Interview de Michel Claude, président de l'association ATD -Acteurs du Tourisme Durable-

Photo Interview de Michel Claude, président de l'association ATD -Acteurs du Tourisme Durable- ©

Qui êtes-vous ?

Je suis Michel Claude, président de l’association ATD, qui regroupe plusieurs journalistes et professionnels du tourisme. J'évolue professionnellement dans l'univers du tourisme depuis 35 ans. J'ai été, entre autres, directeur de villages vacances dans le tourisme social, directeur de la Fédération Nationale des Offices de Tourisme pendant 15 ans et j'ai participé à la création de l'ONG Tourisme sans Frontières. Cela fait maintenant un mois que je suis à la tête d'ATD. Nous mettons en réseau, informons et assurons la promotion des professionnels francophones du tourisme qui œuvrent en faveur du développement durable.

Quel est le profil des éco-voyageurs aujourd’hui en France ?

En tout, les éco-voyageurs représentent 5% des voyageurs mondiaux. En France, ce sont des voyageurs indépendants, qui majoritairement ont entre 35 et 50 ans, sont d’origine provinciale et appartiennent à la catégorie professionnelle des cadres supérieurs et professions libérales. Ce sont donc des individus à revenus moyens et élevés. Malgré la multiplication des campagnes de sensibilisation à l’environnement, il s'agit encore d'une petite élite, l’objectif d’ATD est aussi de poursuivre l’effort de conscientisation des voyageurs français.

Et vous, quel type de voyageur êtes-vous ?

Je suis un voyageur autonome, je prépare moi-même mes voyages. J’aime l’aventure et la découverte. Pour moi le déclic du voyage c’est l’envie d’aller voir ce qui est différent de chez soi. A ce titre, je me bats pour la non standardisation des paysages et des villes. Aujourd’hui quel que soit le continent, toutes les périphéries des villes sont envahies par les marques et les franchises, c’est regrettable. Lorsque je voyage je cherche le dépaysement et l’authenticité.

Vos plus belles destinations ?

Le continent africain sans hésitations. J’aime l’optimisme contagieux de la population.  J’admire leur force psychologique et leur philosophie qui privilégie toujours la qualité de l’être ; pour nous qui vivons au sein d’une société qui valorise l’avoir, c’est une vraie leçon de bonheur. Et puis l’Afrique ce sont aussi des paysages magnifiques. Que ce soient les déserts d’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et centrale ou encore Madagascar. C’est peut être l’endroit en Afrique qui m’a le plus marqué. C’est une île-continent qui comporte des sites extraordinaires, il faut beaucoup de temps pour la découvrir et vraiment mesurer l’étendue de sa beauté.

Votre pire souvenir de voyage ?

Probablement le littoral espagnol. Je déplore la concentration de certains littoraux. Tous ces gens massés sur les plages, pour moi c’est loin d’être le bonheur. La vie urbaine est déjà assez stressante, pourquoi s’infliger ça en vacances ?

Quel est le voyage que vous rêvez de faire ?

Surement l’Inde. C’est une destination qui m’attire. C’est un pays très dépaysant, que ce soit au niveau de la spiritualité, des modes de vie, des odeurs, des épices, des couleurs et des musiques. Je crois beaucoup au « tourisme des 5 sens », on se déplace avec nos sens, à la recherche de sensations nouvelles et différentes.

Quel est votre prochain voyage ?

Je reviens du Cameroun où j’étais en mission. Pour mon travail, je me déplace beaucoup en Afrique. Je suis déjà allé au Mali, au Niger, en Casamance. Ma prochaine destination sera sans doute la Guinée.

Pour finir, en 3 mots, qu’est ce que le voyage pour vous ?

Le voyage c’est la différence, la découverte de l’autre ; c’est aussi le déplacement et le dépaysement, je ne suis heureux que lorsque je suis en mouvement et enfin c’est avant tout la rencontre, au travers d’échanges on apprend beaucoup auprès des populations locales, bien plus que dans les livres.