suédois, mais aussi, un très beau plafond à la française, c’est à dire à poutres et solives peintes, qui date de la fin 16e ou du début 17e. Il y a aussi un rare poêle de faïence du 18e siècle : ceci pour répondre à la question « comment se chauffait-on sous ces hauts plafonds ? » Mais la réponse est en fait que, généralement, on se chauffait avec des cheminées et très mal et qu’on mourrait de froid. Les poêles représentaient un progrès, mais il y en avait assez peu. Et bien notre promenade est maintenant terminée. En sortant de l’hôtel de Marle, vous pourrez revenir en arrière par la rue Payenne jusqu’à la rue des Francs-Bourgeois, la traverser et descendre en face la rue Pavée qui vous ramènera rue de Rivoli, près du métro Saint-Paul.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : juin 2026